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L’euro fort et l’action de la Banque centrale européenne - Les élections européennes

58 min
À retrouver dans l'émission

L’euro fort et l’action de la Banque centrale européenne

Le conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne s’est réuni jeudi à Bruxelles. Il a maintenu son taux directeur à 0,25% mais son président Mario Draghi a laissé entrevoir un assouplissement de la politique monétaire, en juin prochain. De nombreuses voix avaient appelé la Banque centrale à agir sans attendre : celles du Fonds monétaire international ou de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Manuel Valls avait mis en cause le niveau trop élevé de l’euro dans son discours de politique générale du 8 avril dernier. Dans un entretien aux Echos paru le 17 avril, Arnaud Montebourg déclarait « Il faut baisser l'euro » et il ajoutait « d'ailleurs, la BCE ne respecte pas son mandat selon lequel l'inflation doit être proche de 2 %». La semaine dernière, Manuel Valls a réitéré son offensive en faveur d’« une politique monétaire plus active (…) au niveau européen ». La chancelière allemande Angela Merkel lui a répondu cette semaine par la voix de son porte-parole que « le cours de l'euro n'est pas du ressort des politiciens nationaux » et que « la Banque centrale européenne (…) agit de manière indépendante (…) et n'a pas de conseils à recevoir sur ce qu'elle doit faire. » Le Président de la Banque centrale lui a emboîté le pas jeudi : il a exprimé sa « reconnaissance » pour « tous ces avis » mais il a rappelé que cette indépendance était le gage de la crédibilité de l’institution.

Mario Draghi a néanmoins indiqué que le conseil des gouverneurs était « unanime » pour « ne pas se résigner à avoir une inflation faible pendant trop longtemps ». En effet, l’inflation en Europe reste très basse. Elle s’établit en avril à 0,7%, après 0,5% en mars – en légère hausse donc. L’inflation est ralentie par l’euro fort qui diminue le coût des produits importés. L’euro fort ralentit aussi la reprise en renchérissant les exportations. Mario Draghi a ajouté que « l'appréciation de l'euro dans un contexte de faible inflation est une préoccupation majeure ». Dans les minutes qui ont suivi cette déclaration, l’euro est repassé sous le seuil de 1,39 dollar. La perspective d’une action de la Banque centrale a aussi provoqué une baisse des taux d’emprunt de l’Espagne et de l’Italie, à moins de 3%. Les taux français sont tombés à 1,89%, leur plus bas niveau depuis un an. La bourse de Paris a bondi au niveau historique de 4.507 points.

Selon Patrick Artus, l’économiste en chef de Natixis, « la BCE n’a pas d’instrument efficace pour faire baisser l’euro ». La force de la monnaie commune s’explique notamment par l’excédent commercial de la zone euro, de très loin le plus important du monde. Pour l'économiste Agnès Bénassy-Quéré, « l'euro n'est pas surévalué ».

Les élections européennes

Les élections européennes se tiendront du 22 au 25 mai dans les 28 Etats membres de l’Union. C’est une première pour la Croatie qui a intégré la communauté l’année dernière. Cette élection permettra aux citoyens européens non seulement de choisir leurs 766 députés, dont 74 Français, mais aussi, et pour la première fois, de désigner indirectement le président de la Commission européenne. En application du Traité de Lisbonne, le Conseil européen, composé des chefs d’Etats et de gouvernement, devra prendre en compte les résultats des élections dans la désignation du successeur de José Manuel Barroso. Le Parlement devra ensuite confirmer cette nomination par un vote à la majorité absolue. Les principaux partis européens se sont donnés des têtes de liste pour mener leur campagne et prétendre à la présidence de la Commission : l’Allemand Martin Schultz pour le Parti socialiste européen, le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker pour le Parti populaire européen, le Grec Alexis Tsipras pour la Gauche unitaire européenne, le Belge Guy Verhofstadt pour l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe, et l’Allemande Ska Keller avec le Français José Bové pour les écologistes. Angela Merkel s’est opposée à cette interprétation du Traité. En octobre dernier, elle déclarait ne voir « aucune automaticité entre ceux qui seront les têtes de listes » et le candidat choisi par le Conseil européen. Malgré l’enjeu du contrôle de la Commission, l’abstention s’annonce forte. L’Ifop l’estime à 60% en France. Depuis 1979, le taux d’abstention ne cesse de croître dans l’Union. En 2009, il avait atteint 56,5%, et 59 ,5% en France.

D’après un sondage PollWatch du 7 mai, le Parti populaire européen (PPE) conserve un avantage de 11 sièges sur son principal concurrent, le Parti socialiste européen (PSE). La campagne laisse présager une montée historique des partis protestataires. La France et la République tchèque sont les pays où les eurosceptiques arrivent en tête des sondages. Une cinquantaine d’élus souverainistes supplémentaires pourraient rejoindre le Parlement européen, où ils sont environ 150 d’aujourd’hui. Les partis comme « Ukip » au Royaume-Uni et la « Grande Roumanie » avaient déjà obtenu des scores importants en 2009. Il faut cette année compter avec de nouvelles formations eurosceptiques : le « Mouvement cinq étoiles » de l’Italien Beppe Grillo, ou le parti allemand « Alternativ für Deutschland ». En France, un sondage Harris-Interactive place le Front national en tête avec 22% des sièges, l’UMP en deuxième position avec 21%, et le Parti socialiste à la troisième place avec 17%. L’institut donne 9% à Europe Ecologie-Les Verts ainsi qu’à l’Alternative MoDem-UDI, et 8% au Front de gauche. Dans une tribune publiée le 8 mai dans le journal Le Monde, François Hollande a encouragé les électeurs français à voter et il a rappelé son engagement résolu en faveur d’une « Europe du progrès ».

Invités

Jean-Louis BOURLANGES, professeur à l'Institut d'Etudes Politiques de Paris

Eric LE BOUCHER, éditorialiste aux Echos et co-fondateur de Slate.fr

Max GALLO, romancier et historien

Thierry PECH, directeur général de la Fondation Terra Nova

Brèves

Pascal LAMY, Quand la France s'éveillera (Odile Jacob, mars 2013)

Michel WINOCK, Les Derniers Feux de la Belle Epoque , Chronique culturelle d'une avant-guerre (1913-1914) (Seuil, mai 2014)

Dominique SCHNAPPER, L'esprit démocratique des lois (Gallimard, février 2014)

Nicolas VERON, Institut Bruegel : "Is losing Asltom really a symbol of France's relative decline ?"

http://www.bruegel.org/nc/blog/detail/article/1321-is-losing-alstom-really-a-symbol-of-frances-relative-decline/

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