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Manifestation pro-Erdogan après l'échec du coup d'Etat de juillet 2016

L'état de la gauche // La Turquie

59 min
À retrouver dans l'émission

Plusieurs personnalités politiques de gauche ont affiché leur ambition présidentielle // La Turquie a lancé des opérations terrestres en Syrie dans un contexte de purges résultant du putsch manqué de juillet dernier.

Manifestation pro-Erdogan après l'échec du coup d'Etat de juillet 2016
Manifestation pro-Erdogan après l'échec du coup d'Etat de juillet 2016 Crédits : Yasin Akgul - AFP

L’ÉTAT DE LA GAUCHE

Après l’annonce, mi-juin, de l’annulation de l’Université d’été du Parti Socialiste, un dirigeant du PS cité par le journal Le Monde a déclaré préférer « une rentrée dispersée » au désordre. Dispersée, la rentrée politique l’a été. S’est ajoutée à une opposition interne exacerbée par les mouvements d’opposition à la Loi Travail, la candidature des anciens ministres « frondeurs » Benoît Hamon et Arnaud Montebourg, qui viennent grossir le nombre des prétendants socialistes, qu’ils soient ou non décidés à passer par la case « primaires ».

La position de François Hollande paraît toujours fragile. Selon le sondage TNS Sofres-One, réalisé du 2 au 5 septembre pour Le Figaro et LCI, le président arriverait en quatrième position au premier tour avec 11% des intentions de vote face à Jean-Luc Mélenchon, François Bayrou, Nicolas Sarkozy, Marine Le Pen et Emmanuel Macron. Ce dernier, démissionnaire en août, entend « se consacrer entièrement à son mouvement politique, En Marche ! », lancé au printemps 2016, et affirme vouloir « reprendre sa liberté pour continuer à construire une nouvelle offre politique. »

L’ancien ministre de l’économie devancerait le Président dans tous les cas de figure. Il est donné à 16% des intentions de vote dans le sondage TNS, sondage qui estime la gauche éliminée au premier tour quels que soient les candidats. François Hollande, qui annoncera ou non sa candidature en décembre, a affirmé lors de son discours du 8 septembre salle Wagram son intention de veiller à « l’image de la France (…) lors des prochains mois ou des prochaines années. »

224 jours avant le premier tour des élections présidentielles du 23 avril 2017, l’état de la gauche en France n’a plus rien de commun avec sa situation il y a quatre ans. Le PS a perdu toutes les élections intermédiaires depuis l’élection présidentielle de 2012 et le Premier ministre a dû recourir par deux fois à l’article 49.3 de la Constitution – bien qu’il dispose théoriquement d’une majorité à l’Assemblée.

L’unanimité de la critique du PS à l’extrême gauche n’implique pas pour autant son unité. Présentant la Fête de l’Huma, Pierre Laurent a déclaré ne pas exclure une candidature commune avec la gauche du PS ; bien que le Front de gauche ait renoncé à être présent à la fête et malgré les dissensions entre ce mouvement et le Parti de gauche. Un appel à se rassembler derrière la candidature de Jean-Luc Mélenchon a néanmoins été lancé par Patrice Cohen-Seat et des élus du PCF, intitulé « En 2017, faisons Front commun ».

LA TURQUIE

Dans le nord de la Syrie, l’armée turque a lancé le 24 août une offensive baptisée « Bouclier de l’Euphrate contre le groupe Etat Islamique et les troupes kurdes du PKK et du YPG. Cette opération met un terme à une période de plus deux ans qui avait vu Ankara se tenir à distance des affrontements entre les multiples belligérants du conflit syrien. Le président Erdogan a présenté cette action comme une réponse « aux activités terroristes en cours à ou près de nos frontières » alors que la Turquie est la cible d’une vague d’attentats attribués alternativement à Daesh et au PKK.

