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Les relations israélo-palestiniennes et le mouvement social en Espagne

58 min
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Les relations israélo-palestiniennes

Les rivaux palestiniens du Fatah, mouvement modéré, et du Hamas, mouvement islamiste, ont célébré il y a deux semaines au Caire la fin de quatre années d’antagonisme. Leur accord, annoncé il ya trois semaines, prévoit la formation d’un gouvernement intérimaire composé d’experts sans étiquette et la tenue d’élections dans le courant de l’année en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, dont le Hamas a pris le contrôle par les armes en juin 2007. Le président de l’autorité palestinienne est élu au suffrage universel direct. La dernière élection a été remportée en 2005 par le Fatah de Mahmoud Abbas, qui assure l’intérim depuis la fin de son mandat en 2009, l’absence d’accord entre le Fatah et le Hamas empêchant la tenue de l’élection.

« Nous avons tourné à jamais la page noire de la division » , s’est félicité Mahmoud Abbas, qui a réitéré son appel à l’arrêt du développement des colonies de peuplement juives en Cisjordanie. Le leader du Hamas, Khaled Méchaal, qui vit en exil à Damas, s’est prononcé pour la création d’un état palestinien dans les frontières de 1967 sans la moindre concession territoriale et a rappelé son attachement au droit au retour des réfugiés de 1948. « Nous avons décidé de faire en sorte que la réconciliation ait lieu quel qu’en soit le prix. Notre véritable combat est dirigé contre l’occupant israélien » , a-t-il déclaré.

Barack Obama a affirmé la semaine dernière « les frontières d‘Israël et de la Palestine devraient être fondées sur les lignes de 1967 avec des échanges sur lesquels les deux parties seraient d'accord, afin d'établir des frontières sûres et reconnues pour les deux Etats» . « Le retrait complet et graduel des forces militaires israéliennes devrait être coordonné dans l'idée d'une responsabilité de la sécurité palestinienne dans un Etat souverain et non-militarisé» , a-t-il ajouté. Les frontières de 1967, antérieures à la guerre des Six-Jours et à la conquête de la Cisjordanie, de la bande de Gaza et de Jérusalem-Est par Israël. Le président américain a néanmoins rejeté les efforts des palestiniens visant à faire reconnaître par l’ONU dès cette année un Etat palestinien englobant la Cisjordanie, Gaza et Jérusalem-Est, en prévenant : «les actes symboliques destinés à isoler Israël aux Nations unies en septembre ne créeront pas un Etat indépendant» . Barack Obama a enfin souligné que l’accord signé par le Fatah avec le Hamas, suscitait une «profonde et légitime inquiétude» chez les Israéliens.

Le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, en visite à Washington en fin de semaine dernière, a rejeté la proposition du président américain, jugeant les frontières de 1967 « indéfendables » . « Une paix fondée sur des illusions s’écrasera en définitive sur les rochers de la réalité du Moyen-Orient. Pour qu’il y ait la paix, les Palestiniens devront accepter certaines réalités fondamentales » a-t-il indiqué. L’Organisation de Libération de la Palestine, proche du Fatah, a déclaré qu’Israël devrait choisir entre les principes de Barack Obama et « la reconnaissance de la Palestine à l’ONU » en septembre, que la Ligue Arabe considère comme « une étape légitime » . Le Hamas a de son côté estimé que la position de Benyamin Netanyahou « prouvait l’absurdité des négociations avec Israël » .

Le mouvement social en Espagne

Les Espagnols ont voté dimanche dernier pour renouveler leurs 8 000 conseils municipaux et le gouvernement de 13 des 17 régions autonomes. Le Parti Socialiste, au pouvoir depuis 2004 et à l’origine de mesures d’austérité, a enregistré une large défaite aux élections municipales en remportant 27,79% des voix, loin derrière le Parti populaire, en tête avec 37,53%. Les socialistes ont subi une défaite historique à Barcelone, qu’ils dirigeaient depuis 32 ans, et ont perdu Séville, tandis que la droite a conforté son pouvoir à Madrid et à Valence. A l’issue de ces élections, les socialistes ne sont plus en mesure de gouverner seuls que dans une seule région, l’Andalousie, qui ne votait pas dimanche. Enfin, les indépendantistes basques de la coalition Bildu , héritière de la vitrine politique d’ETA, sont devenus la deuxième force politique dans l’ensemble du Pays Basque, leur liste arrivant en tête à Saint-Sébastien, l’une des trois grandes villes basques. « Il était raisonnable de penser que le Parti socialiste allait subir un châtiment par les urnes, nous l’assumons et le comprenons », a commenté José Luis Zapatero, chef du gouvernement et actuel secrétaire du Parti socialiste espagnol, avant d’exclure des législatives anticipées comme le réclame l’opposition. Des primaires socialistes se sont ouvertes hier pour désigner un successeur à M. Zapatero, qui avait annoncé en avril qu’il ne se représentait pas pour un troisième mandat, lors des prochaines élections législatives en mars 2012.

Une mobilisation sociale lancée le 15 mai a occupé l’espace médiatique espagnol quelques jours avant les élections. Né d’un élan d’indignation de la jeunesse, il s’est répercuté sur Internet via les réseaux sociaux Twitter et Facebook autour du slogan « Démocratie réelle maintenant », et a conduit au rassemblement de dizaines de milliers d’Espagnols sur la place de la Puerta del Sol à Madrid et dans 60 autres communes du pays. A Madrid, les manifestants, surnommés les « indignados », ont installé un campement où ils se relaient jour et nuit depuis plus de dix jours. Ce mouvement qui se veut « citoyen » et « apolitique » proteste contre la crise, le chômage et la « corruption des politiciens ». Il se veut également un laboratoire d’idées pour des réformes à venir. Après les élections de dimanche dernier, à Madrid comme dans de nombreuses villes dont Barcelone et Valence, les manifestants ont décidé de prolonger le mouvement, mais ont été moins nombreux cette semaine. Ailleurs en Europe, des appels à une mobilisation similaire ont circulé sur internet. En France, des rassemblements de quelques centaines de personnes ont lieu quotidiennement depuis le week-end dernier notamment à Paris, Toulouse, et Lyon.

« Pour nous les élections ne changent rien, a déclaré l’une des porte-parole du mouvement. On dénonce ce système de représentation politique, qui nous force à choisir entre deux fois la même chose, puisque la droite et la gauche appliquent la même politique économique ». Le roi Juan Carlos, a appelé lundi à accorder « un soutien urgent à l'emploi des jeunes ». « Si j'avais 25 ans je serais sûrement à la Puerta del Sol » a de son côté déclaré José Luis Zapatero la veille des élections.

Au premier trimestre de 2011, le taux de chômage espagnol a atteint le chiffre record de 21,29 %. En Espagne, d’après un rapport du Fonds Monétaire International, plus de 40 % des jeunes actifs sont à la recherche d’un emploi, soit presque deux fois plus que la moyenne de l’Union européenne.

Intervenants
  • Député Modem des Hauts de Seine, vice-président de la commission des affaires européennes et ancien député européen, essayiste
  • Romancier et historien
  • géostratège, spécialiste de l'étude des conflits armés et des relations internationales et stratégiques.
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