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Les divergences idéologiques de la gauche française - Les six premiers mois du Pape François

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Les divergences idéologiques de la gauche

Mardi, une jeune fille de 15 ans d’abord présentée comme kosovare avant que les déclarations de son père soient révoquées en doute, était interpellée au cours d’une sortie scolaire avant d’être expulsée avec sa famille. Cette interpellation provoquait une polémique au sein de la gauche. Le ministre de l’intérieur Manuel Valls a estimé qu’il appliquait « avec fermeté les décisions d'éloignement » et que l’opération avait eu lieu « avec le discernement nécessaire ». Mais pour le Président de l’Assemblée nationale Claude Bartolone, « il y a la loi, mais il y a aussi des valeurs sur lesquelles la gauche ne saurait transiger sous peine de perdre son âme ». Et le ministre de l’éducation Vincent Peillon a demandé « qu'on sanctuarise l'école, qu'on garde nos principes de droits et nos principes d'humanité à l'avenir ».

Le ministre de l’intérieur avait déjà provoqué un débat à gauche le 24 septembre. Il avait affirmé que les Roms avaient vocation à revenir en Roumanie ou en Bulgarie et que leur « mode de vie » était en « confrontation » avec celui des populations locales. Cécile Duflot avait jugé que Manuel Valls était allé « au-delà de ce qui met en danger le Pacte républicain », mais seize élus socialistes avaient publié dans le Journal du Dimanche une tribune pour saluer l’action de Manuel Valls et appeler à « sortir de l'hypocrisie qui consiste à faire croire que parce qu'elle est humaniste, la gauche devrait laisser faire ». En juillet, c’est à propos de la réforme pénale que la gauche s’était divisée. Manuel Valls avait envoyé jeudi 25 juillet une note au Président de la République dans laquelle il déplorait « l’écart d’analyses » entre la place Beauvau et le ministère de la justice. D’après le dernier baromètre Ipsos, Manuel Valls est le ministre le plus populaire du gouvernement avec 56% d'opinions positives. Il a gagné 8 points en septembre. Mais il est désormais plus populaire de 13 points chez les sympathisants de droite que chez ceux de gauche.

Les désaccords internes concernent aussi les questions économiques. D’après le politologue Rémi Lefebvre, « Manuel Valls, en déplaçant le débat sur des sujets sociétaux, a rendu moins audible le clivage fondamental au sein du PS, qui repose sur la politique économique et sociale. ». Le gouvernement a en effet choisi d’alléger la fiscalité des entreprises et d’augmenter celle des ménages. Le débat sur le budget s’est ouvert mardi à l’Assemblée nationale et l’aile gauche du PS milite pour des mesures en faveur du pouvoir d'achat des plus modestes. Des députés socialistes tentent de modifier des mesures emblématiques du gouvernement comme le Crédit impôt compétitivité emploi. Le premier ministre a dû appeler à « une obligation de solidarité ». Mais pour Gérard Filoche, membre du bureau national du PS et de « Maintenant la gauche », le budget 2014 est « un budget grec ». Il estime qu’ « il n’y a pas de gauche au gouvernement ». Mardi, 17 députés socialistes se sont abstenus de voter la réforme des retraites.

Les six premiers mois du Pape François

Le 13 mars dernier, le jésuite Jorge Bergoglio, archevêque de Buenos Aires, Argentin né de parents italiens, devenait à 76 ans le premier Pape non européen et prenait le nom de François. Depuis le balcon de Saint Pierre, où il s’est présenté comme l’évêque de Rome, son premier geste a été d’appeler la foule à le bénir. Partisan d’une "Eglise pauvre pour les pauvres", le nouveau Pape se réclame de Saint François d’Assise, qui au XIIIe avait appelé l’Eglise à se dépouiller de la richesse et du pouvoir. Dans un entretien accordé à La Repubblica le 1er octobre dernier, le Pape François confie que « Les dirigeants de l'Église ont été souvent des narcisses en proie aux flatteries (…). L'esprit de cour est la lèpre de la papauté." Les Journées mondiales de la jeunesse, qui ont réuni trois millions de personnes à Rio en juillet dernier, ont illustré sa grande popularité auprès des catholiques. Dans l’avion qui le ramenait à Rome, il a renforcé son image de Pape ouvert en déclarant par exemple « Si une personne est homosexuelle, qui suis-je pour la juger ? » Surnommé « l’archevêque des pauvres » en Argentine, Jorge Bergoglio compte faire de l’action sociale et humanitaire une priorité de l’Eglise. Toutefois, il a exclu de revenir sur les positions de ses prédécesseurs au sujet de l’avortement, du mariage des prêtres ou de l’ordination des femmes.

La volonté réformatrice du Pape porte sur l’organisation de l’Eglise et notamment de la Curie, c’est-à-dire l’administration vaticane, dont les dysfonctionnements ont été publiquement révélés par les fuites de mai 2012. Pour Isabelle de Gaulmyn du journal La Croix , « Le système curial est à bout : des responsables qui ne se renouvellent pas suffisamment, trop peu nombreux, incapables de répondre aux défis posés à une communauté de 1,2 milliard de croyants ». Pour mener à bien cette réforme, le Pape a nommé le 13 avril dernier un groupe de huit cardinaux, qu’il a pérennisé le 30 septembre sous le nom de « Conseil des Cardinaux ». Selon le porte-parole du Vatican, la nouvelle Constitution de l’Eglise cherchera à diminuer le « centralisme » romain. Le 13 juin, François avait déclaré vouloir gouverner en s'appuyant sur la « synodalité », c’est-à-dire sur la consultation des évêques. Le Pape souhaite aussi réfléchir à la place des laïcs au sein de l’Eglise. Le 15 octobre, il a nommé le diplomate Monseigneur Pietro Paolin au poste de Secrétaire d’Etat. Il succède à la tête de la Curie à Tarcisio Bertone, très critiqué par les cardinaux pour son autoritarisme.

Enfin, le Pape compte réformer les finances du Vatican. En juin, il a chargé une commission de mettre en ordre l’Institut pour les Œuvres de Religion, la Banque du Vatican. En juillet, il a nommé une commission pour œuvrer à la « simplification et la rationalisation » des activités économiques et financières du Vatican.

Invités

Sylvie KAUFFMANN, directrice éditoriale au Monde

Michaela WIEGEL, correspondante à Paris de la Frankfurter Allgemeine Zietung

Jean-Louis BOURLANGES, professeur à l'Institut d'Etudes Politiques de Paris

Max GALLO, romancier et historien

Brèves

Alain Finkielkraut, L'identité malheureuse (Stock, octobre 2013)

Andrjez Wajda, Walesa, l'homme de l'espoir

Jean-Pierre Chevènement, 1914 - 2014, l'Europe sortie de l'Histoire (Fayard, octobre 2013)

Isabelle Bourgeois, Les enjeux du débat allemand sur le travail de qualité in Regards sur l'économie allemande (Centre d'information et de recherche sur l'Allemagne contemporaine, automne 2013)

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