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L'état de la droite et du centre - les élections législatives en Ukraine

59 min
À retrouver dans l'émission

L'état de la droite et du centre

Les résultats du premier tour des élections pour la présidence de l’UDI ont désigné Jean-Christophe Lagarde et Hervé Morin comme finalistes. Au cours de la campagne, le débat sur les liens futurs entre l’UDI et l’UMP a été vif : Jean-Christophe Lagarde (arrivé en tête du premier tour avec 35,9% des suffrages) a affirmé la vocation de l’UDI à présenter un candidat aux élections présidentielles de 2017 Hervé Morin (31,5% des suffrages) a rejeté cette idée et déclaré que la présence d’un centriste au premier tour ne pouvait être que « la résultante d’une dynamique ». Les deux candidats ont été d’accord pour décliner l’invitation de Manuel Valls à rejoindre une hypothétique « maison commune des progressistes » : Christophe Lagarde a déclaré que « le centre n’était pas la variable d’ajustement d’une gauche en perdition », Hervé Morin a jugé ce débat prématuré. Le nom du successeur de Jean-Louis Borloo sera connu le 13 novembre.

François Bayrou a opposé une même fin de non recevoir aux ouvertures de Manuel Valls, refusant « toute participation à des manœuvres d’appareil » et reportant « toute reconstruction du paysage politique » à l’échéance des élections présidentielles. Le président du MODEM s’est en revanche dit ouvert à l’idée de « travailler avec des hommes comme Alain Juppé » ou avec des personnalités issues du « courant réformiste du PS » après les élections, saluant aux passages les qualités de cohérence et de courage du Premier ministre.

La campagne pour la présidence de l’UMP se poursuit. 53 parlementaires ont apporté leur soutien à Bruno Lemaire dans une tribune publiée le 22 octobre dans le Figaro. Les signataires y ont salué les capacités d’ « apaisement » et de « droiture » du candidat, rejetant l’idée de « sauveur » et appelant de leurs vœux une primaire ouverte à l’ensemble de la droite républicaine et du centre pour la désignation du candidat à l’élection présidentielle. Des tensions se sont exprimées a propos de l’organisation du scrutin pour la présidence du parti : Hervé Mariton a dénoncé un manque d’impartialité de la part des responsables locaux de l’UMP, les accusant de faire pression sur ses équipes pour défendre les intérêts de Nicolas Sarkozy. A l’antenne de France Info François Fillon a conditionné sa candidature aux primaires de l’UMP à l’honnêteté de la procédure, faute de quoi il serait de facto candidat au premier tour de l’élection présidentielle.

Lors d’une réunion publique à Marseille, mardi 28 octobre, Nicolas Sarkozy a plaidé pour l’unité du parti tout en affirmant son rejet de « la droite molle, forte ou sociale ». Il a exprimé son opposition à l’existence de courants au sein de l’UMP, dont il souhaite qu’elle change de nom et que sa gouvernance soit décentralisée. La campagne pour la présidence de l’UMP s’achèvera avec le vote du 29 novembre. Nicolas Sarkozy reste le favori des sondages pour la présidence de l’UMP, tandis qu’Alain Juppé se place très en tête des intentions de vote à l’élection présidentielle.

Les élections législatives en Ukraine

La participation aux élections législatives organisées dimanche dernier en Ukraine s’est établie à 53% soit une baisse de 7,3% par rapport à l’élection présidentielle du 25 mai. Les élections ne se sont pas tenues dans les 12 circonscriptions de la Crimée annexée par la Russie en avril et dans les 15 circonscriptions des régions de l’est dont le contrôle échappe à Kiev. Les formations pro-occidentales sont arrivées en tête : la liste du président Petro Porochenko avec 21,69 % des voix, celle du premier ministre, Arsenii Iatseniouk, avec 21,63 % des voix. Deux formations candidates ne devraient envoyer aucun député à l’assemblée : le Parti communiste - pro-russe - et la formation «Ukraine Forte», dirigée par un ancien vice-Premier ministre du président déchu en février dernier, Viktor Ianoukovtich. Avec 7,6 % des voix, seul le Bloc d'opposition, également composé de nostalgiques du parti des Régions, pro-Ianoukovitch, a franchi le seuil minimal de représentation (5%).

Le gouvernement issu de ces élections sera confronté à de nombreux problèmes, dont certains urgents : le conflit avec la Russie, la question de la souveraineté dans l’est du pays, la crise économique, le risque de défaut de paiement, la lutte contre la corruption, l’approvisionnement en gaz et le processus d’intégration européenne. La situation demeure tendue dans les régions orientales de l’Ukraine : des tirs d’artillerie ont frappé la ville séparatiste de Donetsk lundi 27 octobre tandis qu’une base militaire ukrainienne a été prise pour cible dans la même zone.

L’exécutif russe a réagi à l’annonce des résultats de l’élection par la voix du ministre des affaires étrangères Sergeï Lavrov. Il a déclaré mardi 28 octobre que la Russie reconnaitrait la validité des élections présidentielles et législatives organisées le 2 novembre par les séparatistes dans les régions orientales de Lugansk et Donetsk. Le secrétaire d’Etat américain John Kerry a qualifié les déclarations de M. Lavrov de « violation claire des engagements pris par la Russie et les séparatistes lors des accords de Minsk ».

Des négociations entre Ukrainiens, Russes et Européen organisées à Bruxelles ont abouti jeudi 30 octobre à un accord. Les pourparlers avaient pour objectif la résolution du conflit gazier qui menaçait d’affecter l’approvisionnement de l’Europe. Kiev devra payer à Moscou des arriérés de dette pour un total de 3,1 milliards de dollars tandis que la reprise des livraisons de gaz russe semble assurée. Le payement de cette somme par Kiev a été rendu possible par un prêt du FMI et de l’Union européenne. Le président Petro Porochenko a rédigé un projet fixant l’objectif d’une candidature d’adhésion à l’Union européenne d’ici 2020.

Invités

Sylvie KAUFFMANN, directrice éditoriale au Monde

Michaela WIEGEL, correspondante à Paris de la Frankfurter Allgemeine Zeitung

Jean-Louis BOURLANGES, professeur à l’Institut d’études politiques de Paris

Thierry PECH, directeur général de la fondation Terra Nova

Brèves

Paul GUERMONPREZ, Les drones débarquent! (FYP, 2014)

Philippe REINHARD, La guerre des droites (First, 2014)

Valéry GISCARD D'ESTAING, Europa (Xo, 2014)

Nicolas TRUONG, Projet Luciole au théâtre Montfort à Paris du 4 au 22 novembre 2014

Jacques SEREYS, Si Guitry m'était conté au studio théâtre de la Comédie-Française du 4 octobre au 2 novembre 2014 et au théâtre Montparnasse du 7 novembre au 21 décembre 2014

Naomi KAWASE, Still the water

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