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Agence de Qatar Airways fermée à Riyad

Les élections au Royaume-Uni // le Qatar

58 min
À retrouver dans l'émission

Les conservateurs ont perdu leur majorité au Parlement britannique // Les relations du Qatar avec ses voisins se sont fortement dégradées

Agence de Qatar Airways fermée à Riyad
Agence de Qatar Airways fermée à Riyad Crédits : Fayez Nureldine - AFP

LES ÉLECTIONS AU ROYAUME-UNI

Les élections générales anticipées convoquées par Theresa May le 18 avril dernier, afin de consolider sa position au Parlement pour négocier un « Brexit dur » face à Bruxelles se sont tenues jeudi. Avec 318 députés, les conservateurs ont perdu une douzaine de sièges et leur majorité absolue, alors que les travaillistes ont remporté trente-deux sièges supplémentaires, comptant désormais 262 députés. Viennent ensuite les indépendantistes écossais du SNP à 32 sièges et les libéraux-démocrates en légère hausse, avec 12 élus.

Outre le Brexit, de nombreux thèmes se sont imposés durant la campagne, tels que la santé, la protection sociale ou encore la sécurité. Alors que la campagne de Jeremy Corbyn a été saluée, celle de la Première ministre a été définie comme « désastreuse », à mesure que l’écart entre les deux partis n’a cessé de se réduire dans les sondages. Les attentats de Londres et Manchester ont tout particulièrement suscité des critiques à l’encontre de Theresa May et de la politique d’austérité menée alors qu’elle était ministre de l’Intérieur, entre 2010 et 2016. Son projet de lutte contre le terrorisme, qui prévoit entre autres d’alourdir les peines de prison, de faciliter les expulsions et de renforcer les mesures d’assignations à résidence a également été pointé du doigt par l’opposition, alors que la Première ministre a exprimé son souhait de « changer les lois sur les droits des hommes », si ces dernières venaient à freiner la lutte antiterroriste. Tandis que le projet conservateur de modification du système de financement des soins pour les personnes âgées, abandonné depuis, a également concentré les critiques, Jeremy Corbyn a présenté un programme très ancré à gauche, entre nationalisations (de l’eau, de la poste et du rail), réduction des inégalités, augmentation des impôts pour les plus fortunés, investissements publics ou encore suppression des frais d’université.

Au lendemain des résultats, de nombreuses voix, dont celle du leader travailliste, se sont levées pour réclamer la démission de Theresa May, pendant que la livre sterling décrochait de près de 2%. Alors que les libéraux-démocrates ont exclu toute possibilité de coalition avec le Labour, Theresa May a annoncé la composition d’un nouveau gouvernement et son alliance avec le Parti unioniste démocratique, une formation extrémiste protestante d’Irlande du Nord. Grâce aux dix sièges apportés par cette alliance, Theresa May espère mener à bien les négociations sur la sortie du Royaume-Uni de l’Europe. Les dirigeants de l’U.E craignent pourtant que le revers électoral subi par les conservateurs ne retarde, voire n’entrave les négociations, prévues le 19 juin.

LE QATAR

L’émirat gazier subit un blocus terrestre de son voisin saoudien depuis lundi. Les Emirats-Arabes-Unis, l’Egypte, le Bahreïn, le Yémen et les Maldives ont imité Riyad et rompu leurs relations diplomatiques avec le Qatar. Ils reprochent à Doha de soutenir des mouvements terroristes tels que les Frères Musulmans, l’Etat Islamique ou Al Quaida ainsi qu’une trop grande proximité avec l’Iran, la puissance régionale rivale.

Cette crise intervient deux semaines après un voyage du président américain Donald Trump en Arabie Saoudite où il avait appelé les Etats de la région à lutter contre le terrorisme et à tarir ses sources de financement. Le Qatar a affirmé avoir été victime d’un piratage de son agence de presse officielle deux jours après cette visite : des fausses informations ont été diffusées prêtant au cheikh Tamin al-Thani des propos favorables à l’Iran, au Hamas et au Hezbollah ; informations immédiatement reprises par les médias saoudiens, égyptiens et émiriens.

Donald Trump a dans un premier temps salué par des tweets l’initiative de l’Arabie saoudite, s’est félicité des « effets immédiats de sa visite » et déclaré que cette crise marquait « peut-être le début de la fin du terrorisme ». Le Secrétaire d’Etat Rex Tillerson a tempéré la position du Président des Etats-Unis et appelé à un allègement du blocus « qui gène l’action militaire des Etats-Unis dans la région et la campagne contre l’Etat Islamique ». Donald Trump a réitéré vendredi ses accusations contre le Qatar à qui il a reproché « d’avoir historiquement financé le terrorisme à un très haut niveau » avant de proposer sa médiation. Le ministres des Affaires étrangères allemand Sigmar Gabriel a déploré « un blocus lourd de conséquence pour la population locale et pour l’économie allemande », le parlement turc a voté le déploiement de forces militaires sur le territoire de son allié qatari.

L’Arabie Saoudite a publié vendredi une liste de 59 personnes et 12 organisations « liées au Qatar et au service d’un programme suspect de l’émirat», exigé leur expulsion et fermé les bureaux saoudiens de la chaîne Al-Jazeera qu’elle accuse de complaisance pour l’idéologie islamiste. Doha a dénoncé des « accusations sans fondement » et refusé de modifier la ligne éditoriale de sa chaîne d’information. Le ministre des affaires étrangères du Qatar a affirmé que l’émirat « avait les moyens de tenir éternellement » face à la stratégie mise en place par ses voisins et conditionné à une levée du blocus toute rencontre entre Donald Trump et le cheikh Tamin al-Thani.

Brèves

Philippe MEYER : Dans la tête du Pape François, de Nicolas Tenaillon (Actes Sud, mai 2017)

François BUJON DE L'ESTANG : Les crises d'Orient, d'Henry Laurens (Fayard, février 2017)

Thierry PECH : Marseille, d'Ahmad Jamal (juin 2017, Jazz Village)

Béatrice GIBLIN a recommandé l'exposition Nous et les autres - Des préjugés au racisme au Musée de l'Homme

Sylvie KAUFFMANN : Le jeu du chat et de la souris, d'A Yi (Stock, avril 2017)

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