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Manifestant Gilet Jaune lors des manifestations du 1er mai 2019 à Paris / Manifestant pro Juan Guaido, 30 avril 2019, Caracas

Manifestations du 1er mai : un bouquet de contestations ? / Venezuela : la guerre froide réactivée ?

59 min
À retrouver dans l'émission

Analyse politique et géopolitique de la semaine avec le professeur de relations internationales Bertrand Badie, la journaliste Sylvie Kauffmann, l'essayiste Philippe Manière et la sociologue Dominique Schnapper.

Manifestant Gilet Jaune lors des manifestations du 1er mai 2019 à Paris / Manifestant pro Juan Guaido, 30 avril 2019, Caracas
Manifestant Gilet Jaune lors des manifestations du 1er mai 2019 à Paris / Manifestant pro Juan Guaido, 30 avril 2019, Caracas Crédits : AC Boujoulat / A. Caballero-Reynolds - AFP

Première partie : Manifestations du 1er mai : un bouquet de contestations ?

En France le 1er mai avait toujours été une histoire de couleurs : rouge en 1889 quand le Congrès de la IIe internationale socialiste avait décidé de faire du 1er mai la journée internationale des travailleurs, avec comme fleur emblématique l’églantine écarlate des ouvriers du Nord. Sous Vichy, le Maréchal Pétain avait opté pour le blanc : imposant le muguet comme fleur du 1er mai et renommant cette journée comme étant celle des Travailleurs ET de la concorde sociale.

Cette année, 1er mai 2019, la couleur du bouquet français avait encore changé : du Jaune, du noir, et du rouge. Les Gilets jaunes qui semblaient mercredi déterminés à vouloir donner le ton – ou la couleur - de la journée avec une envie d’en découdre annoncée depuis plusieurs jours sur les réseaux sociaux qui avait déclenché un maintien de l’ordre particulièrement musclé : ainsi lorsqu’une vague de couleur noire cette fois avait commencé à transpercer le jaune par le milieu de cortège, ce premier black bloc avait à peine eu le temps de se former qu’il avait été mis en échec par les forces de l’ordre, dans une atmosphère pas très rose de grenades, de balles de défense et de rues verrouillées. Derrière le Jaune et le noir, le rituel cortège de ballons rouges et de sono entraînante de la CGT  avait eu bien du mal à se mettre en branle, et Philippe Martinez le secrétaire général du syndicat avait même été contraint de se replier vers une rue adjacente, son service d’ordre s’estimant débordé. Pendant ce temps, la France bleu Marine du Rassemblement National avait choisi l’est de la France et la ville de Metz pour rester à l’écart des éventuels débordements de la capitale laissant le vieux Jean Marie Le Pen se recueillir avec quelques derniers fidèles devant la statue parisienne de Jeanne d’Arc. Sans oublier la polémique sur l'intrusion des Gilets Jaunes dans l'hôpital parisien de la Pitié Salpêtrière, qualifiée de "prise d'assaut" par le Ministre de l'Intérieur notamment. 

En définitive, la palette singulière des couleurs de ce 1er mai 2019 donnait le tableau suivant : violences certes contenues mais à quel prix et jusqu’à quand ? Le bouquet français de ce 1er mai 2019, ne sentait pas très bon….

Deuxième partie : Venezuela : la guerre froide réactivée ?

L’opposant venezuelien Juan Guaido avait donc tenté cette semaine de renforcer la pression sur le Président chaviste Nicolas Maduro lors de manifestations et du soulèvement raté d’un groupe de militaires. Les heurts entre forces de l’ordre et partisans de Guaido avaient fait un mort et 27 blessés à Caracas. 

Des événements qui avaient suscité une nouvelle passe d’armes diplomatique entre Washington et Moscou, les États-Unis soutenant l’opposant Juan Guaido et l’ayant reconnu comme président du pays tandis que la Russie, elle, continuait de soutenir Nicolas Maduro, successeur d’Ugo Chavez. Le 1er mai dernier, les ministres des Affaires étrangères des deux pays, l’Américain Mike Pompeo et le russe Sergueï Lavrov, avaient eu un entretien téléphonique à ce sujet. Sergueï Lavrov avait notamment dénoncé l’influence « destructrice » des États-Unis au Venezuela, ajoutant :  « Cette influence n’a rien à voir avec la démocratie et l’ingérence américaine dans les affaires du Vénézuela est une violation flagrante du droit international. » De son côté, Mike Pompeo avait de nouveau sommé Moscou de « mettre fin à son soutien à Nicolas Maduro » et de rejoindre « le rang des nations qui souhaitent un avenir meilleur pour le pays, dont l’écrasante majorité des pays occidentaux. » On disait aussi que la Russie cette semaine avait demandé à Maduro de tenir bon et de ne pas aller se réfugier à Cuba comme il semblait en avoir eu l’intention. Restait maintenant l’inconnue d’une éventuelle intervention militaires américaine au Venezuela ; elle serait « lourde de conséquences » avait menacé Sergueï Lavrov.

Etrange sentiment de déjà vu, déjà entendu… comme si à l’oreille de Trump et de Poutine soufflaient les fantômes de Reagan et de Brejnev !

Références / conseils de lecture :

  • Leo Löwenthal et Norbert Guterman, Les Prophètes du mensonge. Etude sur l’agitation fasciste aux Etats-Unis, La Découverte
  • Bertrand du Jouvenel, Du pouvoir, Calmann Lévy
  • Christopher Clar, Les Somnambules, Flammarion
  • Musique : La Chica, Oasis
Intervenants
  • professeur des universités à Science Po Paris et enseignant-chercheur associé au Centre d’études et de recherches internationales (CERI).
  • éditorialiste au Monde
  • Président et co-fondateur de la société de conseil Vae Solis Communications
  • sociologue et politologue, directrice d'étude à l'EHESS
L'équipe
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