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Les écologistes dans la campagne - Sénégal et Mali

59 min
À retrouver dans l'émission

Les écologistes dans la campagne :

Créditée de 7 à 8% des intentions de vote au lendemain de sa victoire contre Nicolas Hulot au deuxième tour de la primaire organisée par Europe Ecologie – Les Verts en juillet dernier, Eva Joly a chuté dans les sondages pour atteindre, depuis début mars, un score avoisinant les 2%. « Être en accord avec soi-même, je ne connais pas de meilleur bulletin de santé », disait François Mitterrand. « Ce soir je peux vous dire que je suis pleinement en accord avec moi-même », a déclaré Eva Joly en ouverture de son meeting à Nantes mercredi. Après avoir réaffirmé son intention d’aller « jusqu’au bout », l’ancienne juge d’instruction a attaqué le président de la République, « impliqué dans le financement illicite de deux campagnes », déclarant que « tant qu’il n’aur(ait) pas de lui-même fourni les explications au juge Gentil, (il) n’aurait pas sa place dans l’élection ». Sur le terrain de l’écologie, elle a dénoncé la « braderie » qu’avait constitué le Grenelle de l’environnement et proposé de mettre en place un « moratoire triple zéro : zéro OGM, zéro gaz de schiste et zéro construction d’autoroute supplémentaire ». Elle a défendu la mise en place d’un « traité d’Athènes (…) de la solidarité et non de l’austérité » contre le « traité Merkozy », et prôné une « République exemplaire » qui passerait par la fin du cumul des mandats, l’instauration de la proportionnelle à tous les scrutins, le droit de vote pour les immigrés et l’indépendance du parquet.

Dimanche soir sur France 2, Nicolas Hulot a refusé de dire s’il voterait pour Eva Joly, se disant «tenu à un devoir d’indépendance et de réserve » en tant que membre d’une « fondation d’utilité publique ». Il a été vivement critiqué par le sénateur écologiste Jean-Vincent Placé, qui lui a rappelé son engagement de voter pour le gagnant ou la gagnante des primaires écologistes. Le 13 mars, Noël Mamère a mis en doute l’intérêt du maintien de la candidature d’Eva Joly, avant de se repentir publiquement le 28 mars, de ce qu’il a qualifié de « bêtise inutile ».

Dimanche dernier, Arnaud Montebourg a remis en cause les termes du « contrat de mandature » entre le Parti Socialiste et EE-LV, déclarant qu’il n’était « pas écrit à ce jour ». Ce contrat porte sur 63 circonscriptions sur 577, soit une possibilité de 25 à 30 députés, et prévoit, en cas de victoire de la gauche, la constitution d’un groupe parlementaire écologiste à l’Assemblée Nationale. Cécile Duflot a rappelé les socialistes à leurs engagements, déclarant qu’elle « croyait à la parole donnée ». Pierre Moscovici, le directeur de campagne de François Hollande, a réaffirmé l’engagement socialiste d’une formule, « pacta sunt servanda », « les accords sont faits pour être respectés ».

Tandis qu’Eva Joly défend une sortie du nucléaire d’ici à 20 ans, le candidat socialiste s’est engagé à réduire la part du nucléaire dans la production d’énergie nationale de 75 à 50% à l’horizon 2025, ainsi qu’à fermer la centrale de Fessenheim, comme il l’a rappelé aux représentants des salariés de l’usine qu’il a reçus le 19 mars. La semaine suivante, en visite à la centrale de St-Laurent-des-Eaux, Nicolas Sarkozy a pour sa part déclaré « Si vous voulez défendre le nucléaire, c’est maintenant qu’il faut se mobiliser, parce qu’après, il sera trop tard. (…) Casser le nucléaire, c’est casser EDF, j’aimerais que chacun y réfléchisse ». Jeudi, deux départs de feu se sont produits dans l’un des réacteurs de la centrale nucléaire de Penly (Seine-Maritime) entraînant une fuite d’eau du réacteur qui a été arrêté. EDF a déclaré vendredi que l’incident avait été maîtrisé et n’avait eu « aucune conséquence sur l’environnement ».