Ce basculement intervient un mois après l’échec de la tentative de coup d’État militaire du 15 juillet qui s’était soldé par 350 morts et un millier de blessés. Attribué par le gouvernement turc à l’imam en exil Fethullah Gülen, ancien allié du parti au pouvoir AKP, ce putsch manqué a déclenché une vague de purges à travers l’ensemble de la société turque. Cette répression toujours en cours s’est traduite par la détention de plus de 40.000 personnes, la suspension de dizaines de milliers de fonctionnaires et la fermeture de milliers d’associations, entreprises et institutions éducatives. Un rapport d’Amnesty International fait état de cas de tortures perpétrés dans le cadre de l’état d’urgence décrété pour une durée de trois mois.

Ces évènements ont ravivé les tensions entre la Turquie et ses alliés de l’OTAN. Le président Erdogan a exigé jusqu’ici en vain l’extradition par les Etats-Unis de Fethullah Gülen et déploré des condamnations trop tièdes du putsch par les pays occidentaux, allant jusqu’à affirmer qu’ils avaient « pris le parti des putschistes et des terroristes ».

Le G20 de Hanghzou clôturé le 5 septembre a été l’occasion d’échanges plus cordiaux : Ankara a annoncé son intention de respecter l’accord sur l’immigration signé avec l’Union européenne en mars dernier et affirmé que le rétablissement de la peine de mort, un temps évoqué après la tentative de coup d’État, « n’était pas à l’agenda ». Une rencontre entre Barack Obama et Recep Tayyip Erdogan a amorcé une détente entre les deux chefs d’État, le président américain s’étant engagé à poursuivre en justice les individus impliqués dans le putsch, l’extradition de l’imam Gülen demeurant suspendue à la communication de preuves tangibles par la Turquie. Le sommet international a été également l’occasion de la deuxième rencontre en moins d’un mois entre le président Erdogan et son homologue russe Vladimir Poutine. Ce rapprochement intervient après des mois de fortes tensions consécutives à la destruction fin 2015 d’un bombardier russe par l’armée turque dans la zone frontalière turco-syrienne.

A PROPOS DE ABÉCÉDAIRE DE L'INDICIBLE

A l’égard de ceux qui ont perdu un proche dans les attentats de 2015 et 2016, la compassion n’est pas seulement un impératif moral, c’est un besoin intime, le besoin que nous ressentons de prendre notre part de ces évènements, de ne pas les laisser supporter par ceux-là seuls qui les ont subis. Quelle est cette part ? Comment la prendre ?

Georges Salines est de ceux qui ont basculé dans un autre monde le soir où il a appris que sa fille Lola ne reviendrait pas du Bataclan. Il a basculé dans un autre monde, mais il est resté dans le nôtre. Il s’est fait passeur ; plus précisément, il a écrit une passerelle entre ces deux mondes sous la forme d’un abécédaire : L’Indicible de A à Z aux éditions du Seuil. D’Absurde à Zoo, d’Ironie à Religion, de Psy à Médias, c’est une invitation au voyage entre ces deux mondes, une invitation à accompagner dans ses allers-retours entre la vie devant soi et la vie arrêtée le père de Lola qui dansait au Bataclan et qui repose à la division 62 au cimetière du Père-Lachaise. Le parti qu’a pris Georges Salines de ne rien abandonner ni au chagrin, ni à la colère, ni à la sidération, ni à la fatalité, ni au malheur, ni même à la littérature donne à ce partage quelque chose qu’on peut appeler le style, la tenue, la probité, la justesse, quelque chose qui nous institue dans le monde de l'indicible, puisque autrefois on donna le nom d'instituteurs à ceux qui étaient chargés d'instituer, d'établir leurs élèves dans le monde de la connaissance.

Brèves

Philippe MEYER : L'Indicible de A à Z, de Georges Salines (Seuil, septembre 2016)

François BUJON DE L'ESTANG : Le Fracas du Temps, de Julian Barnes (Mercure de France, Avril 2016)

Jean-Louis BOURLANGES : L'Arabe du futur, de Riad Sattouf (Allary Editions, mai 2014)

Thierry PECH : Éloge du compromis, de Henri Weber (Plon, septembre 2016)

Michaela WIEGEL : L'Agonie de la France, de Manuel Chaves Nogales (Gallimard, novembre 2013)

Intervenants
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