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L'intervention télévisée de Nicolas Sarkozy - Le Conseil européen et la Grèce

58 min
À retrouver dans l'émission

Emission en direct et en public du Théâtre du Vieux-Colombier

au Théâtre du Vieux-Colombier
au Théâtre du Vieux-Colombier Crédits : Radio France

L’intervention télévisée de Nicolas Sarkozy :

Dimanche dernier, Nicolas Sarkozy a présenté, au cours d’une intervention télévisée suivie par 16,5 millions de téléspectateurs, une série de mesures destinées à relancer l’économie. Afin d’améliorer la compétitivité des entreprises, le chef de l’Etat a annoncé une baisse des cotisations patronales sur la famille, d’un montant de 13 milliards d’euros. L’allègement sera total pour les salaires compris entre 1,6 et 2,1 SMIC, et partiel pour ceux compris entre 2,1 et 2,4 SMIC. Cette baisse sera compensée par une augmentation de 1,6 points du taux « normal » de la TVA, qui passera de 19,6 à 21,2 %, ainsi que par une hausse de 2 points du taux de la CSG sur les revenus financiers. Selon M. Sarkozy, cette mesure concernerait « 97% des effectifs de l’agriculture, 82% des effectifs de l’automobile et les deux tiers de l’industrie ». La mise en place du dispositif est prévue en deux temps : application rapide de la baisse des charges patronales, puis augmentation de la TVA au 1er octobre. Lundi, François Hollande déclarait que, s’il était élu, il annulerait cette hausse « inopportune, injuste, infondée et improvisée ». Pour François Bayrou, il s’agit d’une « mesure de dernière minute qui n’aura aucun effet sur le coût du travail ».

M. Sarkozy a confirmé une mesure, évoquée au cours du sommet social du 18 janvier, consistant à autoriser chaque entreprise à signer avec les représentants du personnel des accords permettant de déroger à la durée légale du travail, en échange d’engagements sur le maintien des effectifs. Le relèvement à 5% du quota de jeunes en apprentissage dans les entreprises de plus de 250 salariés a également été annoncé, ainsi que la création, dès février, d’une banque de l’Industrie, dotée d’un milliard d’euros de fonds propres. Justifiant cette série de décisions, le Président s’est référé à l’Allemagne : « L’économie allemande, a-t-il expliqué, a fait le choix de privilégier l’emploi, l’emploi, l’emploi ». Le taux de chômage selon l’OCDE était fin novembre 2011 de 9,8% en France, et de 5,5% en Allemagne. Le chef de l’Etat a également fait part de la mise en œuvre d’une taxe de 0,1% sur les transactions financières à compter du 1er août. Sur le logement enfin, il a affirmé que « tout terrain, toute maison, tout immeuble verra sa possibilité de construction augmenter de 30% ».

Lundi, François Fillon détaillait le calendrier d’application de ces réformes, annonçant que l’ensemble d’entre elles serait à l’ordre du jour du prochain Conseil des ministres le 8 février. La plupart est contenue dans un projet de loi de finances rectificatif qui prendra en compte la révision à la baisse, des prévisions de croissance du gouvernement pour 2012 : 0,5 et non plus 1%. François Fillon a adressé un courrier aux organisations patronales et syndicales leur demandant d’engager la négociation sur les accords de compétitivité « pour qu’elle aboutisse dans les deux mois ».

Enfin, sur la question de l’annonce de sa candidature à la prochaine élection présidentielle, le chef de l’Etat déclarait dimanche : « J’ai un rendez-vous avec les Français. Je ne me déroberai pas et franchement, ça approche ».

Le Conseil européen et la Grèce :

Les chefs d'Etat et de gouvernement des vingt-sept pays de l’Union européenne se sont réunis lundi à Bruxelles pour mettre au point le pacte budgétaire, qui avait été proposé par l’Allemagne et la France. L’accent a été mis, dans les discours, sur les nécessaires contreparties à la rigueur, en termes de croissance et d’emploi. Seul le Royaume-Uni et, de manière plus inattendue, la République tchèque ont refusé de signer ce traité, ce dernier pays évoquant des difficultés d’ordre « constitutionnel ». L’objectif affiché était d’entretenir l'accalmie qui règne depuis 2012 sur les marchés, par la démonstration d’une volonté politique européenne pérenne. Un renforcement de la discipline budgétaire européenne a donc été entériné avec l’inscription de la « règle d’or » d’équilibre budgétaire dans les constitutions des pays signataires. Le principe de sanctions quasi-automatiques en cas de déficit excessif, a été accepté. La Cour de justice de l'Union européenne pourra donc infliger des amendes à hauteur de 0,1 % du produit intérieur brut aux pays récalcitrants. Le compromis devrait être signé le 1er mars, par les vingt-cinq pays, avant d’entamer le processus de sa ratification. A l’issue du sommet, le nouveau président de la banque centrale européenne, Mario Draghi, a voulu saluer l'entrée en vigueur, en juillet, du Mécanisme européen de stabilité (MES). Ce fonds de secours permanent de la zone euro, est destiné à remplacer, à terme, le Fonds européen de stabilité financière (FESF). Les liquidités de la BCE qui ont irrigué les banques depuis le 21 décembre 2011 - 489 milliards d'euros prêtés sur trois ans – ont grandement contribué à endiguer la crise bancaire. Les taux d'intérêt exigés par les marchés pour financer l'Italie, l'Espagne ou la France ont baissé de manière significative. En revanche la situation du Portugal est toujours un facteur de fébrilité sur les marchés. Les rendements des emprunts portugais à dix ans ont atteint 16,58 % lundi, rendement supérieur à celui des titres grecs la veille du deuxième plan d'aide à Athènes. La BCE a dû acheter des titres pour contenir l’enflammée.

Sur la question de la Grèce, « rien de nouveau n’a été décidé », selon le président français. Les négociations entre le pays et ses créanciers se prolongent. Les seconds devraient consentir cent milliards d’euros d’effacement de leurs titres de dette souveraine grecque, pour la ramener à 120% du PIB. La République hellénique doit éviter un défaut le 20 mars, date d'une échéance de 14,4 milliards d'euros, pour laquelle une solution tarde à venir. Une éventuelle participation des créanciers publics, BCE en tête, à la restructuration, demandée par les instituts de crédit privés, est toujours en suspens. Par ailleurs l’idée allemande de désigner un commissaire de la zone euro, chargé de superviser, avec un droit de veto, les comptes du gouvernement grec, a fait l’objet d’un débat animé.

Invités :

Sylvie KAUFFMANN, directrice éditoriale au Monde

Michaela WIEGEL, correspondante à Paris de la Frankfurter Allgemeine Zeitung

Max GALLO, romancier et historien

Eric LE BOUCHER, directeur de la rédaction d’Enjeux-Les Echos, éditorialiste du site Slate.fr

Brèves :

  • Oh les beaux jours , de Samuel Beckett : au Théâtre de la Madeleine jusqu’au 29 mars, mise en scène de Marc Paquien, avec Catherine Frot (tél. 01.42.65.07.09) au Théâtre de la Commune d’Aubervilliers jusqu’au 17 février, mise en scène de Blandine Savetier, avec Yann Collette ( tél. 01.48.33.16.16)

  • Tash Aw, La carte du monde invisible (Robert Lafont, 2012)

  • Gilles Kepel, Quatre-vingt treize (Gallimard, 2012)

  • Exposition à la Pinacothèque de Paris, « Expressionismus & Expressionismi », jusqu’au 11 mars (8 rue Vignon, 75008 Paris)

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