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Raphaël Glucksmann, tête de liste PS / FX Bellamy, tête de liste LR // Marine Le Pen, Matteo Salvini (Italie), Viktor Orban (Hongrie), Nigel Farage (Grande-Bretagne)

PS / Républicains : fin de partie ? / Europe : les extrêmes-droites ont-elles vraiment gagné ?

58 min
À retrouver dans l'émission

Analyse politique et géopolitique de la semaine avec Aurélie Filippetti, ancienne Ministre de la culture, Gérard Courtois, journaliste, Dominique Schnapper, sociologue, et Hubert Védrine, ancien Ministre des Affaires étrangères.

Raphaël Glucksmann, tête de liste PS / FX Bellamy, tête de liste LR // Marine Le Pen, Matteo Salvini (Italie), Viktor Orban (Hongrie), Nigel Farage (Grande-Bretagne)
Raphaël Glucksmann, tête de liste PS / FX Bellamy, tête de liste LR // Marine Le Pen, Matteo Salvini (Italie), Viktor Orban (Hongrie), Nigel Farage (Grande-Bretagne) Crédits : Tucat / Thomas / Guay / Medina / Isza / Akmen - AFP

Avant d'aborder ces deux thèmes, l'émission commence par un rapide hommage au philosophe Michel Serres, disparu hier samedi 2 juin.

Première partie : France : PS / Républicains : fin de partie?

Imaginez encore la soirée électorale morose qu’auraient pu passer ensemble dimanche dernier François Hollande et Nicolas Sarkozy tels deux patriarches s’affligeant des scores des jeunes François-Xavier Bellamy et Raphael Glucksmann et se remémorant ensemble leurs exploits d’antan, leurs résultats d’autrefois, lorsqu’ils étaient à deux chiffres. 

Pourtant certains avaient déclaré que ce score des socialistes français au dessus de 5% était un soulagement voire un espoir , et cela disait tout de la relégation symbolique du Parti socialiste au statut d'acteur mineur de la politique française, quand 2 ans auparavant, ce même score de 6%, celui de Benoît Hamon à la présidentielle avait été analysée lui comme une catastrophe.. 

Mais plus dure et plus traumatisante encore avait été la soirée des Républicains, cette droite emmenée par un philosophe ultra conservateur au regard d’enfant : la droite est « de retour », la campagne a été « époustouflante », « on a retrouvé l’espoir » avait-on entendu dans les meetings et les médias… jusqu’à la douche froide du score final : 8,5% des voix, soit plus de 12 points de moins qu’en 2014.

Parti Socialiste / Parti Républicain : fallait-il dès lors décréter la fin de partie pour ces deux personnages autour desquels nous avions vu tourner la vie politique française depuis tant d’années ? Était-ce une affaire de leaders ? Était-ce une affaire de corpus idéologiques ? Était-ce une affaire d’époque qui semblait jeter les clivages traditionnels avec l’eau des partis et fracturer les sociétés en morceaux épars, qu’aucun parti ne savait vraiment, à lui seul, réparer ?

Deuxième partie : Europe : les extrêmes-droites ont-elles vraiment gagné ?

Même quand il est plus de minuit, le nouvel homme fort de l’Italie Matteo Salvini ne résiste pas à donner de ses nouvelles sur les réseaux sociaux, surtout un soir d’élections après avoir obtenu le score mirifique de 35% ! Dimanche dernier, il avait donc posté  une photo de lui tout sourire, avec une feuille de papier sur laquelle était écrit : « Premier parti en Italie. MERCI »

Mais dans son triomphalisme, Salvini allait un peu vite en besogne, car le reste du paysage politique européen était en réalité moins favorable à ce que pouvaient faire croire les déclarations tonitruantes du ministre italien.

En tout, au niveau européen, la droite radicale obtenait environ 150 sièges au Parlement, un nombre qui ne permettrait pas de faire basculer à lui seul la majorité au Parlement européen. Les droites radicales et extrêmes disposaient déjà de 155 sièges dans le Parlement sortant, si on additionnait le nombre d’élus des trois groupes qui pouvaient être rattachés à cette tendance.

Pendant la campagne, Matteo Salvini avait essayé de fusionner cette extrême droite européenne au sein d’un nouveau mouvement, baptisé « L’Europe du bon sens ». Il avait notamment réussi à attirer Alternative pour l’Allemagne (AfD), qui avait fait élire onze élus dimanche, ou les Vrais Finlandais – deux élus. L’alliance de M. Salvini comptait aussi sur les 28 élus du Parti du Brexit de Nigel Farage, même si ceux-ci n’avaient pas forcément vocation à siéger toute la mandature. Mais à côté de ces belles prises, le reste du paysage était moins favorable. Avec environ 22 élus selon les dernières projections, le Rassemblement national de Marine Le Pen aurait en fait deux élus de moins que ce que le FN avait obtenu en 2014. Aux Pays-Bas, le Parti de la liberté de Geert Wilders s’était effondré. Même chose pour le Parti populaire danois, qui n’avait plus qu’un eurodéputé, ou le Parti de la liberté d’Autriche (FPÖ), affaibli par le scandale de la vidéo de son ex-leader Heinz-Christian Strache.

Mais malgré tout, il était difficile de mesurer le tort que ces partis avaient eu le temps de faire ces derniers mois à la maison Europe. Une maison qui tenait bien debout à l’issue de ces élections mais restait toujours lézardée, sans que l’on sache vraiment comment allait évoluer la copropriété de l’Union : allait-on retarder les grands travaux ? Et qui prendrait les commandes ?

Intervenants
  • Femme politique, romancière, ancienne ministre de la Culture dans les gouvernements Ayrault puis Valls
  • journaliste, ancien chroniqueur au quotidien Le Monde
  • sociologue et politologue, directrice d'étude à l'EHESS
  • diplomate, ancien ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement Jospin et ancien secrétaire général de la présidence de la République sous François Mitterrand
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