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Moyens et petits candidats dans la campagne présidentielle - Etat des lieux de la crise européenne

58 min
À retrouver dans l'émission

Moyens et petits candidats dans la campagne présidentielle :

Les derniers sondages réalisés par les instituts BVA, Ipsos et CSA depuis l’entrée en campagne de Nicolas Sarkozy donnent toujours François Hollande en tête des intentions de vote au premier tour de l’élection présidentielle. Ces études le présentent également victorieux s’il était opposé à Nicolas Sarkozy au second tour. Toutefois les écarts qui séparent le candidat socialiste du président sortant varient : le sondage Ipsos présente M. Hollande devançant M. Sarkozy de 7 points (32% contre 25%), tandis que le sondage CSA relève un écart d’un seul point (28% contre 27%). En revanche, toutes les études donnent un écart net entre les deux candidats de tête et les suivants.

En troisième position, Marine Le Pen recueille entre 15 et 17% des intentions de vote, ce qui la place à au moins 9 points derrière M. Sarkozy.

En quatrième position, M. Bayrou recueille entre 11 et 13% des intentions de vote exprimées pour le premier tour. Dimanche dernier, le président du MoDem déclarait : « La partie qui se joue est un jeu à quatre, mais seuls trois peuvent l’emporter », faisant allusion à ses chances de victoire s’il parvenait à atteindre le second tour. Lundi sur TF1, le candidat centriste a rappelé son ambition de promouvoir le « produire en France » face au problème du déficit du commerce extérieur français. Il s’est prononcé pour l’adoption par les couples homosexuels, et le maintien du nombre de postes d’enseignants dans l’Education Nationale. Concernant la proposition faite par le chef de l’Etat d’introduire une dose de proportionnelle aux législatives, il a défendu une « Assemblée réduite », qui passerait de 577 à 400 députés, dont 100 seraient élus à la proportionnelle.

En progression dans toutes les études d’opinion, Jean-Luc Mélenchon arrive en cinquième position, recueillant environs 9% des intentions de vote. Dans une tribune publiée lundi dans Libération, à la veille du vote par l’Assemblée Nationale sur le Mécanisme Européen de Stabilité (MES), il écrivait : « Ceux qui voteront pour le MES enchaîneront notre pays au traité suivant. Dès lors, qui prétend vouloir renégocier demain ce second traité, doit commencer par s’y opposer aujourd’hui et donc par (le) rejeter », arguant également qu’ « aucune politique de gauche n’est possible dans le cadre de ces traités ».

Les autres candidats se situent en dessous de la barre des 5% : Eva Joly recueille environs 3% des intentions de vote, Dominique de Villepin entre 1,5 et 2%, Corinne Lepage et Nicolas Dupont-Aignan entre 0,5 et 1,5%. Nathalie Arthaud et Philippe Poutou se situent en dessous de la barre des 1%. Après le retrait de Frédéric Nihous et l’entrée en campagne de Jacques Cheminade, le nombre de candidats se porte aujourd’hui à treize. Mardi, le Conseil Constitutionnel a annoncé qu’il déboutait la présidente du Front National de sa demande d’établir l’anonymat pour les maires parrainant un candidat à l’Elysée. Le Conseil a jugé que « la publicité ne saurait elle-même méconnaître le principe du pluralisme des courants d’idées et d’opinions. ». Les promesses de signature faites aux candidats et le paraphe du document officiel doit être remis au Conseil Constitutionnel au plus tard le 16 mars.

Etat des lieux de la crise européenne :

Mardi, les Etats de la zone euro ont adopté un second plan de sauvetage de l’économie grecque. Il prévoit une aide supplémentaire de 130 milliards d’euros jusqu’en 2014, dont 40 à 50 milliards serviront à recapitaliser les banques grecques. 104 à 109 milliards d’euros (sur 260) seront également effacés des dettes contractées par Athènes, donnant lieu à des pertes approchant les 70 % pour les créanciers privés qui y ont consenti. Après cette restructuration, la dette totale de la Grèce atteindra 150 milliards d’euros. Les 130 milliards apportés par la zone euro et le FMI seront fournis sous forme de prêt, à 3%. La Banque centrale européenne renoncera à ses plus-values sur les titres grecs qu’elle détient, plus-values estimées à un montant compris entre 5 et 7 milliards d’euros. Ce plan de sauvetage prévoit la présence permanente de la Troïka – Commission européenne, BCE, FMI – à Athènes ainsi que la création d’un compte spécial exclusivement destiné au remboursement de la dette. Le porte-parole du gouvernement grec, Pantelis Kapsis, a déclaré le 18 février : « Il y a de l’optimisme dans la mesure où tout ce qu’on nous a réclamé a été fait et approuvé par la troïka ».

En Espagne, le week-end dernier, à Séville, lors du seizième congrès national du Parti populaire – au cours duquel il a été réélu à la tête de celui-ci –, le premier ministre Mariano Rajoy s’est exprimé sur un projet de réforme du marché du travail. Aux centaines de milliers de manifestants défilant dimanche à Madrid, Barcelone ou Valence, M. Rajoy a répliqué que « cette réforme (était) juste, bonne et nécessaire pour l’Espagne ». Afin de relancer l’emploi, ce projet propose notamment de faciliter les licenciements, en diminuant d’un tiers le montant des indemnités perçues. Au quatrième trimestre 2011, le taux de chômage en Espagne atteint 22,5 % de la population active, soit le double de la moyenne au sein de l’Union européenne.

Depuis 2000, l’Italie connait une « croissance molle » :1,5% entre 2000 et 2007 contre 2,2% dans le reste de l’Union européenne. Depuis 2011, la croissance italienne fluctue entre 0,2 et 0,7%. Pour répondre à la crise, Mario Monti souhaite diminuer les effectifs militaires (de 189.000 à 150.000 en dix ans) et instituer une taxation foncière des biens immobiliers du clergé à usage commercial, afin de récupérer entre 700 millions et un milliard d’euros par an.

En France, le 21 février, le vote du projet de loi autorisant la mise en place du Mécanisme européen de Stabilité (MES) à l’Assemblée nationale a divisé la gauche de l’échiquier politique. Ce mécanisme, largement adopté à Paris (256 voix pour, 44 contre, 131 abstentions), entrera en vigueur début juillet et devrait remplacer à l’été 2013 le Fonds européen de Stabilité Financière. Il sera doté d’une capacité de prêt de 500 milliards d’euros aux pays en difficulté. Même s’il approuve ce texte, le Parti socialiste s’est, dans sa grande majorité, abstenu lors de ce vote, refusant le lien unissant le MES et le « traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance dans l’Union économique ». Souhaité par Angela Merkel, ce traité exige notamment l’inscription de la « règle d’or » de l’équilibre budgétaire dans les constitutions nationales.

Invités :

Jean-Louis BOURLANGES, professeur à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris

Eric LE BOUCHER, directeur de la rédaction d’Enjeux-Les Echos, éditorialiste du site Slate.fr

Max GALLO, romancier et historien

Thierry PECH, directeur de la rédaction d’Alternatives Economiques

Brèves :

  • Dominique Reynié (dir.), Les droites en Europe (Fondapol / PUF, 2012)

  • The Economist : numéro du 25 février 2012, dossier sur l’Iran

  • André Gide, Journal, 1889-1939 (Gallimard, Collection Bibliothèque de la Pléiade, 1951)

  • Georgette Elgey, De Gaulle à Matignon (Fayard, 2012)

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