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Les élections cantonales - Le nucléaire

59 min
À retrouver dans l'émission

Les élections cantonales

Les 20 et 27 mars derniers se déroulaient des élections cantonales, dans 2.026 cantons. Elles ont été marquées par une très forte abstention: 55,68% au premier tour record absolu pour des élections cantonales, et 55,19% au second tour. La gauche a rassemblé 50,23 % des voix, contre 35,65% pour la droite et 11,57% pour le Front National. Sur 1.566 sièges à pourvoir, la gauche en a remporté 1.213, dont 871 pour le Parti Socialiste. De son côté, la droite totalise 753 sièges, soit 48 de moins qu’au scrutin précédent, dont 369 pour l’UMP et 62 pour la majorité présidentielle. Le Front National a enregistré une forte progression en voix dans les 403 cantons où il était présent au premier tour. Mais le FN, qui n’avait pas de conseillers généraux sortants, ne remporte que 2 sièges, à Carpentras dans le Vaucluse, et à Brignolles dans le Var.

Les conseils généraux issus des cantonales ont élu jeudi leurs présidents. A l’issue de ce « troisième tour », la gauche qui détenait 58 départements, atteint le chiffre historique de 60 départements sur 101. Elle gagne le Jura et les Pyrénées Atlantiques. La droite contrôle désormais 40 départements. Elle réussit à préserver ses fiefs les plus menacés et l’emporte dans le Val-d'Oise.

Pour Martine Aubry, l’abstention et le vote FN sont des indications que « la France aujourd'hui va mal » . Elle a évoqué un « devoir de victoire en 2012 » , et a affirmé « les électeurs recommencent à nous faire confiance » . Nicolas Sarkozy a déclaré : « Nous sortons d'une crise séculaire et d'une réforme des retraites sans précédent, tout était réuni pour une défaite cinglante ». Jean-François Copé, secrétaire général de l’UMP, a assuré : « ce n’est pas l’UMP qui fait monter le FN » et s’est dit déterminé à « combattre le Front national sur le fond . Enfin, pour Marine Le Pen, le Front national a remporté un « vote d’adhésion » et non de protestation. Elle a affirmé que son parti « s'installe très durablement et la recomposition de la vie politique est en marche » et a évoqué la création d’un « pôle de rassemblement à vocation majoritaire » pour 2012.

L’entre-deux tours a été marqué par des divisions au sein de la majorité. François Fillon a appelé à voter contre le Front national en cas de duel PS-FN, prenant ses distances avec la ligne « ni-ni » définie par Nicolas Sarkozy et défendue par Jean-François Copé.

François Hollande, réélu jeudi matin président du conseil Général de la Corrèze, a officiellement annoncé sa candidature « à l’élection présidentielle à travers la primaire du parti socialiste ».

Les conséquences de l’accident nucléaire de Fukushima

Le Japon a été frappé il ya trois semaines par un séisme de magnitude 9 suivi d’un raz-de-marée qui a ravagé une partie du Nord-Est du pays. La secousse et le tsunami ont entraîné une rupture de l’alimentation électrique de la centrale de Fukushima-Daiichi, exploitée par la compagnie Tokyo Electric Power (Tepco) et située à 250 km de Tokyo. Le refroidissement des installations par le circuit d’eau, destiné à éviter la fusion du combustible nucléaire, a cessé de fonctionner. Le cœur des réacteurs n°1 et n°3 de la centrale a en partie fondu, entraînant un dégagement de matières radioactives dans l’atmosphère. L’agence de sûreté nucléaire japonaise a établi le niveau de l’accident de Fukushima à 5 sur l’échelle internationale INES des risques nucléaires, graduée de 1 à 7. L’accident de la centrale de Three Mile Island, survenu aux Etats-Unis en 1979, était de niveau 5, celui de Tchernobyl, survenu en Ukraine en 1986, de niveau 7.

Le vice-président de Tepco, Sakae Muto, a affirmé lundi : « nous n'avons pas de calendrier concret nous permettant, actuellement, de dire dans combien de mois ou d'années la crise sera terminée » . Le Premier ministre Naoto Kan a assuré que le gouvernement japonais est « en alerte maximum » . La connexion électrique a été rétablie et de l’eau douce est désormais injectée dans les cuves de combustibles, mais l’état des réacteurs 1, 2 et 3 reste très instable. Jeudi, le gouvernement a refusé d’étendre la zone d’évacuation au-delà de 20 km autour de la centrale. La zone de confinement a elle été délimitée à un rayon situé de 20 à 30 km autour de la centrale. Selon Tepco, la concentration en iode radioactif en mer était 4.385 fois supérieure à la norme légale à proximité de Fukushima jeudi.

Barack Obama a demandé un réexamen complet de la sécurité des centrales américaines. La Chine, qui prévoit d’avoir 66 centrales en 2020, a suspendu temporairement l’approbation de tout nouveau projet nucléaire et ordonné une inspection générale de ses centrales. Les chefs d’État et de gouvernement européens ont entériné la semaine dernière la proposition de la Commission Européenne de soumettre les 143 réacteurs nucléaires de l’UE à des tests de résistance. La France, l’Allemagne et l’Espagne, qui concentrent plus de la moitié de ces réacteurs (58 en France, 17 en Allemagne et 8 en Espagne) ont annoncé leur intention de fermer toute centrale qui ne passerait pas les tests avec succès. Les tests seront menés à l’automne et leurs résultats connus avant la fin de l’année.

En Allemagne, Angela Merkel a décrété un moratoire de 3 mois sur l’allongement de la durée de vie des centrales nucléaires. En France, François Fillon a demandé un audit des centrales françaises à l’Autorité de Sûreté Nucléaire. Cet audit qui portera sur l’aléa sismique, l’'inondation, la perte d’alimentation électrique, la perte de source de refroidissement, la gestion de crise et le cumul de ces difficultés. En visite à Tokyo jeudi, Nicolas Sarkozy a proposé une réunion des autorités nucléaires des pays du G20, en mai à Paris, pour définir une « norme de sûreté nucléaire internationale » . Le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, Yukiya Amano, a lui estimé que les mécanismes d’urgence en cas d’accident nucléaire, élaborés en 1986 après Tchernobyl, sont « obsolètes » . Il souhaite convoquer en juin une conférence sur la sûreté nucléaire à Vienne.

Intervenants
  • Député Modem des Hauts de Seine, président de la commission des affaires étrangères et ancien député européen, essayiste
  • Romancier et historien
  • directeur général de Terra Nova
  • Correspondante à Paris du Frankfurter Allgemeine Zeitung
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