LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

Les quotas dans le football français - L’héritage de François Mitterrand

1h
À retrouver dans l'émission

Les quotas dans le football français

Il ya deux semaines, le site d’information payant Mediapart a publié un article intitulé «Foot français : les dirigeants veulent moins de Noirs et d’Arabes». Cet article dévoile l’existence d’un projet de quotas ethniques dans les centres de formation, finalement abandonné par la Fédération Française de Football (FFF). Il évoque des consignes données par la Direction Technique Nationale pour que le taux de jeunes footballeurs français d’origine africaine ou maghrébine soit limité à 30 % lors des épreuves de sélection.

Le lendemain de la publication de l’article, le président de la FFF Fernand Duchaussoy, le Directeur Technique National François Blaquart et le sélectionneur de l’équipe de France Laurent Blanc ont démenti l’existence de telles directives. Le surlendemain, Mediapart a publié le verbatim d’une réunion officielle entre les responsables du football français qui s’est tenue le 8 novembre 2010, au cours de laquelle les participants se sont penché sur le problème des footballeurs binationaux qui choisissent de jouer pour le pays de leurs origines plutôt que pour l’équipe de France. Selon Mediapart, François Blaquart a déclaré : « l’idéal effectivement, c’est de dire, mais pas officiellement : de toute façon on ne prend pas plus de tant de gamins qui sont susceptibles de changer de nationalité à terme» . Laurent Blanc a répondu « ou alors tu les fais passer par des critères différents de sélection » , liant ainsi la question de la binationalité et les critères de sélection. L’entraîneur de l’équipe de France a également affirmé: « on a l'impression qu’on forme vraiment le même prototype de joueurs: grands, costauds, puissants. Qu’est-ce qu'il y a actuellement comme grands, costauds, puissants ? Les blacks. Et c’est comme ça. C'est un fait actuel. »

François Blaquart, qui a été suspendu de ses fonctions, reconnaît avoir tenu ces propos et explique qu’il visait uniquement une catégorie juridique de joueurs, ceux susceptibles de renoncer après leur formation à l’équipe de France pour une sélection étrangère. « Ça n’a rien à voir avec la couleur de peau ou l’origine des gens » se défend-t-il. Laurent Blanc, qui a présenté ses excuses, admet « que certains termes employés au cours d’une réunion de travail, sur un sujet sensible et à bâtons rompus, peuvent prêter à équivoque, sortis de leur contexte » , mais « ne supporte pas d’être soupçonné de racisme ». Lilian Thuram, qui détient le record du nombre de sélections en équipe de France (142), s’insurge contre «les préjugés sur les couleurs de peau » et affirme que la question des binationaux est « un faux problème : les meilleurs joueurs vont jouer pour l'équipe de France, les autres vont jouer pour les autres pays . »

Martine Aubry a dénoncé un scandale « inacceptable, terrifiant et imbécile » et Henri Guaino, conseiller de Nicolas Sarkozy, s’est dit « contre tous les quotas, et a fortiori les quotas ethniques » . Deux enquêtes menées par la FFF et par l’Inspection Générale de la Jeunesse et des Sports ont disculpé Laurent Blanc et ont établi que rien ne permettait d’affirmer qu’une politique de quotas discriminatoires ait été menée dans le football français. La ministre des sports Chantal Jouanno a estimé mardi qu’il n’y avait « pas d’éléments ou de faisceau d’indices qui permettrait de dire qu’il y a atteinte à la loi de 2001 sur les discriminations »

L’héritage de François Mitterrand

Mardi a marqué le 30e anniversaire de l’élection présidentielle, le 10 mai 1981. Le vainqueur, François Mitterrand a exercé deux mandats (1981-1995), et demeure à ce jour le seul président de gauche de la Ve République. Un concert-hommage gratuit organisé par le banquier Mathieu Pigasse et l’homme d’affaires Pierre Bergé, tous deux propriétaires du groupe Le Monde , a rassemblé mardi entre 40 et 70 000 personnes place de la Bastille, à Paris. Lionel Jospin, Martine Aubry, Ségolène Royal et François Hollande y ont assisté, ainsi que Mazarine Pingeot, la fille de François Mitterrand.

Réunis au siège du PS rue de Solferino, les socialistes ont commémoré la victoire du 10 mai après une journée porte ouverte qui a accueilli près de 3 000 personnes. Les anciens premiers ministres Laurent Fabius, Lionel Jospin, et Pierre Mauroy étaient présents, ainsi que des ministres de l’ère Mitterrand dont Jack Lang, Pierre Joxe, Elisabeth Guigou et Jean Glavany. A un an de l’élection présidentielle, Martine Aubry a souhaité célébrer cet anniversaire « non dans la nostalgie mais dans l’idée d’une victoire à l’autre ». « Il nous faut retrouver de semblables conditions, la mobilisation d’un peuple et bien sûr le rassemblement de la gauche », a-t-elle souligné, en écho à François Hollande qui a affirmé « il n’y aura pas de victoire sans rassemblement ».

Les candidats socialistes potentiels ou déclarés pour l’élection présidentielle ont évoqué l’héritage de François Mitterrand. « François Mitterrand n’appartient à personne en particulier » a déclaré François Hollande « Il faut être soi- même avant de vouloir imiter les autres, reprendre les leçons de l’histoire, mais il s’agit toujours de faire campagne, de connaître, d'épouser la France. En 2012, comme en 1981, la gauche gagnera si elle rencontre la France » a-t-il ajouté. Ségolène Royal a salué la « détermination indéfectible » de l’ancien président qui avait échoué deux fois avant d’être élu, et ce malgré des périodes où «amis doutaient et s’écartaient » quand les sondages « prédisaient la défaite ». Et elle a lancé son nouveau slogan « La force citoyenne », qui rappelle « La force tranquille » de François Mitterrand. « Il n’y a pas d’héritier légitime, personne ne détient un bout de la sainte Croix. L’histoire ne se répète pas » a estimé Pierre Moscovici, partisan de Dominique Strauss-Kahn. Il a ajouté: « Dominique a eu un chemin un peu différent de certains autres, mais Mitterrand lui a fait assez confiance pour le nommer ministre à 40 ans ». De son côté, Martine Aubry a rendu hommage au « volontarisme transformateur de François Mitterrand », à un président qui a « incarné la France » et eu pour obsession « d’unir et de réconcilier les Français ». Bernard Accoyer, président UMP de l’Assemblée nationale a lui estimé que le 10 mai 1981 est « une leçon de l’histoire à ne pas oublier , la sanction de la désunion de la droite et du centre ». Toujours à droite, Patrick Devedjian retient des années Mitterrand « le confortement des institutions, la décentralisation et l’abolition de la peine de mort ».

Selon deux sondages publiés lundi (TNS Sofres pour Canal et BVA pour 20 Minutes), François Hollande est, pour les Français, le leader socialiste qui se rapproche le plus de François Mitterrand.

Intervenants
  • Député Modem des Hauts de Seine, vice-président de la commission des affaires européennes et ancien député européen, essayiste
  • Romancier et historien
  • directeur général de Terra Nova
  • Correspondante à Paris du Frankfurter Allgemeine Zeitung
L'équipe
Production
Réalisation
Avec la collaboration de
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......