LE DIRECT
Geert Wilders à La Haye le 15 mars 2017

Les élections législatives aux Pays-Bas // la campagne présidentielle vue de l'étranger

59 min
À retrouver dans l'émission

Les élections législatives se sont tenues aux Pays-Bas le 15 mars // La campagne présidentielle française suscite l'intérêt des médias étrangers

Geert Wilders à La Haye le 15 mars 2017
Geert Wilders à La Haye le 15 mars 2017 Crédits : Remko de Waal - AFP

LES ÉLECTIONS LÉGISLATIVES AUX PAYS-BAS

Les élections législatives organisées le mercredi 15 mars aux Pays-Bas ont mobilisé les électeurs. La participation, en hausse de 3% par rapport à 2012, a été de 77,6%. Le parti populaire libéral et démocrate (VVD) du Premier ministre sortant Mark Rutte reste la première formation du pays avec 21,3% des voix. Il perd cependant 8 sièges par rapport au dernier scrutin et ne devrait compter que 33 élus sur les 150 que compte la seconde Chambre des Pays-Bas.

Le populiste Geert Vilders occupe la deuxième place avec 13,1% des voix ; il conquiert 20 sièges soit 5 de plus qu’en 2012. Ce score déjoue la plupart des pronostics qui le plaçaient en tête du scrutin après une campagne électorale où le leader du PVV est parvenu à imposer des thématiques identitaires. Il s’était notamment prononcé en faveur de l’arrêt de l’immigration des populations musulmanes, de l’interdiction du Coran (qu’il a assimilé à Mein Kampf) et de la fermeture des mosquées sur tout le territoire des Pays-Bas. Geert Vilders s’est dit prêt « à co-gouverner le pays si cela est possible » mais devrait se heurter au refus des autres partis qui ont exclu toute alliance avec le PVV.

Les sociaux-démocrates du PVDA, partenaires de la coalition sortante, ont subi un important revers en passant de 38 à 9 élus. Cet échec a principalement profité aux écologistes de GroenLinks qui se positionnent comme la principale force d’opposition de gauche avec 14 sièges au Parlement (10 de plus qu’en 2012). Les chrétiens-démocrates du CDA et les progressistes du D66 obtiennent 19 sièges chacun et devraient s’imposer comme les futurs partenaires d’une coalition à quatre, cas de figure inédit depuis 1971. Les négociations en vue de la formation d’un gouvernement ne devraient pas aboutir avant plusieurs mois.

Ces élections se sont tenues dans un contexte de vives tensions avec la Turquie alors que son Président Recep Tayyip Erdogan est au centre de la campagne pour la réforme de la constitution. Ce projet, qui prévoit le passage d’un système parlementaire à un régime présidentiel fort, fera l’objet d’un référendum le 16 avril. Amsterdam a empêché deux ministres turcs de se rendre aux Pays-Bas pour assister à des meetings rassemblant les soutiens de l’AKP parmi la diaspora turque. Le Président Erdogan a dénoncé des pratiques « nazies » et « fascistes ». Il a également dénoncé la responsabilité de 8000 casques bleus néerlandais dans le massacre de 8300 bosniaques musulmans par l’armée serbe à Srebrenica en 1995. La Turquie a annoncé lundi dernier la suspension de ses relations diplomatiques avec les Pays-Bas et son refus du retour à Ankara de l’ambassadeur néerlandais.

LA CAMPAGNE PRÉSIDENTIELLE VU DE L’ÉTRANGER

La presse internationale a largement commenté les élections présidentielles françaises et principalement l’affaire Fillon, le poids de l’extrême droite et l’arrivée en tête des sondages d’un nouveau venu, Emmanuel Macron. La campagne présidentielle qui a « vir[é] au cauchemar » révèle une certaine « désintégration de la politique française traditionnelle » selon le quotidien El Mundo, qui s’inquiète de voir la démocratie représentative française « mise en pièces par le populisme et l’extrême droite ».

La presse étrangère a fustigé le maintien de la candidature de François Fillon et sa défense jugée populiste. Entre « passe-droit et népotisme », le scandale du « Penelopegate » serait, selon le New-York Times révélateur d’une « culture politique française fondée sur l’impunité et le privilège », contribuant à « l’état de décadence de l’élite française ». Selon l’Orient-le Jour la rhétorique « populiste et complotiste » du candidat des républicains ferait écho à celle employée par « les dirigeants autoritaires du monde arabe pour faire taire les mouvements de contestations ». La presse internationales a également critiqué la position de Marine le Pen qui refuse toujours de se rendre à sa convocation pour une mise en examen, protégée par l’immunité parlementaire.

Cette presse s’inquiète de la « désintégration des Républicains » et de « l’effondrement du Parti socialiste », qui, pour la première fois en France, pourraient être l’un comme l’autre absents du second tour. Face à la décadence des partis traditionnels, les candidatures « sans parti » de Jean-Luc Mélenchon, Emmanuel Macron, ou encore Marine le Pen ont suscité de nombreuses réactions critiques, en particulier en raison de l'euroscepticisme des candidats de la France Insoumise et du Front National. Le programme de Marine Le Pen, qui prévoit la sortie de l’euro par référendum afin de « rendre à la France sa souveraineté nationale », suscite une inquiétude particulière.

La candidature d’Emmanuel Macron a été reçue à l’étranger de manière plutôt favorable, même si une partie des commentateurs considère sa possible victoire comme le résultat de l’effondrement des partis traditionnels, plus que comme celui de l’adhésion à une vision politique. Beaucoup soulignent que le fondateur de « En Marche » bénéficiera de surcroit d’un vote de barrage au front national. Les positions pro-européennes du candidat ont particulièrement séduit en Allemagne, où ce dernier a été reçu par Angela Merkel jeudi.

Brèves

Philippe MEYER : Résumons-nous, d'Alexandre Vialatte (Bouquins, février 2017)

Nicole GNESOTTO : Notre intérêt national, sous la direction de Thierry de Montbrial et Thomas Gomart (Odile Jacob, janvier 2017)

Marc-Olivier PADIS : Le Front National, de Joël Gombin (Eyrolles, octobre 2016)

Michaela WIEGEL : Toutes fenêtres ouverte, de Georgette Elgey (Fayard, mars 2017)

Intervenants
  • Historienne et politiste, titulaire de la chaire « Union européenne » au Conservatoire national des arts et métiers.
  • Directeur des études de la fondation Terra Nova
  • Correspondante à Paris du Frankfurter Allgemeine Zeitung
L'équipe
Production
Réalisation
Avec la collaboration de

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......