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L'intervention en Syrie

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À retrouver dans l'émission

Emission spéciale en direct du Palais de Tokyo.

L'intervention en Syrie

Le 21 août dernier, dans la banlieue de Damas, une attaque chimique a frappé simultanément deux quartiers tenus par les rebelles, tuant plusieurs centaines de civils. Après deux ans d’affrontements qui ont déjà causé la mort de 110 000 Syriens et le déplacement de deux millions d’entre eux, Bachar Al Assad continue d’affirmer combattre des terroristes et des agents étrangers il s’appuie sur l’Iran et le Hezbollah qui lui fournissent hommes et matériel et sur la Russie qui l’approvisionne en armes. La coalition hétéroclite, décidée à renverser le régime baasiste, reçoit le soutien matériel des monarchies sunnites du Golfe et des Occidentaux. Le pays est traversé par les antagonismes entre chiites et sunnites, et la rébellion est divisée entre libéraux, nationalistes arabes, Frère musulmans, djihadistes proches d’Al Qaida et milices autonomes.

Les deux camps ont commis des atrocités et le sort de la population est d’autant plus inquiétant qu’il y a dans le pays un stock d’armes chimiques considérable. Depuis quelques mois, les gaz de combat, bannis par la convention de Genève depuis 1925, sont ponctuellement employés. Régime et rebelles s’en accusent mutuellement. Le président Obama ayant déclaré que l’usage d’armes chimiques serait une ligne rouge, l’attaque massive du 21 août a déterminé les Occidentaux à envisager d’intervenir.

Face aux accusations de manipulations, après le précédent iraquien de 2003, Washington, Londres et Paris ont présenté un ensemble d’indices concordants prouvant à leurs yeux la responsabilité d’un régime qu’ils entendent « punir ». La Constitution dispense le président français de l’accord du Parlement pour déclencher une opération militaire, même si de nombreuses voix ont réclamé un vote, notamment après que la Chambre des communes a refusé à David Cameron d’engager les forces britanniques. Barack Obama, sans y être obligé, a saisi le Congrès qui se prononcera dans les jours prochains. Il a ainsi placé ses alliés dans l’expectative. François Hollande a annoncé vendredi qu’il attendrait la publication du rapport des inspecteurs de l’ONU sur l’usage des armes chimiques avant d’agir. Les dirigeants européens, réunis hier à Vilnius, se sont accordés en faveur d’une intervention mandatée par l’ONU et une fois la responsabilité du régime syrien formellement prouvée.

Washington et Paris ont derrière eux une coalition réduite, qui compte la Turquie et l’Arabie saoudite, voisins immédiats de la Syrie. Cette alliance fait face à une vigoureuse opposition russe, à un moment où les relations diplomatiques entre Moscou et Washington sont très tendues. Bachar Al Assad, dont l’armée est bien équipée, s’est dit prêt à une riposte et a menacé la région d’une déstabilisation, qui touche déjà le Liban où les attentats se succèdent. Enfin, les Occidentaux doivent définir leurs buts de guerre : frapper symboliquement le régime ou l’affaiblir par une campagne de plusieurs mois, pour renverser le rapport de force au profit des rebelles.

Brèves

Daniel Carton, A la Grâce, mars 2013, Fayard

Frédéric Bozo, Histoire secrète de la crise irakienne, La France, les Etats-Unis et l'Irak, 1991-2003, septembre 2013, Perrin Galeazzo Ciano, Journal, 1939-1943, Payot

Gilles Andréani et Pierre Hassner, Justifier la guerre ? De l'humanitaire au contre-terrorisme, juillet 2013, Presses de Sciences po

Michael Kohlhaas, réalisé par Arnaud des Pallières, août 2013

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