La situation au Sénégal et au Mali :

L’élection de Macky Sall à la présidence du Sénégal a mis fin à douze ans de pouvoir d’Abdoulaye Wade, aujourd’hui âgé de 86 ans, et qui était aux affaires depuis 2000. M. Wade avait obtenu l’autorisation d’outrepasser la limite juridique de deux mandats présidentiels consécutifs. Les magistrats du Conseil constitutionnel avaient également jugé irrecevable la candidature du chanteur internationalement connu Youssou N’Dour, au motif qu’il n’aurait pas produit les 10.000 signatures d’électeurs nécessaires. Jeudi, Youssou N’Dour a été nommé ministre de la Culture par Macky Sall.

Abdoulaye Wade, qui espérait sa réélection dès le premier tour, n’a obtenu le 26 février que 34,8 % des suffrages, contre 26,5 % à son principal opposant, le taux de participation étant de 51,5 %. Au second tour, l’ensemble des candidats avait appelé à voter pour M. Sall qui a été élu avec 65,8% des voix. De nombreux responsables politiques et observateurs étrangers ont salué le comportement d’Abdoulaye Wade, qui a reconnu sa défaite et félicité son adversaire dès avant la proclamation officielle des résultats. Dans une lettre adressée au vainqueur, Nicolas Sarkozy a estimé que cette élection faisait « honneur au peuple sénégalais qui a apporté, une nouvelle fois, la preuve de sa grande maturité et de son attachement indéfectible à la démocratie. » Cette alternance apparaît principalement affaire de génération et de pratiques du pouvoir. Macky Sall, âgé de 51 ans, est l’ancien Premier ministre et directeur de campagne de M. Wade. MM. Wade et Sall sont issus de la même formation politique, d’essence libérale, le Parti démocratique sénégalais. Macky Sall a affiché un programme à forte connotation sociale. Il s’est fixé comme priorité de diminuer le prix des denrées de première nécessité, « dès la première semaine » de son mandat.

Au Mali, des rebelles touaregs soutenus par Ansar Dine, une milice salafiste dirigée par Iyad al Ghali, et par une milice liée à Al Qaeda au Maghreb islamique (Aqmi), attaquent depuis le 17 janvier des villes du nord du pays. Cette semaine, Kidal, Gao ou encore Tombouctou sont tombées entre leurs mains. Ces forces rebelles, réunies dans le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), revendiquent l’indépendance de ce territoire situé au nord, et l’ont proclamée vendredi. Dans la nuit du 21 au 22 mars, des militaires se réclamant d’un « Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l’Etat » ont démis de ses fonctions le chef de l’Etat Amadou Toumani Touré. Le capitaine Amadou Sanogo, chef de la junte, a justifié le coup d’Etat militaire par « l’incapacité notoire du régime à gérer la crise qui sévit au nord du Mali ». Le MNLA a tiré profit de la confusion régnant à Bamako depuis la destitution du président Touré pour poursuivre son avancée au nord.

Jeudi, le MNLA a annoncé dans un communiqué « la fin (de ses) opérations militaires (à la suite de) la libération complète du territoire de l’Azawad et compte tenu de la forte demande de la communauté internationale ». Mercredi, l’ONU avait exigé des militaires putschistes « le retour effectif à l’ordre constitutionnel ». Les Etats-Unis avaient le même jour suspendu leurs aides financières au Mali, hors assistance humanitaire. L’idée d’une partition du pays, souhaitée par les rebelles, avait été unanimement rejetée par les Etats africains et les organisations internationales.

Jeudi, le consul d’Alger à Gao ainsi que six de ses collaborateurs ont été enlevés par une groupe d’assaillants non identifiés.

Invités :

Michaela WIEGEL, correspondante à Paris de la Frankfurter Allgemeine Zeitung

Max GALLO, romancier et historien

Thierry PECH, directeur de la rédaction d’Alternatives économiques

Brèves :

  • Myriam Anissimov, Vassili Grossman, un écrivain de combat (Seuil, 2012)

  • Vassili Grossman, Vie et destin (Le livre de poche, 2005)

  • Entretien de Gerhard Schröder paru dans le quotidien Handelsblatt du 5 avril 2012, consultable sur le site www.handelsblatt.com

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