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L'intervention française au Mali - Le chômage en France

59 min
À retrouver dans l'émission

Emission en direct et en public du Studio 105

L’intervention française au Mali :

Le 2 février, le président de la République et les ministres français des Affaires étrangères et de la Défense ont été reçus par le président malien Dioncounda Traoré à Tombouctou puis Bamako. Tombouctou, Gao et Kidal, grandes villes du nord, ont été reprises par les forces françaises et maliennes aux djihadistes d’Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi) et du mouvement Ansar Dine, marquant le succès de la première étape de l’opération Serval. « Le combat n'est pas terminé » précisait le président français, « il faut continuer et nous serons jusqu'au bout à vos côtés (…). Mais nous partirons ». Mardi, le ministre des affaires étrangères, Laurent Fabius, annonçait « qu'à partir de mars, le nombre de troupes françaises devrait diminuer », plaidant pour un transfert progressif des « responsabilités militaires [françaises] aux forces africaines et aux forces maliennes qui sont en voie de reconstitution ». « Nous sommes aujourd'hui au format maximum, nous n'irons jamais au-delà de 4.000 [soldats français] mais on pourra commencer à diminuer dès que le relais se fera », précisait mercredi matin Jean-Yves Le Drian, ministre de la défense.

Après avoir pris jeudi soir le contrôle d’Aguelhok, les soldats français et tchadiens sont entrés vendredi à Tessalit, dans l’extrême nord-est du pays, à moins de 90 km de la frontière algérienne. Cette région est la cible depuis plusieurs jours de frappes aériennes françaises, visant des dépôts logistiques et des centres d’entraînement des islamistes. Ces derniers sont remontés dans le massif des Ifoghas où seraient détenus les sept otages français enlevés en 2011 et 2012. Vendredi, un attentat suicide revendiqué par le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao) a été perpétré à Gao. « Je ne pense pas que l'intervention française soit terminée avec la libération des principales villes du nord du Mali, soulignait le chef de l'Etat nigérien Mahamadou Issoufou, le 2 février. Le problème n'est pas réglé car l'objectif de cette guerre, pour nous, n'est pas seulement de libérer cette zone, mais de débarrasser l'ensemble du Sahel des criminels. ».

La mission européenne de formation de l’armée malienne sera déployée dès mardi prochain à Koulikoro pour former 4 bataillons de 650 soldats pendant 15 mois. Sur les 5.800 hommes prévus par la force militaire africaine (Misma) des pays d’Afrique de l’Ouest (Cédéao), 2.000 soldats sont jusqu'ici arrivés au Mali. Mercredi, la France a demandé au Conseil de sécurité des Nations unis de préparer l'envoi d'une force de maintien de la paix au Mali une fois les opérations militaires terminées. « La stabilité à long terme du Mali et la mise en place d'un gouvernement représentatif ne requerra pas seulement les efforts des États-Unis et de la France, mais l'implication des pays de la région et au-delà, ainsi que des institutions internationales » commentait le vice-président américain Joe Biden mardi dans Le Monde . Le 29 janvier, M. Traoré annonçait la tenue d’une élection présidentielle au Mali avant le 31 juillet 2013.

Le chômage en France :

Le 31 janvier, la direction du groupe américain de fabrication de pneus Goodyear a annoncé la fermeture de l’usine d’Amiens-Nord, qui emploie 1.173 salariés. Jeudi, le Ministre du redressement productif Arnaud Montebourg a annoncé que le gouvernement soutenait l’offre de reprise par un groupe égyptien de la raffinerie Petroplus, en liquidation judiciaire depuis octobre et qui emploie 470 salariés. La direction de Renault a annoncé mi-janvier la suppression de 7.500 postes en France d’ici à 2016. Depuis l’automne, la direction du groupe PSA Peugeot-Citroën négocie avec les organisations syndicales l’accompagnement d’un plan social qui prévoit 8.000 suppressions de postes et la fermeture en 2014 de l’usine d’Aulnay-sous-Bois, qui emploie 1.250 salariés. Au lendemain de l’annonce d’une dépréciation d’actifs de 4,7 milliards d’euros par le groupe, le ministre délégué au budget Jérôme Cahuzac a déclaré vendredi qu’une entrée de l’Etat au capital de l’entreprise était « possible », avant que le ministre de l’économie et des finances Pierre Moscovici ne précise que « la participation de l’Etat au capital de PSA n’[était] pas à l’ordre du jour ». Le délitement du tissu industriel s’est accéléré en 2012, touchant les grands groupes comme les PME. En 2012, 266 fermetures d’usines de plus de 10 salariés ont été recensées, soit 42% de plus qu’en 2011. 24.000 emplois ont été supprimés dans l’industrie manufacturière, ce qui porte à plus de 120.000 le nombre de suppression de postes dans ce secteur depuis janvier 2009. Les secteurs les plus touchés sont l’automobile (plus de 12.000 suppressions d’emploi en 2012), la pharmacie, les industries du meuble et l’imprimerie.

Fin 2012, le nombre total de chômeurs (toutes catégories confondues) s’élevait à plus de 4 millions cinq cent mille personnes en France métropolitaine, soit plus de 10% de la population active. En un an, le nombre de demandeurs d’emplois a augmenté de 10%. Le taux de chômage des jeunes de moins de 25 ans s’élève à 24,2%.

Le 22 janvier, la Cour des comptes a publié un rapport sur l’efficacité des politiques de l’emploi. « Si le régime [de l’assurance-chômage] a bien joué son rôle de maintien du revenu des demandeurs d’emploi, il voit désormais son efficacité se dégrader et son équité se fragiliser », dénonce le rapport. L’Unédic, l’organisme qui gère l’assurance-chômage, cumulait en 2012 un déficit de 13,7 milliards d’euros, et devrait perdre 5 milliards supplémentaires en 2013. La Cour note que le système « couvre les salariés précaires mais réserve aussi le plus haut niveau de protection aux salariés les mieux insérés dans l’emploi », et juge les indemnités insuffisamment dégressives. Le ministre du travail Michel Sapin a réagi en déclarant qu’il faudrait « prendre des mesures sur les indemnités chômage », rappelant qu’il revenait aux partenaires sociaux de négocier la nouvelle convention de l’assurance-chômage. Lundi, Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT déclarait : « Le vrai problème, c’est le chômage. Ce n’est pas vraiment le moment de réduire les indemnités ».

Invités :

Jean-Louis BOURLANGES, professeur à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris

Max GALLO, romancier et historien

Marc-Olivier PADIS, directeur de la rédaction de la revue Esprit

Thierry PECH, directeur de la rédaction d’Alternatives économiques

Brèves :

  • Honoré d’Estiennes d’Orves, Je ne songe qu’à vivre. Carnets de voyages inédits 1923 - 1933 , textes choisis et présentés par Etienne de Montety (Arthaud, 2013)

  • Michel Vergé-Franceschi, Marseille, histoire et dictionnaire (Robert Laffont, coll. Bouquins, 2013)

  • Lincoln , de Steven Spielberg, en ce moment en salles

  • Bernard Vincent, Lincoln, l’homme qui sauva les Etats-Unis (L’Archipel, 2009)

  • Jean-Joseph Boillot et Stanislas Dembinski, Chindiafrique. La Chine, l’Inde et l’Afrique feront le monde de demain (Odile Jacob, 2013)

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