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L'intervention française au Mali - Le projet de loi sur le mariage

59 min
À retrouver dans l'émission

L’intervention française au Mali :

Le 11 janvier, la France a déclenché au nord du Mali une riposte à l'offensive menée la veille par la coalition des groupes armés islamistes sur Konna, une localité située derrière la ligne de partition informelle entre le Nord, occupé par les islamistes depuis dix mois, et le Sud du pays, contrôlé par le gouvernement de Bamako. L’opération, baptisée « Serval », vise à stopper l’avancée des groupes islamistes - le Mouvement pour l’unicité et le djihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi) et Ansar Eddine - qui avaient uni leurs forces pour une offensive coordonnée vers le Sud du pays. « Cette décision était nécessaire », déclarait mercredi François Hollande, « si je ne l’avais pas prise, il serait trop tard. Le Mali aurait été conquis entièrement et les islamistes seraient en position de force ». La semaine dernière, le président français précisait que sa décision répondait « à la demande d’aide du président (…) [Dioncounda Traoré], appuyée par les pays africains de l’Ouest. »

Les combats se poursuivent sur le terrain, « au sol et par voie aérienne », a déclaré jeudi le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian. L’opération mobilise 1.400 militaires français dont 800 directement engagés au Mali. Un soldat français, originaire du 4ème Régiment d'hélicoptères de combat, est mort le premier jour des opérations. Mercredi, des membres des forces spéciales françaises ont combattu au sol des djihadistes à Diabaly, ville située à 400 km au nord de Bamako et conquise lundi par les islamistes.

François Hollande s'est félicité que « l'action de la France soit saluée par l'ensemble de la communauté internationale et les pays africains ». Le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius a rappellé que « la France n’a[vait] pas vocation à rester seule aux côtés du Mali ». Le Conseil de sécurité de l’ONU s’est réuni à la demande de la France. Son représentant permanent a souligné que l’opération s’inscrivait dans le respect de la légalité internationale et permettait l’accélération du calendrier prévu par la résolution 2085 qui autorise pour un an le déploiement au Mali d’une force africaine. Le Tchad a annoncé jeudi l’envoi d’un régiment d'infanterie et de deux bataillons d'appui, soit 2.000 hommes. Le Nigeria, le Niger, le Burkina, le Togo et le Bénin ont promis chacun 600 hommes. « Les Etats-Unis apporteront une aide en matière de logistique et de renseignement », a assuré le porte-parole de la Maison Blanche. Les ministres des affaires étrangères européens ont approuvé la mission de l'UE destinée à former et à réorganiser l'armée malienne qui débutera en février.

Mercredi, un groupe d’Aqmi a attaqué le site gazier d’In Amenas, au sud-est de l’Algérie, près de la frontière libyenne. 150 Algériens et 41 étrangers ont été pris en otage par le groupe islamiste qui déclare avoir agi « en réaction à l’ingérence flagrante de l’Algérie autorisant l’usage de son espace aérien par l’aviation française pour mener des raids contre le nord du Mali ». Jeudi, l’armée algérienne a lancé l’assaut sur le site, par voie aérienne. Plusieurs otages et assaillants ont été tués au cours de l’intervention.

Le projet de loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe :

Adopté en Conseil des ministres le 7 novembre dernier, le projet de loi présenté par Mme Taubira, Garde des Sceaux, ouvre le mariage aux couples de personnes de même sexe et prévoit pour eux les mêmes possibilités d’adoption que pour les couples hétérosexuels. Les mariages entre deux personnes de même sexe célébrés à l’étranger pourraient également être reconnus. Le projet comprend des dispositions d’adaptation, notamment en ce qui concerne la détermination du nom de l’enfant adopté, et de nombreuses dispositions de coordination dans les différents codes. Il propose de remplacer lorsque cela est nécessaire les mots « père et mère » par le mot « parent », et les mots « maris et femmes » par le mot « époux ». La semaine dernière, le président du groupe socialiste à l’Assemblée Nationale Bruno Le Roux a annoncé que la majorité ne déposerait pas d’amendement proposant d’ouvrir la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de femmes. Il a précisé que le gouvernement s’était engagé à proposer un autre projet de loi « sur la famille » au mois de mars, qui serait « débattu en première lecture à l’Assemblée avant l’été ».

Dimanche dernier, entre 340.000 personnes, selon la Préfecture de police, et un million, selon les organisateurs, ont défilé dans Paris contre le projet de loi, à l’appel du collectif « La manif pour tous ». L’Elysée a réagi le soir même dans un communiqué, évoquant une manifestation « consistante », mais qui « ne modifi[ait] pas la volonté du gouvernement d’avoir un débat au Parlement pour permettre le vote de la loi ». Lundi, Alain Juppé a mis en garde contre « l’entêtement » du gouvernement, craignant que ce dernier ne soit en train de « créer les conditions d’une profonde division de la société française ».

Le projet de loi sera débattu en séance publique à l’Assemblée à partir du 29 janvier. Christian Jacob, président du groupe UMP, a annoncé lundi qu’il « déposerait une motion référendaire au cours de l’examen du texte ». « Je pense que le référendum serait une sortie politique et éthique par le haut pour François Hollande. Le référendum signifie aussi un débat national, ce qui fait justement cruellement défaut », a-t-il affirmé. L’« appel à une consultation populaire » lancé par Henri Guaino le 10 janvier a été signé par 88 députés de droite et du centre et par 27 sénateurs. « La constitution précise les domaines dans lesquels un référendum est possible, et là, ça n’est pas le cas », affirmait dimanche soir sur TF1 Mme Taubira. L’article 11 de la Constitution indique que le Président de la République « peut soumettre au référendum tout projet de loi portant sur les réformes relatives à la politique économique, sociale ou environnementale de la nation et aux services publics qui y concourent (…). ».

Invités :

Sylvie KAUFFMANN, directrice éditoriale au Monde

Jean-Louis BOURLANGES, professeur à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris

Max GALLO, romancier et historien

Thierry PECH, directeur de la rédaction d’Alternatives économiques

Brèves :

  • Le monde en 2030 vu par la CIA , rapport du National Intelligence Council, préface de Flore Vasseur (Editions des Equateurs, à paraître le 31 janvier 2013)

  • Olivier Wieviorka, Histoire de la Résistance, 1940-1945 (Perrin, 2013)

  • Père Michel Viot, De Luther à Benoît XVI (Editions de l’Homme Nouveau, 2011)

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