LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Manifestation pour l'unité de l'Espagne à Barcelone le 19 mars 2017

L'Espagne

59 min
À retrouver dans l'émission

avec Benoît Pellistrandi, historien et membre-correspondant de la Real Academia de la Historia à Madrid

Manifestation pour l'unité de l'Espagne à Barcelone le 19 mars 2017
Manifestation pour l'unité de l'Espagne à Barcelone le 19 mars 2017 Crédits : Pau Barrena - AFP

L'ESPAGNE

Benoît Pellistrandi, vous êtes ancien élève de l’ENS, historien et Professeur de Chaire Supérieure au Lycée Condorcet de Paris. Vous êtes directeur des études de la Casa Velázquez de 1997 à 2005. En 2013 vous avez été élu membre-correspondant de la Real Academia de la Historia à Madrid. Vous avez consacré plusieurs ouvrages à l’Espagne, dont le dernier en date : « Histoire de l'Espagne. Des guerres napoléoniennes à nos jours » publié en 2013 aux éditions Perrin. Avec vous, nous allons nous intéresser à la situation politique de l’Espagne aujourd’hui.

Les élections législatives de décembre 2015 ont fait naître une crise politique majeure dans le pays, après que le parti populaire a obtenu une courte majorité au Parlement. Faute de soutien, le 22 janvier - après quatre années de gouvernance sans consensus et de nombreux cas de corruption dans les rangs du parti - Mariano Rajoy a exprimé son refus « provisoire » de briguer l’investiture du Parlement, ouvrant la porte à une coalition de gauche. Le PSOE, déjà fortement affaibli par quatre scrutins consécutifs perdus depuis 2011, échoue cependant à former une coalition avec la formation anti-austérité Podemos. Le 26 juin 2016, les Espagnols sont rappelés aux urnes. La majorité absolue échappe de nouveau au parti populaire bien qu’il consolide alors sa position avec 137 députés contre 122 en décembre. Le parti socialiste, qui avait déjà enregistré un score historiquement bas perd cinq sièges supplémentaires. Son secrétaire général, Pedro Sanchez, est pointé du doigt par de nombreux dirigeants qui l’accusent de bloquer la formation d’un nouveau gouvernement. Face au risque d’une nouvelle impasse politique qui conduirait à une troisième reconduction des élections en novembre, le PSOE décide de s’abstenir lors du vote de confiance afin de permettre à Mariano Rajoy de gouverner. Pedro Sanchez est contraint à la démission. Le 29 octobre, Mariano Rajoy est ainsi élu président du gouvernement espagnol, avec 170 voix contre 111 et 68 abstentions. Après dix mois de blocage parlementaire, l’émergence de Podemos et Ciudadanos aura profondément ébranlé le traditionnel bipartisme espagnol. La reprise économique de l’Espagne n’a pas été compromise par la crise politique, et le pays enregistre une croissance de 3.2%, l’une des plus élevées de la zone euro.

A l’issue de 2016, le paysage politique espagnol est profondément perturbé, alors que le PSOE peine à se remettre de la crise politique qu’il a subi de plein fouet. La débâcle du parti semble alors selon vous ouvrir « un boulevard à Podemos et, par réflexe, […] un rôle de rempart et de digue » au parti populaire de Rajoy, alors que le PSOE continue de se déchirer dans la course aux primaires du 21 mai. Contre toute attente, l’ex-secrétaire général Pedro Sánchez, porteur d’une ligne de gauche plus radicale, est réélu par 50,21% des votants face à Susana Díaz, soutenue par l’appareil du parti. Souhaitant « rénover en profondeur le parti », Pedro Sánchez promet alors une opposition ferme au gouvernement et un rapprochement avec Podemos. La formation anti-austérité a également opté pour une ligne radicale en réélisant son secrétaire général, Pablo Iglesias à 89% lors du congrès « Vistalegre II », qui s’est tenu à Madrid en février.

La question de la sécession catalane est revenue sur le devant de la scène, alors que le 9 juin, le président de la communauté autonome Carles Puigdemont a annoncé la tenue d’un « référendum d’autodétermination unilatérale » le 1er octobre, malgré l’interdiction de la Cour Constitutionnelle. Madrid a également réitérée son opposition au projet, évoquant une « stratégie de tension » de la Generalitat et des partis indépendantistes.

L’indépendance de la Catalogne est-elle possible et quelles en seraient les conséquences sur le pays ? Un rapprochement entre Podemos et l’aile « dure » de Pedro Sánchez est-elle véritablement envisageable ? Que révèlent les fractures que connaissent de manière plus ou moins similaire les partis socialistes français et espagnols, entre une aile « modérée » et une aile « dure » apparemment irréconciliables ? Quelles sont les conséquences du Brexit sur l’Espagne ?

Intervenants
L'équipe
Production
Réalisation
Avec la collaboration de
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......