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Statue de Raymond Poincaré à Bar-le-Duc

Raymond Poincaré

59 min
À retrouver dans l'émission

avec Georges Valance, historien et ancien directeur délégué de l'Express

Statue de Raymond Poincaré à Bar-le-Duc
Statue de Raymond Poincaré à Bar-le-Duc

RAYMOND POINCARÉ

Georges Valance, vous êtes journaliste et écrivain. Ancien directeur délégué de la rédaction de l’Express, vous êtes un spécialiste des relations franco-allemandes auxquelles vous avez consacré une « Petite histoire de la germanophobie » parue en 2013 chez Perrin. Vous avez écrit plusieurs biographies : celle de Valérie Giscard d’Estaing en 2011, Thiers en 2007 et le baron Haussmann en 2000. Vous avez publié cette année une biographie de Poincaré chez Perrin, ouvrage pour lequel nous vous invitons aujourd’hui.

L’itinéraire de Poincaré est celui d’un « fils de la louve » : un représentant de cette seconde génération de dirigeants de la IIIème République née dans les dernières années du second empire. « Tous bourgeois de naissance, tous nourris de fortes études, tous laborieux, tous ambitieux » pour reprendre les mots de Jacques Chastenet. Raymond Poincaré est issue d’une famille aisée de la Meuse qui lui donne une éducation soignée. Cette origine lorraine est déterminante dans le parcours du jeune homme qui vit l’invasion prussienne de 1870 comme un traumatisme et développe une forte germanophobie.

Ce jeune homme brillant passé par Louis-Le-Grand et la Faculté de droit apprend le métier d’avocat dans le cabinet d’un ami de la famille avant d’être repéré par une autre relation des Poincaré : le ministre de l’Agriculture Jules Develle qui l’engage comme chef de cabinet en 1886. Le meusien ne quittera plus la politique : il est élu député en 1887 et devient en 1892 rapporteur de la commission des finances où il s’illustre par la maîtrise de ce domaine très technique. C’est un prudent, rattaché à la tendance des républicains modérés : laïc sans être anticlérical, libéral et d’une intégrité morale devenue proverbiale. Tout l’oppose au radical Clemenceau qui ne cessera de moquer la pusillanimité de Poincaré qu’il qualifiera de « meusosaure ». Cette même prudence le guide pendant l’Affaire Dreyfus où il ne rejoindra que tardivement le camp des soutiens de l’officier juif.

Ministre des finances à plusieurs reprises (où il s’oppose à l’instauration de l’impôt sur le revenu), il est finalement appelé en 1912 à former un gouvernement de républicains modérés par le président Loubet et devient président de la République en 1913. Il consacre ces années qui précèdent la Première Guerre Mondiale à la construction d’une solide alliance avec le Royaume-Uni et la Russie face à la triplice formée par l’Allemagne, l’Autriche Hongrie et l’Italie Le président est d’abord marginalisé par l’État-major pendant les premiers mois de la guerre mais nomme quatre gouvernements successifs afin de mettre un terme au conflit. Il ne se résout à confier le pouvoir à son rival Clémenceau qu’en novembre 1917. Le Tigre s’impose dans l’opinion aux dépens du Président de la République et récupère les lauriers de la victoire finale avant de s’illustrer comme le grand négociateur du Traité de Versailles.

La fin de la guerre ne marque pas l’aboutissement de la carrière de Poincaré qui est appelé à former un gouvernement à deux reprises dans des situations difficiles. Il redevient président du conseil en 1922 pour régler le problème du non-versement des réparations de guerre dues par l’Allemagne et décide de l’invasion de la Ruhr pour réquisitionner sa production industrielle. Ce coup de force ne donne pas les résultats attendus et est dénoncé par les puissances américaines et britanniques. Il est rappelé une dernière fois au pouvoir pour faire face à une violente crise monétaire qu’il combat à la tête d’un gouvernement d’union nationale. Il acquiert sa réputation de « sauveur du franc » au prix de hausses d’impôt massives et par la mise en place d’un plan de rigueur qui met un coup d’arrêt aux effets nocifs de la spéculation. Il démissionne en 1928 pour des raisons de santé et meurt en 1934 sans avoir pu revenir une aux affaires une troisième fois.

Votre choix de consacrer une biographie à Raymond Poincaré est-il ancien ou récent ? Autrement dit faut-il le rattacher à un élément d’actualité ou vouliez-vous donner à connaître une présidence « normale » confrontée à plusieurs situations exceptionnelles, la corruption, l’affaire Dreyfus, la guerre mondiale, la spéculation, le spectre de la ruine des rentiers à travers la crise monétaire ? Faut-il lire votre livre comme un acte de confiance dans la politique ? Que reste-il du « poincarisme », à compter qu’on puisse le définir ? Quelle est sa responsabilité dans le déclenchement de la Grande Guerre ? Comment expliquer le peu de place qu’il occupe dans la mémoire collective si on le compare à des figures comme Gambetta ou Clemenceau ?

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