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Les élections législatives - La crise européenne et le G20

58 min
À retrouver dans l'émission

Emission exceptionnellement présentée par Emmanuel Laurentin

Les élections législatives :

Les élections législatives ont été marquées d’abord par un taux d’abstention élevé, le plus élevé pour des élections de ce type sous la Vème République, puisque 44, 59% des électeurs inscrits ne se sont pas rendus aux urnes dimanche dernier, soit 15 points de plus qu’en 1997 et 4 qu’en 2007.

Ces élections sont également marquées par une large victoire du Parti Socialiste qui, avec 278 députés socialistes et 24 députés divers gauche (soit 302 sièges au total), détient la majorité absolue à l’Assemblée. Une victoire troublée tout de même par la défaite de Ségolène Royal, battue dans la 1ère circonscription de Charente-Maritime par un socialiste dissident Olivier Falorni et l’échec de Jack Lang dans la seconde circonscription des Vosges face au député UMP sortant.

Toujours à gauche, 18 députés écologistes ont été élus grâce au « contrat de mandature » signé avec le Parti Socialiste en novembre dernier. Ils pourront pour la première fois constituer un groupe parlementaire, ce qui sera plus difficile pour le Front de gauche, qui ne compte plus que 10 députés – 9 communistes et apparentés et un élu du Parti de gauche – dans cette nouvelle assemblée.

Autre nouveauté dans cette assemblée, l’entrée de trois députés d’extrême-droite, pour la première fois depuis 1986. Deux députés du Front National : Marion Maréchal-Le Pen dans le Vaucluse, et Gilbert Collard, dans le Gard. Enfin le maire d’Orange Jacques Bompard, qui a été exclu du FN en 2005, mais a reçu le soutien de son ancien parti au second tour, l’a emporté dans la 4è circonscription du Vaucluse.

Ces élections législatives ont vu la quasi-disparition du MoDem qui n’a plus que deux représentants au Palais Bourbon, Jean Lassalle et Thierry Robert, après la défaite de son président François Bayrou dans sa circonscription des Pyrénées-Atlantiques lors d’une triangulaire remportée par la socialiste Nathalie Chabanne. Mardi, le président du Parti radical valoisien Jean-Louis Borloo a d’ailleurs annoncé la création d’un nouveau groupe à l’Assemblée Nationale, baptisé l’ « Union des démocrates et indépendants » (UDI), dont il sera président. Ce groupe a vocation à rassembler les membres du Parti radical valoisien, du Nouveau Centre d’Hervé Morin, du MoDem de François Bayrou et de l’Alliance centriste de Jean Arthuis.

L’UMP a de son côté perdu plus d’une centaine de sièges sur les 314 qu’il détenait, parmi lesquels ceux de l’ancienne ministre Michèle Alliot-Marie dans les Pyrénées Atlantiques de Nadine Morano et Valérie Rosso-Debord en Meurthe-et-Moselle, de Frédéric Lefebvre dans la 1ère circonscription des Français de l’étranger et de l’ancien ministre de l’intérieur Claude Guéant à Boulogne-Billancourt.

La prochaine échéance interne à l’UMP est le congrès de novembre prochain au cours duquel le futur président du parti sera élu.

Est-ce dans ce but que les anciens premiers ministres Jean-Pierre Raffarin et Alain Juppé, ou l’ancien ministre de l’économie François Baroin ont demandé plus de clarté face au FN tandis que Roselyne Bachelot a publié cette semaine un livre, A feu et à sang , dans lequel elle critique la stratégie suivie par Nicolas Sarkozy pendant sa campagne ?

La crise européenne et le G20 :

La France n’était pas la seule, dimanche dernier, à voter. De nouvelles élections législatives se tenaient en Grèce, après l’échec de celles du 6 mai, qui n’avait pas permis de dégager une majorité claire. La droite conservatrice de la Nouvelle Démocratie a recuelli un peu moins de 30% des voix, soit 129 sièges sur 300. La gauche radicale, Syriza, arrive deuxième avec 71 sièges, tandis que le parti socialiste, le Pasok, n’en garde que 33. Le parti néo-nazi Chrisi Avghi, Aubé dorée, s’enracine à 6,9% des voix et 18 sièges. Le leader de la Nouvelle Démocratie Antonis Samaras a été nommé premier ministre mercredi et a composé son gouvernement jeudi avec le soutien de la gauche démocratique et du parti socialiste. Le gouvernement doit réviser les termes du mémorandum, la feuille de route des réformes demandées par les bailleurs de fonds du pays. Antonis Samaras souhaite en effet renégocier le plan d’ajustement budgétaire sans mettre en danger la voie européenne du pays ou le maintien dans l’euro.

L’exercice est difficile comme le montre la réaction du ministre allemand des Affaires étrangères Guido Westerwelle qui a déclaré : « Il ne peut pas y avoir de changements substantiels aux engagements [pris par le gouvernement sortant mais] je peux bien imaginer que nous discutions de nouveau des délais. ». Guido Westerwelle qui a donné un très intéressant entretien vendredi au Figaro, dans lequel il appelle à accélérer l’intégration de l’Union européenne car : « L’Europe est plus qu’un marché commun et une monnaie unique. Elle est une communauté d’affirmation de notre culture commune. ». Il ajoute : « L’Europe est une maison dont il ne faut jamais arrêter la construction, et elle ne sera pas achevée de notre vivant. ».

La prochaine étape de cette construction pourrait avoir lieu les 28 et 29 juin prochains, lors d’un Conseil européen au cours duquel seront débattus les moyens pour retrouver une croissance. Croissance que souhaite également, si l’on en croit sa déclaration finale, le G20 qui s’est réuni au Mexique lundi et mardi dernier. Mais si tout le monde saute sur sa chaise comme un cabri en disant « croissance, croissance, croissance », il semble évident que tous ne sont pas d’accord sur les moyens de la retrouver.

Invités :

Sylvie KAUFFMANN, directrice éditoriale au Monde

Jean-Louis BOURLANGES, professeur à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris

Max GALLO, romancier et historien

Thierry PECH, directeur de la rédaction d’Alternatives économiques

Brèves :

  • Cycle de conférences données par Anthony Grafton, historien de la culture européenne, dans le cadre de la chaire du Louvre, sur l’histoire et l’esthétique de la page. Dernière conférence le lundi 25 juin à 19h : « Labyrinthes et minotaures : la page savante. », à l’Auditorium du Louvre. Renseignements au 01 40 20 55 55.

  • Anthony Grafton, La page, de l’Antiquité à l’ère du numérique - histoire, usages, esthétique (Louvre éditions / Hazan, 2012)

  • Alain Besançon, Sainte-Russie (Editions de Fallois, 2012)

  • L’exposition « Histoires de voir, Show and Tell » à la Fondation Cartier pour l’art contemporain, jusqu’au 21 octobre 2012. Adresse : 261 bd Raspail, 75006 Paris / www.fondation.cartier.com

  • Georgette Elgey, De Gaulle à Matignon. La République des tourmentes, tome IV : 1958 - 1959 (Fayard, 2012)

  • Donella Meadows, Dennis Meadows, Jorgen Randers, Les limites à la croissance (dans un monde fini) (Rue de l’échiquier, 2012)

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