LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

Les recompositions du centre et de la droite - La politique de prélèvements obligatoires du gouvernement

59 min
À retrouver dans l'émission

Les recompositions du centre et de la droite

Vendredi 13 septembre, François Fillon appelait les électeurs UMP à voter pour le candidat le « moins sectaire » en cas de duel entre socialistes et Front national aux municipales. Cette déclaration a jeté le trouble au sein de l’UMP. Elle contredit à la fois la doctrine du « Front républicain » et celle du « ni-ni ». Jean-Pierre Raffarin, chef de file des « Humanistes de l’UMP » a dénoncé l’éventualité d’alliances avec le Front national en se plaçant dans la lignée du « Front républicain ». Jean-François Copé a réaffirmé la doctrine du « ni Front national, ni Front républicain », en déclarant qu’il « n’avait jamais été question de s'allier avec le Front national et encore moins avec le PS qui est allié à l'extrême gauche.» Mardi, le comité politique de l’UMP a tenté d’apaiser ce « tohu-bohu », selon l’expression d’Alain Juppé, en adoptant à l’unanimité un texte commun qui réaffirme la doctrine du « ni-ni ». Selon ce texte, l’UMP « s’oppose avec vigueur à la politique menée par les socialistes et leurs alliés et combat avec la même vigueur tous les extrémismes et les sectarismes ».

Malgré cette déclaration commune, les hésitations de l’UMP ont servi le centre et le Front national. Samedi 14 septembre, lors de l’université de rentrée de l’Union des démocrates et indépendants, Jean-Louis Borloo déclarait «l'UMP, avec comme prétention d'incarner la droite et le centre, est morte cette semaine». La déclaration de François Fillon arrive au moment où UDI et Modem se rapprochent. L’UDI souhaite aboutir à une «charte » et à un embryon de structure commune avec François Bayrou avant le 21 octobre. Jean-Louis Borloo a donc pu calculer que : « 72 % des électeurs de l'UMP qui approuvent François Fillon, c'est 28 % qui ne l'approuvent pas. Avec nous et nos camarades du MoDem, ça fait la première force politique de ce pays ».

Marine Le Pen a réagi aux propos de François Fillon lors des universités d’été de son parti le week-end dernier à Marseille. Alors que le pourcentage de Français favorables à son action a progressé de 6 points en septembre pour atteindre 37%, elle estime que « le front républicain est mort », et que la position de François Fillon va permettre aux élus et militants UMP de « se sentir autorisés à discuter » avec le Front national. Un sondage réalisé par l’IFOP révèle que 49 % des sympathisants de l'UMP souhaitent des accords électoraux avec le FN, et que 48% sont favorables à l’action de Marine Le Pen, soit une augmentation de 16 points en un mois. L’étude note aussi une radicalisation au sein de l’électorat FN : 86% des électeurs jugeaient en 2006 qu’il y avait trop d’immigrés en France, ils sont 96% aujourd’hui. L’IFOP conclut donc plutôt à un « déplacement du centre de gravité des deux électorats » qu’à une « convergence entre les deux droites ».

La politique de prélèvements obligatoires du gouvernement

Dans son projet de loi de finances pour 2014, l’exécutif cherche à poursuivre l’assainissement des finances publiques, alors que l’endettement de la France représentera 93,4 % de la production nationale en 2013. Le gouvernement concentre l’effort budgétaire sur la réduction des dépenses publiques et parle d’une quasi stabilisation des prélèvements obligatoires qui augmenteront de 0.15% du PIB en 2014. Ce chiffre dissimule cependant deux réalités. Les ménages verseront dix milliards d’euros supplémentaires à l’Etat, principalement en raison d’une hausse de la TVA et d’un abaissement du plafond du quotient familial de 2.000 à 1.500 euros par demi-part. Plusieurs niches fiscales seront rabotées, notamment les réductions d’impôt pour enfants scolarisés. A l’inverse, les prélèvements sur les entreprises baisseront dans des proportions équivalentes, surtout par le biais du crédit d’impôt compétitivité emploi. L'objectif du gouvernement est de réduire durablement la fiscalité des entreprises. En outre, il attend 2 milliards de recettes de la lutte contre la fraude fiscale.

Au total, en 2013, le taux de prélèvement atteindra 46% de la production nationale, contre 44,9% en 2012, ce qui constituait déjà un record historique. Le poids des dépenses publiques totales devrait atteindre 57,1% du PIB en 2013, soit là aussi un record. Seul le Danemark dépasse la France. 30 milliards de prélèvements nouveaux ont été décidés depuis l’élection de François Hollande, après les 30 milliards qui avaient déjà été votés par la majorité précédente. D’après un sondage CSA publié dimanche dernier, ces augmentations d’impôts conduisent 84% des Français à exprimer un « ras-le-bol fiscal » que conforte pour certains la réforme des retraites qui prévoit l’augmentation des cotisations versées par les salariés et les employeurs. François Hollande a cependant écarté la hausse très impopulaire de la CSG.

Le Président de la République a concédé dimanche dernier à propos des prélèvements : « C’est beaucoup, donc ça devient trop ». Il a annoncé une « pause fiscale » pour 2014. Le Premier ministre a précisé que la pause serait effective en 2015, après un ralentissement en 2014. Cette idée d’une pause pour les ménages est principalement confortée par deux mesures du budget 2014. D’une part, le gel du barème de l’impôt sur le revenu, décidé en 2011, prendra fin en 2014. Il avait eu pour conséquence d’assujettir chaque année un million de nouveaux foyers et d’augmenter mécaniquement les impôts de 16 millions de foyers fiscaux. D’autre part, une décote permettant de réduire l'impôt sur le revenu serait mise en place en 2014 « pour les premières tranches du barème ». La pause fiscale annoncée par le gouvernement peine toutefois à convaincre. Ainsi, après des hésitations sur le renforcement de la fiscalité verte, l’exécutif a finalement annoncé vendredi l’instauration d’une surtaxe écologique de l’énergie.

Invités

Michaela WIEGEL, correspondante à Paris de la Frankfurter Allgemeine Zietung

Jean-Louis BOURLANGES, professeur à l'Institut d'Etudes Politiques de Paris

Max GALLO, romancier et historien

Thierry PECH, directeur de la rédaction d'Alternatives Economiques

Brèves

Augustin Landier et David Thesmar, 10 idées qui coulent la France (Flammarion, septembre 2013)

Sylvie Goulard, Europe : amour ou chambre à part ? (Flammarion, septembre 2013)

Louis Mermaz, Il faut que je vous dise – Mémoires (Odile Jacob, septembre 2013)

Emmanuelle Heidsieck, A l'aide ou le rapport W (Inculte Editions, août 2013)

Gérard Grunberg, La Loi et les Prophètes, Les socialistes français et les institutions politiques (Editions du CNRS, septembre 2013)

L'équipe
Production
Réalisation
Avec la collaboration de
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......