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Les émeutes en Tunisie et en Algérie

59 min
À retrouver dans l'émission

Les émeutes en Tunisie et en Algérie

Depuis le 17 décembre, la Tunisie est confrontée à de fortes violences sociales. Les protestations ont débuté à Sidi Bouzid, dans le centre du pays, lorsque Mohamed Bouazizi, un diplômé chômeur de 26 ans, s’est immolé par le feu après la confiscation par la police municipale de la marchandise qu’il vendait à la sauvette. La contestation s’est étendue progressivement au reste du pays, avant de gagner Tunis mardi. Elle touche notamment les avocats, les lycéens et étudiants, les fonctionnaires et les journalistes. Les manifestants dénoncent le taux de chômage de 14 % (malgré un taux de croissance proche de 5 %) et les profondes disparités économiques régionales. Le taux de chômage des jeunes diplômés, officiellement de 23,4%, frôlerait en réalité les 35%.

Les 8 et 9 janvier, des émeutes particulièrement violentes à Thala et Kasserine, dans le centre-ouest de la Tunisie, ont fait 14 morts. Le gouvernement dénombrait vendredi 21 civils tués par balles depuis le début des émeutes. Le bilan des syndicats fait état de 50 morts, et la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH) a recensé 66 personnes tuées.

Dimanche dernier, le Parti démocrate progressiste (PDP), principale formation d’opposition légale, a parlé d’« une aspiration profonde à une rupture politique » et réclamé « un gouvernement de salut public » ainsi que des « élections législatives anticipées » . Au terme d’une journée d’émeutes particulièrement violentes à Tunis, le président Zine El-Abidine Ben Ali, au pouvoir depuis 1987, a quitté le pays vendredi pour se rendre en Arabie Saoudite. Le Conseil constitutionnel tunisien a proclamé «l a vacance définitive du pouvoir » et a nommé président de la République par intérimFoued Mebazaa, le président du Parlement. L'article 57 de la Constitution tunisienne prévoit des élections présidentielles et législatives dans un délai de 60 jours maximum. Foued Mebazaa a affirmé que « tous les Tunisiens sans exception et sans exclusive » seraient associés au processus politique. Il a rencontré hier les représentants de la société civile et de tous les partis légaux, dont le RCD de Ben Ali, afin de former un gouvernement. La centrale syndicale, la Ligue des droits de l’Homme et le Conseil de l'Ordre des avocats ont participé aux consultations.

Nicolas Sarkozy a appelé dans un communiqué « à l'apaisement et à la fin des violences » en Tunisie, et demandé « des élections libres dans les meilleurs délais » . Il a également affirmé : « la politique de la France est fondée sur deux principes constants: la non-ingérence dans les affaires intérieures d’un État souverain, le soutien à la démocratie et à la liberté » . Le Parti socialiste avait critiqué dans la semaine « le silence pesant des autorités françaises » . Barack Obama a salué « le courage et la dignité du peuple tunisien » et a souhaité l’organisation rapide d’élections libres.

La semaine dernière, en Algérie, la hausse brutale des prix de plusieurs denrées de première nécessité (23% en un an pour les produits sucrés, 13% pour l’huile et 58% pour la sardine) a entraîné des émeutes à Oran, puis en Kabylie et à Alger. En Algérie, le taux de chômage réel des jeunes diplômés est estimé à 20%, contre 10% selon les chiffres officiels.

Intervenants
  • Romancier et historien
  • Journaliste, cofondateur de Slate.fr et directeur de la rédaction du magazine Enjeux-Les Échos.
  • directeur général de Terra Nova
  • Correspondante à Paris du Frankfurter Allgemeine Zeitung
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