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Les tensions au sein du Parti socialiste - Le synode sur la famille

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Les tensions au sein du parti socialiste

Martine Aubry a exprimé sa désapprobation de la ligne politique du gouvernement dans une interview accordée au Journal du dimanche le 19 octobre. Elle a plaidé pour une réorientation de la politique économique et évoqué le projet d’une nouvelle social-démocratie. L’ancien ministre Benoît Hamon (qui s’est abstenu lors du vote du volet recette du budget 2015) a affirmé mardi sur RFI que la politique de l’exécutif « menaçait la République » et conduisait à un immense désastre démocratique pour 2017. Arnaud Montebourg a pour sa part dénoncé une « politique d’austérité à la française » et le « culte obsessionnel de la réduction des dépenses publiques », pointant le chômage de masse comme le danger le plus immédiat et l’erreur fondamentale du quinquennat en cours.

Le ministre de l’agriculture Stéphane Le Foll a vivement dénoncé l’abstention d’Aurélie Filippetti et de Benoît Hamon lors du vote sur le volet recette du budget 2015, suggérant à l’ancien ministre de l’éducation nationale de quitter le parti socialiste. Le premier secrétaire du parti socialiste Jean-Christophe Cambadélis s’exprimant mercredi sur RTL s’est dit choqué par l’attitude des deux anciens ministres et a pointé un « problème d’éthique ».

Dans un entretien accordé à l’Obs jeudi 23 octobre le premier ministre Manuel Valls a prôné une gauche « pragmatique, réformiste et républicaine » sans utiliser le terme de socialiste. Il a plaidé pour un nouveau compromis entre toutes les forces progressistes du pays « au sein d’une maison commune dans laquelle chacun se retrouve », regrettant qu’une alliance avec François Bayrou ne se soit pas concrétisée en 2012 malgré l’appel de ce dernier à voter François Hollande après le premier tout de l’élection présidentielle.

Interrogé par Le Figaro, Michel Rocard s’est réjoui que les idées sociales démocrates soient en train de l’emporter, y compris à gauche et a conseillé à François Hollande de ne pas se représenter en 2017 ajoutant : « Je ne pense ni qu’il le souhaite, ni qu’il le puisse ».

Le synode sur la famille

Le pape François a réuni lundi 6 octobre au Vatican 182 évêques et cardinaux en un synode de deux semaines (assemblée délibérative d’ecclésiastiques) afin de mener une réflexion sur le renouvellement du message de l’Eglise catholique sur la famille. Le souverain pontife a innové en invitant des laïcs à témoigner au sein de l’assemblée.

Un premier résumé des travaux du synode a été rendu public lundi 13 octobre. Il dresse le constat d’un modèle familial catholique fragilisé par des « changements anthropologiques et culturels » et appelle à « comprendre la réalité positive des mariages civils et des concubinages ». Le rapport reconnaît aux homosexuels « des dons et des qualités à offrir à la famille chrétienne » et, sans nier les problématiques morales liées aux unions entre personnes du même sexe, « prend acte qu’il existe des cas où le soutien réciproque jusqu’au sacrifice constitue une aide précieuse pour la vie de partenaires du même sexe ». Le document d’étape fait enfin état d’un « besoin de choix pastoraux courageux » à propos des divorcés civilement remariés, aujourd’hui exclus des sacrements de la confession et de la communion.

Le rapport final du synode a été adopté samedi 18 octobre. Les paragraphes concernant les couples homosexuels et les divorcés remariés ont été techniquement rejetés : le règlement du synode imposant une majorité des deux tiers pour qu’un article soit considéré comme étant l’expression du « consensus synodal ». Plusieurs cardinaux ont pris fermement position contre les innovations proposées dans le premier document, notamment sur la question de l’octroi de la communion aux divorcés remariés.

La fin du synode a été marquée par la béatification de la grande figure du concile Vatican II Paul VI au cours de laquelle le pape François a appelé l’Eglise à « ne pas avoir peur de la nouveauté », reprenant les paroles de Paul VI : « En observant attentivement les signes des temps, nous nous efforçons d’adapter les orientations et les méthodes aux besoins croissants de notre époque et à l’évolution de la société ».

Le texte final du synode (relatio synodi) sera envoyé à tous les diocèses du monde afin de servir de base à une réflexion qui doit durer une année. Un second synode aura lieu au mois d’octobre 2015. Les « pères synodaux » remettront alors leurs observations définitives au souverain pontife qui tranchera sous la forme d’une exhortation apostolique.

Invités

Sylvie KAUFFMANN, directrice éditoriale au Monde

Jean-Louis BOURLANGES, professeur à l’Institut d’études politiques de Paris

Eric LE BOUCHER, éditorialiste des Echos et co-fondateur du site Slate.fr

Marc-Olivier PADIS, directeur de la rédaction de la revue Esprit

Brèves

Jacques ATTALI, Devenir soi (Fayard, 2014)

Laurence LOEFFEL, La morale à l"école selon Ferdinand Buisson (Tallandier, 2013)

Guillaume DE FONCLARE, Joël ( Stock, 2014)

Les invités ont rendu hommage à Christophe de Margerie, PDG de total décédé dans une catastrophe aérienne à Moscou le 20 octobre

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