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Edouard Philippe lors de son discours de politique générale à l'Assemblée le 12 juin 2019 / Un manifestant à Hong Kong le 12 juin 2019

Quinquennat acte II : le gouvernement a-t-il le sens des priorités ? / Hong Kong ou les limites du modèle chinois ?

59 min
À retrouver dans l'émission

Analyse politique et géopolitique de la semaine avec la journaliste Christine Ockrent, l'essayiste Philippe Manière et le directeur général du think tank Terra Nova Thierry Pech.

Edouard Philippe lors de son discours de politique générale à l'Assemblée le 12 juin 2019 / Un manifestant à Hong Kong le 12 juin 2019
Edouard Philippe lors de son discours de politique générale à l'Assemblée le 12 juin 2019 / Un manifestant à Hong Kong le 12 juin 2019 Crédits : P. Jocard / P. Fong - AFP

Première partie : Quinquennat acte II : le gouvernement a-t-il le sens des priorités ?

Mercredi dernier en regardant Edouard Philippe tenir son nouveau discours de politique générale on ne se disait pas que l’on avait affaire à un tribun : petite barbe et lunettes rondes austères. Le chef du gouvernement avait d’ailleurs cité Mendès, Pompidou, Rocard et Juppé, qui n’étaient pas non plus connus pour enflammer les tribunes. Très attendu, ce discours avait pour mission de lancer l’acte II du quinquennat, après la crise des Gilets Jaunes qui avait mis en péril le macronisme, et après des élections européennes qui l’avaient plutôt réconforté, en se limitant à une sorte de match nul entre LREM et le FN, un effondrement des deux vieux grands partis français de la droite et de la gauche, et une percée notable des écologistes.

Un discours d’Edouard Philippe qui avait laissé une impression générale fort bien synthétisée par Libération qui avait parlé « d’Acte 1 bis », soit une sorte de consolidation des fondamentaux du macronisme : un petit coup à gauche avec la poursuite du dédoublement des classes de CP et CE1 dans les zones prioritaires, les aides aux familles monoparentales, les 30 000 places en crèches, la sanction du recours abusif aux contrats courts ET la grande annonce, la procréation médicalement assistée pour toutes les femmes. Un petit coup à droite avec confirmation des baisses d’impôts, la mise en place prochaine d’un âge d’équilibre pour les retraites (ce qui revenait à faire travailler plus longtemps), la dégressivité annoncée de l’indemnisation pour les chômeurs, la tenue d’un débat annuel sur l’asile et l’immigration.

Sans oublier les messages ciblés : pour la France sympathisante des Gilets Jaunes, le gain de 350 euros pour les contribuables de la première tranche de l’impôt sur le revenu, ou encore la suppression de la taxe d’habitation pour tous à l’horizon 2023. Messages ciblés pour les maires qu’il fallait séduire en vue des Municipales avec un projet de loi spécifique pour conforter leur rôle dès juillet, avant une clarification du millefeuilles territorial et un nouvel acte de décentralisation. Messages ciblés enfin pour ces Français de plus en plus sensibles à l’écologie, avec un rappel de la fermeture des centrales à charbon d’ici 2022, de celle de Fessenheim (centrale nucléaire) avant fin 2020 et des annonces sur un objectif de 100% de plastique recyclé.

En parallèle, on avait noté les propos présidentiels sur le changement philosophique de l’exécutif qui veillerait à ne plus opposer la France des « sachants » à celle des « subissants ». Sauf qu’à la fin, demeurait l’interrogation fondamentale : le discours était-il à la hauteur du contexte et des enjeux ? Ecologie, chômage, dette, défianc, malaises dans la fonction publique… Le Macronisme Acte II avait-il le -bon- sens des priorités ?

Deuxième partie : Hong-Kong ou les limites du modèle chinois ?

Drôle d’impression, peu de temps après avoir commémoré le triste anniversaire de la répression des étudiants de Tiananmen , que de voir ces manifestations massives dans les rues d’Hong Kong ! Hong Kong dans la rue, pour s'opposer à un projet de loi visant à faciliter les extraditions vers la Chine continentale. En cause : une loi qui permettrait de faire juger par la justice chinoise –bien connue pour sa partialité- potentiellement tous ceux que Pékin pouvait considérer comme hostiles au régime. Effrayante perspective pour des Hongkongais qui avaient en mémoire des cas d'enlèvement de libraires ou d' hommes d'affaires retrouvés ensuite en Chine où ils avaient été jugés et condamnés dans des affaires montées à l’évidence de toutes pièces par le régime.

Le report de cette loi sur les extraditions en fin de semaine n’avait pas calmé le mouvement qui traduisait en fait une inquiétude immense qu’on ne pouvait comprendre qu’en faisant un peu d’histoire : 1997 : avait été l’année de la rétrocession de Hong Kong à la Chine par la Grande Bretagne, avec un statut d'autonomie pour cinquante ans, résumée par la formule, « un pays, deux systèmes ».  Hong Kong était donc depuis au sein de la Chine, mais disposant jusqu’en 2047 de son parlement, d'une opposition politique, d'une presse théoriquement libre, de la liberté de manifester. Comme un compte à rebours….avant la fin des libertés ! 

Les Hongkongais qui avaient pourtant favorablement accueilli la rétrocession en 1997, car à l’époque la Chine, en pleine croissance, laissait espérer un assouplissement de son système. Sauf que d’année en année, la Chine semblait arrimer lentement mais sûrement Hong Kong au reste du pays et donc de sa dictature : par un pont, par une gare flambant neuve placée sous l’autorité de la police chinoise, ce qui était une manière de contrôler entrées et sorties…

Alors on allait suivre de près ce mouvement qui traduisait  le désir fou d’une jeune génération qui ne se sentait ni anglaise, ni chinoise mais spécifiquement hongkongaise, et qui voulait démontrer que le rouleau compresseur pékinois qu’on voyait à l’œuvre partout, sur tous les continents, dans tous les domaines, n’était pas inexorable, qu’on pouvait le freiner à défaut de l’arrêter. 

Intervenants
  • Journaliste et productrice de l'émission "Affaires étrangères" sur France Culture
  • Président et co-fondateur de la société de conseil Vae Solis Communications
  • Co-président de la Convention citoyenne, ex-directeur général du think tank Terra Nova
L'équipe
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