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Matteo Salvini et Boris Johnson "chambrés" par leurs Parlements / Oleg Sentsov a été libéré hier samedi 7 septembre / Pancarte contre la réforme des retraites, 1er mai 2019 à Marseille

Libération d'otages: un nouveau Vladimir Poutine? // Salvini/Johnson: la rentrée compliquée des populistes? // Retraites: la réforme "consensuelle" est-elle possible?

57 min
À retrouver dans l'émission

Analyse géopolitique et politique de la semaine avec la journaliste Sylvie Kauffmann, la sociologue Dominique Schnapper, le professeur de relations internationales Bertrand Badie et l’économiste Daniel Cohen.

Matteo Salvini et Boris Johnson "chambrés" par leurs Parlements / Oleg Sentsov a été libéré hier samedi 7 septembre / Pancarte contre la réforme des retraites, 1er mai 2019 à Marseille
Matteo Salvini et Boris Johnson "chambrés" par leurs Parlements / Oleg Sentsov a été libéré hier samedi 7 septembre / Pancarte contre la réforme des retraites, 1er mai 2019 à Marseille Crédits : Marco BERTORELLO / DANNY LAWSON / Sergei SUPINSKY / CHRISTOPHE SIMON - AFP

Première partie : Libération d'otages: un nouveau Vladimir Poutine?

Il a fait le V de la victoire à sa descente d’avion hier à Kiev, le cinéaste Oleg Sentsov est enfin libre, lui qui était devenu un symbole de l’oppression poutinienne, interné en Sibérie depuis 4 ans pour s’être opposé à l’annexion de la Crimée. 

Au-delà de Sentsov, vaste échange de prisonniers hier, 35 russes contre 35 ukrainiens, dont les 24 marins capturés l’an dernier par la Russie dans le détroit de Kertch et le journaliste Roman Souchtchenko. En échange, Kiev a dû relâcher des prisonniers stratégiques dont un suspect important dans l’affaire du vol MH 17 abattu en 2014 par un missile russe au dessus de l’Ukraine. Mais voilà qui devrait donc permettre la tenue de ce sommet Paris-Berlin-Kiev-Moscou pour tenter de dénouer la crise ou guerre ukrainienne, sommet évoqué cet été sur fond de rencontre Poutine Macron au Fort de Brégançon.
 

Deuxième partie : Salvini et Johnson "chambrés" par leur parlement : sale temps pour les populistes ?

Si Boris Johnson ce dimanche matin, penché sur sa cup of tea et son porridge fait le bilan de sa semaine, il doit être à coup sûr de fort méchante humeur, pensez-donc : mardi, il a perdu sa majorité et le contrôle de l’agenda législatif, lui qui rêvait pourtant en cette rentrée de condamner au silence l’institution parlementaire. Mercredi, Johnson s’est vu imposer par les députés d’aller une nouvelle fois quémander à Bruxelles un énième report du Brexit au 31 janvier 2020 pour éviter ce No deal dont il a pourtant fait son grand slogan. Et le même jour BoJo n’a pas non plus obtenu la dissolution du parlement qu’il appelait de ses vœux pour réclamer des élections anticipées au 15 octobre prochain.

Sale temps pour les populistes en cette rentrée : Matteo Salvini lui aussi ce matin a sans doute la mine bien sombre penchée sur son cappuccino dominical en repensant à la semaine qui s’achève : jeudi, il a dû regarder  Giuseppe Conte prêter serment, après avoir formé un gouvernement 5 étoiles/parti démocrate, uni par la volonté de faire barrage au leader de la Ligue. Pari manqué donc pour Salvini qui le 8 août dernier, faisait éclater la coalition Ligue/5 étoiles, rêvant -comme Johnson- d’élections anticipées, pour avoir cette fois les coudées franches…
Anti-parlementarisme, fantasme de démocratie directe, goût du pouvoir solitaire, coups d’éclat permanents : bas les masques en cette rentrée pour les leaders populistes de Rome et de Londres, mais avec encore de la ressource, et la même méthode : s’adresser directement au peuple via les réseaux sociaux pour fustiger les parlements et donner rdv dans les urnes, aux électeurs… en prise directe !
 

Troisième partie : Retraites / Lycée : la "réforme consensuelle" est-elle possible ?

D’un côté le grand-chamboule tout de la réforme du Lycée, menée tambour battant avec suppression des filières, bouleversement des emplois du temps, des contenus et de la hiérarchie entre les disciplines, de l’autre une réforme à pas de loup, piano piano… 

Les premières consultations officieuses sur les retraites ont démarré il y a déjà un certain temps, à la fin 2017, la partie officielle a démarré au printemps 2018 et désormais un projet de loi est annoncé pour après les municipales, au printemps-été 2020. Le tout sur fond de consultations, de re-consultations, de mini grand débat annoncé, de démocratie participative en veux tu en voilà, sous la houlette d’un vieux sage, Jean Paul Delevoye désormais membre du gouvernement. Un homme de l’ancien monde, chiraquien en diable, ancien président du conseil économique et social, bien vu à droite comme à gauche bref presque l’homme idéal pour incarner cet acte 2 du macronisme « fait d’écoute et d’échanges » selon les proches du chef de l’Etat. Sauf que sur des mots explosifs comme « âge pivot », « durée de cotisation », régimes spéciaux les Français n’ont par le passé guère manifesté leur appétence pour le consensus : sous Rocard en 1993 avec les 40 annuités au lieu de 37,5, sous Juppé en 1995 avec la volonté de revenir sur les régimes spéciaux, sous Sarkozy en 2002 avec l’âge légal repoussé à 62 ans, la « mère des réformes » en France a toujours été une épreuve de force pour les présidents et premier ministres qui s’y attelaient.

Le président Macron devenu Mitterrandien donnant du temps au temps, chiraquien dans sa volonté nouvelle d’apaisement va devoir prouver qu’il reste un Jupiter réformateur, capable in fine de trancher, mais un Jupiter descendu de son Olympe :
Un Jupiter Peace and Love en quelque sorte

Références / conseils de lecture :

  • Bertrand Badie, Dominique Vidal, Le Retour des populismes, La Découverte, 2018
  • Betrand Badie, Dominique Vidal, Fin du leadership américain ? L'état du monde 2020, La Découverte, 2019
  • Yann Algan, Elisabeth Beasley, Daniel Cohen, Martial Foucault, Les Origines du populisme. Enquête sur un schisme politique et social, Seuil, 2019
  • Brice Couturier, 1969. Année fatidique, L'Observatoire, 2019
  • Jonathan Coe, Le Coeur de l'Angleterre, Gallimard, 2019
Intervenants
  • Professeur des universités à Science Po Paris et enseignant-chercheur associé au Centre d’études et de recherches internationales (CERI)
  • Économiste et directeur du département d'économie de l'École Normale Supérieure
  • Directrice éditoriale au journal Le Monde. Spécialiste notamment des questions internationales.
  • sociologue et politologue, directrice d'étude à l'EHESS
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