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L'Esprit Public : l'affaire Strauss-Kahn - la situation en Syrie

58 min
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L'affaire Strauss-Kahn

Dominique Strauss-Kahn a été formellement inculpé jeudi par une chambre d’accusation new-yorkaise («grand jury ») des sept chefs d’accusations portés à son encontre par une femme de chambre du Sofitel de Manhattan. La victime présumée accuse l’ancien président du FMI de l’avoir agressé sexuellement dans sa suite le 14 mai. Un juge de la Cour suprême de l’Etat de New York a autorisé jeudi la libération conditionnelle de Dominique Strauss-Kahn, soumise au versement d’une caution d’1 million de dollars assorti d’un dépôt de garantie de 5 millions de dollars, à une assignation à résidence dans un appartement loué à ses frais, et au port d’un bracelet électronique.

Dominique Strauss-Kahn, qui a démissionné jeudi de son poste de directeur général du FMI, dément les accusations portées à son encontre. Il plaidera non-coupable, selon ses avocats Benjamin Brafman et William Taylor. De son côté, le procureur Cyrus Vance Jr a déclaré qu’un ensemble de preuves étayent l’accusation d’acte sexuel « non consenti, forcé » . La prochaine audience, lors de laquelle DSK devra officiellement répondre d’accusations et plaider coupable ou non coupable, a été fixée au 6 juin.

L’intérim de la direction du FMI est assuré par le directeur-général adjoint, John Lipsky. Le conseil d’administration, composé des représentants de 24 pays et groupes de pays, recevra les candidatures à partir de lundi et jusqu’au 10 juin. Son objectif « est de sélectionner le directeur général par consensus et d’achever le processus de sélection d’ici au 30 juin » . Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, affirme dans un entretien au journal Bild am Sonntag paru ce matin : « si Christine Lagarde se décidait à être candidate, l’Europe aurait les meilleures chances d’occuper à nouveau ce poste » . Jean-Claude Juncker, président de l’Eurogroupe, et Silvio Berlusconi se sont également prononcés en faveur de la candidature de la ministre de l’Economie et des Finances. Le gouverneur de la banque centrale chinoise, Zhou Xiaochuan, a lui déclaré que la prochaine direction du FMI devrait refléter l’influence grandissante des pays émergents.

En France, le premier ministre François Fillon a affirmé : «nous devons faire preuve de mesure et de responsabilité. Personne ne doit exploiter cette affaire» . La première secrétaire du PS Martine Aubry a demandé aux socialistes « de rester unis et responsables » . Manuel Valls a proposé vendredi de « mettre les primaires entre parenthèses » car il craint de les voir « se transformer en une compétition mortelle, violente, non maîtrisée » . François Hollande, candidat déclaré, a affirmé dans un entretien au Monde paru hier : « on dramatise la situation pour justifier la candidature et le rassemblement autour de Martine Aubry » . Les candidats aux primaires socialistes, qui auront lieu en octobre, doivent déposer leur candidature entre le 28 juin et le 13 juillet.

Selon un sondage OpinionWay pour Le Figaro et LCI paru jeudi, 49% des sympathisants de gauche pensent voter pour François Hollande aux primaires, contre 27% pour Martine Aubry et 12% pour Ségolène Royal.

La situation en Syrie

En Syrie, le mouvement de contestation lancé le 15 mars contre le régime de Bachar al Assad se poursuit malgré la répression. Il y a deux mois, les manifestants exigeaient la levée de l’état d'urgence et la fin de la suprématie du Parti Baas . Ils réclament désormais la chute du régime qui dirige le pays depuis 1970. Vendredi, de nouvelles manifestations ont rassemblé plusieurs milliers de personnes Nord et à l’Ouest du pays. La contestation a également gagné Damas et des secteurs proches d’Alep, deux villes plutôt épargnées par les manifestations jusqu’ici.

D’après l’Organisation Nationale des Droits de l’Homme en Syrie, 44 opposants auraient péri au cours de ces nouvelles manifestations. De leur côté, les autorités syriennes attribuent ces violences à des « groupes criminels ou terroristes », dont certains liés à l’étranger, qui auraient ouvert le feu sur les manifestants et la police. A Tall Kalakh, une ville frontalière avec le Liban, les troupes syriennes ont entamé mercredi leur retrait après six jours de siège. Les forces de sécurité et l’armée syriennes poursuivent en revanche le siège de Homs, Banias et Deraa, trois autres foyers de la contestation contre le régime, et ont multiplié les interventions dans les trois villes cette semaine.

Les États-Unis et l’Union européenne ont condamné la répression à l’œuvre en Syrie et ont adopté des sanctions contre plusieurs personnalités du régime, notamment le gel de leurs biens. Mercredi, les États-Unis ont décidé d’étendre ces sanctions au président Bachar al Assad. Barack Obama a affimé : « le peuple syrien a montré son courage en exigeant une transition vers la démocratie. Le président Assad est maintenant face à un choix. Il peut diriger la transition, ou s’écarter ». La Syrie a rejeté ces sanctions, estimant qu’elles n’influenceraient pas les décisions du régime car elles « visent en premier lieu à servir les intérêts d’Israël ».

« La situation nous impose désormais d’envisager toutes les options » , a déclaré mardi la Haute représentante de la diplomatie de l’Union européenne, Catherine Ashton. Alain Juppé a indiqué que la France et le Royaume-Uni sont sur le point de réunir les neuf voix nécessaires à l’adoption d’une résolution du Conseil de sécurité de l’Onu concernant la Syrie. « Nous sommes encore menacés d’un veto russe et d’un veto chinois » , a-t-il précisé.

D’après les estimations de l’ONU et de plusieurs organisations de défense des droits de l’homme, la répression du mouvement de contestation a fait au moins 850 morts et entraîné plus de 8 000 arrestations depuis le 15 mars. Enfin, selon le Haut-commissariat de l’ONU pour les réfugiés, « les autorités locales estiment qu’au total environ 4 000 Syriens sont passés au Liban récemment ». La Syrie a expulsé la plupart des médias internationaux depuis le début de la révolte.

Intervenants
  • Romancier et historien
  • Journaliste, cofondateur de Slate.fr et directeur de la rédaction du magazine Enjeux-Les Échos.
  • directeur général de Terra Nova
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