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Donald Trump et Hillary Clinton avant le débat du 26 septembre

Quelle stratégie pour le centre ? // L'élection présidentielle aux Etats-Unis

59 min
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Le positionnement politique d'Alain Juppé et d'Emmanuel Macron pousse le centre à repenser sa stratégie // Le premier débat télévisé entre Hillary Clinton et Donald Trump s'est tenu le 26 septembre

Donald Trump et Hillary Clinton avant le débat du 26 septembre
Donald Trump et Hillary Clinton avant le débat du 26 septembre Crédits : Mandel Ngan - AFP

QUELLE STRATÉGIE POUR LE CENTRE ?

« La famille [du centre] s’est perdue », déclarait François Bayrou à Valeurs actuelles en août dernier. De fait, pour ne s’en tenir qu’au Modem, depuis sa création, en 2007, ce parti a perdu les deux tiers de ses membres et ne revendique plus qu’un seul député et quatre sénateurs. Toutefois, au constat de la débandade du centre, le maire de Pau, ajoute un corollaire et affirme que la reconstitution « d’un grand parti centriste » est une « nécessité (…) inéluctable ».

C’est autour de la candidature d’Alain Juppé, si celui-ci remporte l’élection primaire, que M. Bayrou envisage la « grande recomposition et reconstruction du centre ». Outre les qualités humaines qu’il accorde au maire de Bordeaux, le président du Modem salue en lui un homme d’état et se félicite de la résistance opposée par Alain Juppé aux dérives du débat identitaire.

Selon l’enquête électorale « Comprendre 2017 » lancée par le Cevipof avec IPSOS et Le Monde, Alain Juppé obtiendrait 67% des votes centristes au premier tour de la primaire, et 95% contre Sarkozy au second tour – soit 100% des votes du MoDem et 90% de ceux de l’UDI. Inversement, si Nicolas Sarkozy sortait vainqueur, François Bayrou se présenterait à l’élection présidentielle en comptant sur le ralliement tacite des juppéistes.

Pourtant, Emmanuel Macron : le « troisième homme » du premier tour de la présidentielle – tel qu’il est annoncé par les sondages – perturbe le jeu politique au centre. Selon un sondage Elabe réalisé pour Les Echos et Radio Classique les 20 et 21 septembre, la présence de l’ancien ministre de l’économie au premier tour priverait Alain Juppé d’environ 6% d’intentions de vote, et réduirait d’un tiers celles de François Bayrou – si Sarkozy est le candidat de la droite.

Sur le plan des idées, des convergences existent entre Emmanuel Macron et François Bayrou. Par exemple, la promotion d’une politique économique de l’offre, de réformes structurelles ainsi que d’une orthodoxie budgétaire leur est commune, de même que la défense des fondements de l’Union européenne. De plus, tout comme François Bayrou depuis plus de vingt ans, Emmanuel Macron défend l’idée d’une recomposition des forces politiques. Mais le président du MoDem est très critique envers le fondateur d’ « En Marche ! ». Il y voit un « hologramme » sous l’emprise des « grands intérêts financiers ». Or François Bayrou tient à « la séparation de l'État et de l'argent » et refuse « que le pouvoir de l'argent prenne le pas en politique. » Le président du parti du centre, Jean-Christophe Lagarde, regarde Emmanuel Macron avec davantage de bienveillance et envisage de parler projet avec lui. C’est aussi le cas de la sénatrice UDI Chantal Jouanno et du président du parti radical Laurent Hénard.

L’ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE AUX ÉTATS-UNIS

Le républicain Donald Trump et la démocrate Hillary Clinton se sont opposés lors d’un premier débat télévisé de la campagne pour la présidence des États-Unis. Leurs échanges, souvent tendus, ont essentiellement porté sur l’économie, la politique étrangère et la sécurité intérieure. Ils ont été suivis par 84 millions de personnes.

Donald Trump a violemment critiqué l’accord de libre-échange nord-américain (ALENA) signé en 1994, qu’il tient pour responsable de l’effondrement de la production industrielle étasunienne, et il a réaffirmé son opposition à la signature de l’accord de partenariat trans-pacifique (TPP). Interrogé sur le contexte de fortes tensions raciales que traversent les États-Unis, il s’est érigé en soutien des communautés afro-américaines qu’il a décrit comme « décimées par le crime, notamment du fait des migrants sans papier ». Le milliardaire a reproché à Hillary Clinton d’être « restée chez elle au lieu d’aller à leur rencontre » en référence à la convalescence qu’elle a dû observer suite à une pneumonie et a affirmé qu’elle n’avait « ni le physique ni l’endurance pour être présidente des États-Unis ».

La candidate démocrate a attaqué la crédibilité de son adversaire tout au long du débat : elle a dénoncé les « mensonges racistes » de Donald Trump qui a longtemps affirmé que Barack Obama n’était pas né aux États-Unis et regretté qu’il se refuse toujours à rendre public sa déclaration d’impôts. Elle a rappelé que son adversaire s’était prononcé en faveur de l’intervention américaine en Irak et avait mis en doute la véracité du réchauffement climatique, éléments que le candidat républicain a nié tout au long de sa campagne. En réponse aux attaques sur sa convalescence et son état de santé elle a répondu « qu’elle en avait profité pour préparer ce débat et se préparer à être présidente » pour mieux mettre en avant l’endurance dont elle avait fait preuve tout au long de sa carrière politique, notamment au poste de Secrétaire d’État.

La grande majorité des commentateurs ont critiqué la performance du candidat républicain face à une Hillary Clinton « seule apte à devenir présidente » pour le Washington Post alors que la chaîne conservatrice Fox News a déploré le manque de préparation de Donald Trump « qui aurait pu gagner l’élection au cours du débat et (qui a) perdu une grande opportunité ». Le candidat républicain est cependant parvenu à progressivement réduire l’écart qui le séparait d’Hillary Clinton dans un contexte de nouveaux actes terroristes sur le sol américain, de violences raciales et de précarisation des classes moyennes.

Brèves

Philippe MEYER a recommandé la pièce Vient de Paraître d’Édouard Bourdet au Théâtre 14 jusqu'au 22 octobre 2016

Marc-Olivier PADIS : Qu'est-ce que le populisme ?, de Jan-Werner Müller (Premier Parallèle, octobre 2016)

François BUJON DE L'ESTANG a salué l'accord de paix entre le gouvernement colombien et les FARC

Sylvie KAUFFMANN : Yaak Valley, Montana, de Smith Henderson (Belfond, août 2016)

Jean-Louis BOURLANGES a rendu hommage au journaliste Jean Boissonnat disparu le 25 septembre 2016

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