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Le nouveau président élu iranien Ebrahim Raïssi le 21 juin à Téhéran / Le nouveau premier ministre israélien Naftali Bennett, le 13 juin 2021 à Jérusalem

Election d'Ebrahim Raïssi en Iran / fin de l'ère Netanyahou en Israël : nouvelle donne au Moyen-Orient ?

27 min
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En Iran, le week-end dernier, l'ultra conservateur Ebrahim Raïssi est sorti vainqueur de ce qui n’était pas tant une élection présidentielle qu’une « désignation » par le guide suprême Khamenei.Pendant ce temps en Israël, une page importante s’est tournée : la fin de l’ère Netanyahou.

Le nouveau président élu iranien Ebrahim Raïssi le 21 juin à Téhéran / Le nouveau premier ministre israélien Naftali Bennett, le 13 juin 2021 à Jérusalem
Le nouveau président élu iranien Ebrahim Raïssi le 21 juin à Téhéran / Le nouveau premier ministre israélien Naftali Bennett, le 13 juin 2021 à Jérusalem Crédits : ATTA KENARE / Gil COHEN-MAGEN - AFP

Ce n’était vraiment pas une surprise : en Iran, le week-end dernier, Ebrahim Raïssi, vêtu d’une cape et d’un turban noir -comme il se doit pour un mollah chiite descendant de la famille du prophète Mahomet- est sorti vainqueur de ce qui n’était pas tant une élection présidentielle qu’une « désignation » par le guide suprême Khamenei, qui avait verrouillé les candidatures à l’avance pour garantir l’absence de modérés et la victoire de son dauphin ultra conservateur, ce qui est une très mauvaise nouvelle pour une population déjà passablement privée de libertés. En revanche, en ce qui concerne l’allègement de ces sanctions qui pèsent sur la population depuis les années Trump, les indicateurs ne sont pas forcément au rouge, tant le pouvoir sait que pour acheter la paix sociale, il lui faut améliorer avec l’Occident la situation économique d’un Iran par ailleurs durement touché par la pandémie de Covid.

Sauf qu’on se demandera ce matin quel genre d’accord durable pourraient trouver Téhéran et Washington, dès lors que les conservateurs de la République islamique entretiennent la détestation de l’Amérique et n’entendrait selon les experts ni renoncer à soutenir différents groupes armés dans la région -Syrie, Liban, Yémen, Irak- ni cesser le développement du programme de missiles nucléaires.

Pendant ce temps en Israël, une page importante s’est tournée : la fin de l’ère Netanyahou, un règne de 12 ans, marqué par une politique populiste, belliqueuse et corrompue. Son successeur, Naftali Bennett, n’est pas lui-même franchement ouvert sur la question palestinienne, c’est le moins que l’on puisse dire, mais il dirige une coalition très large où sont présents la gauche et les Palestiniens, tandis qu’une alternance est prévue pour le poste de Premier Ministre, le centriste Yaïr Lapid actuel ministre des Affaires étrangères devant prendre la relève pour la deuxième partie du mandat.

Singulier paysage politique donc, dont nul n’attend à ce jour de miracles ou de changements majeurs dans la gestion de la crise israélo-palestinienne; redevenue conflit de première intensité en mai dernier. Reste maintenant à observer ce curieux duo israélo-iranien, Bennett/Raïssi, qui va ce matin stimuler nos analyses, mais sans doute décourager toute tentative de parier sur l’avenir….

Intervenants
  • professeur des universités à Science Po Paris et enseignant-chercheur associé au Centre d’études et de recherches internationales (CERI).
  • Historien des relations internationales, directeur de l’Institut français des relations internationales (IFRI).
  • Journaliste et productrice de l'émission "Affaires étrangères" sur France Culture
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