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Les tueries de Toulouse et Montauban - L'extrême-gauche

1h
À retrouver dans l'émission

Le 1er avril, l’Esprit public sera en direct et en public du Théâtre du Vieux Colombier.

Accès libre à partir de 10h30 au 21 rue du Vieux Colombier, 75006 Paris.

Réservation souhaitée à auditeurfranculture@radiofrance.com

Les tueries de Toulouse et de Montauban, leurs conséquences politiques :

Lundi, un professeur de 30 ans, ses deux fils de 4 et 5 ans ainsi qu’une fillette de 6 ans ont été assassinés devant l’entrée et dans la cour du collège juif Ozar-Hatorah de Toulouse. La police judiciaire a établi que l’arme utilisée avait été la même que lors du meurtre d’un militaire du 1er régiment du train parachutiste de Francazal à Toulouse le 11 mars, et de celui de deux membres du 17ème régiment de génie parachutiste à Montauban le 15 mars. Dans la nuit de mercredi à jeudi, les policiers du RAID ont pris d’assaut l’appartement de Mohamed Merah, identifié comme l’auteur présumé des faits, à l’issue d’un siège de plus de trente heures. Ce dernier, qui tirait sur les policiers, a été abattu. Peu avant l’assaut, le ministre de l’intérieur Claude Guéant avait déclaré aux journalistes : « (Mohamed Merah) se revendique d'être un moudjahidine, d'appartenir à al-Qaïda. Il dit avoir voulu venger les enfants palestiniens en même temps que d'avoir voulu s'en prendre à l'armée française ».

Mercredi, au cours de la cérémonie organisée en hommage aux trois militaires assassinés, le chef de l’Etat s’est félicité de l’ « image de dignité » donnée « ces derniers jours » par « la France rassemblée ». Eva Joly, Marine Le Pen, Nicolas Dupont-Aignan, François Bayrou et François Hollande ont assisté à cette cérémonie. Le lendemain, le président a annoncé des mesures de lutte contre le terrorisme, parmi lesquelles la condamnation pénale de la consultation régulière de sites internet qui en font l’apologie.

Mohamed Merah avait effectué deux séjours en Afghanistan et au Pakistan en 2010 et en 2011. Le 14 novembre dernier, il avait été questionné par des officiers de la Direction Centrale du Renseignement Intérieur (DCRI) de Toulouse. Jeudi matin sur Europe 1, le ministre des affaires étrangères Alain Juppé déclarait : « L’auteur de ces actes monstrueux a été interrogé précédemment par les services de renseignement. Je ne sais pas s’il y a eu une faille et je ne peux pas vous dire quel genre de faille, mais il faut faire la clarté là-dessus. ». La DCRI est issue de la fusion, en 2008, de la direction de la surveillance du territoire (DST) et des renseignements généraux (RG). Dans un entretien paru samedi dans Le Monde , Bernard Squarcini, son directeur central, a qualifié l’acte de Mohamed Merah de « volontaire, spontané, isolé », et précisé qu’il n’y avait « aucune appartenance à un réseau. ». L’intervention du RAID, unité spécialisée dans la prise d’otages créée en 1985, a également fait l’objet de critiques. Christian Prouteau, le créateur du Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN), a jugé vendredi que l’opération avait été menée « sans schéma tactique précis ». Eva Joly a quant à elle critiqué le rôle du ministre de l’intérieur Claude Guéant : « Qu’a fait le ministre sur place en commentant en permanence (…) ce qui se passait ? Il a créé de la confusion. (…) Quel est son rôle ? Ce n’est pas lui qui dirige les opérations. Il y a violation du code de procédure pénale », a-t-elle déclaré.

