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Laurent Wauquiez, Valérie Pécresse, Marion Maréchal-Le Pen // Donald Trump à Buckingham Palace à Londres avec la reine Elisabeth, le 3 juin 2019

Les droites françaises : l’heure des choix ? / L’Amérique de Donald Trump est-elle toujours une alliée des Européens ?

59 min
À retrouver dans l'émission

Analyse politique et géopolitique de la semaine avec les journalistes Gérard Courtois et Christine Ockrent, l'ancienne Ministre de la culture Aurélie Filippetti et l'essayiste Philippe Manière.

Laurent Wauquiez, Valérie Pécresse, Marion Maréchal-Le Pen // Donald Trump à Buckingham Palace à Londres avec la reine Elisabeth, le 3 juin 2019
Laurent Wauquiez, Valérie Pécresse, Marion Maréchal-Le Pen // Donald Trump à Buckingham Palace à Londres avec la reine Elisabeth, le 3 juin 2019 Crédits : E. Piermont / V. Hache / A. Wong / A. Grant - AFP

Première partie : Les droites françaises : l’heure des choix ?

En matière de suspens et de rebondissements, la politique française ces derniers temps était un feuilleton plutôt réussi ! Depuis dimanche, et 8 jours après son score historiquement catastrophique aux Européennes, le principal parti de la droite française avait donc perdu son chef, Laurent Wauquiez, et avec lui une certaine ligne idéologique. Un soulagement pour tous ceux, comme Gérard Larcher, le Président du Sénat qui y voyaient une ultime occasion de sauver la droite du siphonnage auquel semblait la condamner au fil des mois le macronisme. 

Puisque la stratégie Wauquiez-Bellamy d’une « droite très de droite » affirmant son crédo « Frontières - immigration - conservatisme » avait échoué aux Européennes, certains se prenaient à rêver d’une droite type UMP d’autrefois capable de remettre sous le même toit toutes les sensibilités de la droite et du centre. Un projet immédiatement malmené par l’aile droite de la majorité présidentielle, qui du premier ministre Edouard Philippe à son ministre en charge des comptes publics Gérald Darmanin s’employaient déjà à profiter de la crise post électorale de LR pour recruter toujours plus, notamment en vue des municipales, à l’image du maire de Nice Christian Estrosi qui se disait désormais prêt à préparer des « coalitions » avec LREM en vue des élections de 2020.

A l’extrême droite aussi, les ténors avaient rapidement saisi l’opportunité qui s’offrait à eux d’aller élargir leur assise électorale en recrutant les naufragés LR. Marine Le Pen, à peine Laurent Wauquiez sorti du studio de TF1 dimanche dernier avait ainsi twitté : « Cette démission de Wauquiez était inévitable. Nous tendons la main à tous les cadres et électeurs LR patriotes, attachés à la défense de notre identité, à la fin du matraquage fiscal et à la restauration de la grandeur française. L’alternative à Macron est POSSIBLE ! ». Sa nièce, Marion Maréchal Le Pen avait également refait une apparition pour appeler à « l’union des droites », glissement sémantique qui évitait désormais soigneusement l’adjectif « extrême » !

Enfin, ultime rebondissement : Valérie Pécresse mercredi soir avait annoncé qu’elle quittait les Républicains, alors même qu’elle semblait motivée 48h auparavant pour œuvrer au renouvellement d’un parti qui apparaissait plus que jamais comme le radeau de la méduse : cette histoire morbide qui avait inspiré le célèbre tableau du peintre Géricault : ou l’histoire de ce radeau de fortune sur lequel s'entassèrent près de cent cinquante naufragés, dont moins de quinze survécurent. Un tableau exposé au Louvre où l’on pouvait voir les derniers survivants faire signe à un bateau… peint en tout petit plus loin dans l'océan. La dérive s’annonçait longue….

Deuxième partie : L’Amérique de Donald Trump est-elle toujours une alliée des Européens ?

On ne se lassait pas de revoir l’image de l’éléphant Trump, silhouette massive sanglée dans un smoking du soir,  aux côtés de la gracile silhouette de la reine d’Angleterre à Buckingham Palace. Une reine qui avait l’art de rappeler les règles…notamment les règles…géopolitiques ! Elle avait ainsi mis clairement les points sur les i à propos de multilatéralisme, rappelant « qu’après les sacrifices partagés de la seconde guerre mondiale, la Grande Bretagne et les Etats Unis avaient œuvré avec d’autres alliés pour construire un ensemble d’institutions internationales, afin que les horreurs de la guerre ne se répètent jamais plus ».

Rappel d’une solidarité otanienne voire européenne, au moment où le président américain n’avait pas hésité à prendre fait et cause pour les Brexiteurs ! Trump avait ainsi accordé un entretien au premier d’entre eux, Nigel Farage, et lui avait dit croire totalement dans le Brexit. Trump qui avait promis une relation radieuse au Royaume Uni pour l’après Brexit, promettant un accord commercial « énorme », y voyant matière à doubler ou tripler le volume des échanges bilatéraux.

Inroyable ingérence dans les affaires intérieures d’un pays, à la veille d’une rencontre avec Emmanuel Macron dont il connaissait les positions anti Brexit et le prosélytisme européen. Aussi le lendemain, lorsque le trublion Trump avait dû cette fois s’afficher aux côtés du président français pour célébrer le D-Day, le 6 juin 1944, pour célébrer l’amitié éternelle entre Alliés, les propos du président des Etats Unis sonnaient faux…

Pendant ce temps, à plusieurs milliers de kilomètres des plages du débarquement, celui qui s’était étonné de ne pas être invité en Normandie, Vladimir Poutine, envoyait une carte postale au monde. La photo d’un couple uni, celui qu’il formait avec le dirigeant chinois Xi Jinping. Le président chinois Xi Jinping avait débuté, mercredi une visite d’Etat de trois jours en Russie afin de célébrer les 70 ans des relations diplomatiques entre les deux pays. Réception sous les ors du Kremlin, soirée au Bolchoï, prêts de pandas chinois au zoo de Moscou… et déclarations conjointes sur le « niveau sans précédent » de la relation entre les deux pays. Comme pour souligner qu’à l’Est, on savait soigner les vieux amis….

Référence musicale

Jim Radford - The Shores of Normandy

Intervenants
  • journaliste, ancien chroniqueur au quotidien Le Monde
  • Femme politique, romancière, ancienne ministre de la Culture dans les gouvernements Ayrault puis Valls
  • Journaliste et productrice de l'émission "Affaires étrangères" sur France Culture
  • Président et co-fondateur de la société de conseil Vae Solis Communications
L'équipe
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