La place de l’extrême-gauche dans la campagne :

Un sondage publié vendredi par l’institut BVA indique que Jean-Luc Mélenchon arriverait en troisième place à l’élection présidentielle du 22 avril, avec 14 % des voix, soit quatre à cinq points de plus que son score potentiel enregistré en février. Non seulement aucun des prétendants d’extrême gauche ou écologiste n’est crédité de plus de 2% des intentions de vote, mais, pour la première fois, le candidat du Front de gauche dépasse Marine Le Pen et François Bayrou, tandis que le résultat de François Hollande au premier tour est estimé à 29,5 %.

Pour devenir le principal candidat à la gauche du P.S., Jean-Luc Mélenchon a fédéré une partie des « nonistes » du référendum de 2005 sur le traité constitutionnel pour l’Europe et il s’est appuyé sur les forces du Front de gauche – au premier rang desquelles les militants et les instances dirigeantes du Parti communiste français. Dimanche dernier, le 18 mars, date anniversaire du soulèvement de la Commune en 1871, M. Mélenchon a tenu meeting à Paris. Il a invité ses partisans à « reprendre la Bastille », et prophétisé une « révolution citoyenne ». Dans son discours centré sur les institutions et sur le passage à une VIe République, le leader du Front de gauche a multiplié les allusions à l’histoire de France et plus particulièrement à la Révolution française. Prônant une « insurrection civique », M. Mélenchon a conclu son allocution par cette citation de la Constitution de 1793 (qui ne fut jamais appliquée) : « Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est pour le peuple (...) le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs. » Il a à cette occasion renouvelé sa promesse de mettre en place une assemblée constituante en cas de victoire du Front de gauche le 6 mai prochain.

Face à la montée possible du candidat du Front de Gauche, François Hollande a appelé les électeurs à privilégier le « vote efficace » ou « vote victoire ». Il a affirmé : « c'est au premier tour que la dynamique se crée, que les écarts se font. C'est le premier tour qui fait le score du second ». 82 % des électeurs de Jean-Luc Mélenchon se déclarent prêts à voter pour le candidat socialiste le 6 mai, selon un sondage BVA publié vendredi.

Pour Pierre Laurent, secrétaire national du Parti communiste français, après le succès de la manifestation de dimanche dernier, « le centre de gravité de la campagne (s’est) déplacé ». Jean-Pierre Raffarin a déclaré le 18 mars : « la campagne à gauche va dériver vers la gauche plutôt que vers le centre. De plus en plus, M. Mélenchon va peser (...), ce qui va libérer les terres du centre ».

Les Verts semblent craindre qu’un succès de M. Mélenchon ne remette en cause l’accord électoral qu’ils ont signé en novembre dernier avec le PS. Noël Mamère a déclaré au lendemain du meeting du Front de gauche : « Les amis de Jean-Luc Mélenchon et Pierre Laurent, pris par le vertige des cimes, risquent de faire monter les enchères ». La porte-parole du Front de gauche, Clémentine Autain, considère que : « Le PS ( …) avait mis (son mouvement) dans le pré carré de l'extrême gauche. Avec un score à deux chiffres, on est devenu une épine politique pour (lui) ».

Invités :

Max GALLO, romancier et historien

Eric LE BOUCHER, directeur de la rédaction d’Enjeux-Les Echos, éditorialiste du site Slate.fr

Thierry PECH, directeur de la rédaction d’Alternatives économiques

Brèves :

  • François Dufour, DSK, 16 mai 2011. Dans les coulisses du tribunal de New York (KatouMalou, 2012)

  • Eric Fottorino, Mon tour du monde (Gallimard, 2012)

  • Jean-Hervé Lorenzi, Jacques Pelletan, Alain Villemeur, Rajeunissement et vieillissement de la France. Une politique économique pour la jeunesse (Descartes et Cie, 2012)

  • Polémique autour du site de la bataille d’Alésia : alors qu’un « MuséoParc » a été inauguré à Alise Sainte-Reine (Côte d’Or), des historiens plaident pour la relocalisation du site dans le Jura, à Chaux-des-Crotenay, sur la plaine de Syam.

  • Annie François, Mine de rien (Seuil, 2012)

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