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Thématique : Gérard Grunberg – L’évolution du corps électoral en Europe

59 min
À retrouver dans l'émission

Gérard Grunberg – L’évolution du corps électoral en Europe

Gérard Grunberg, vous êtes directeur de recherche émérite du CNRS au Centre d’Etudes Européennes de Sciences Po (CEE). Vous êtes spécialiste de la sociologie politique et notamment de la sociologie électorale et des partis politiques. Vous avez participé en 2010 à l’ouvrage collectif 1956, une date européenne , publié aux éditions Noir sur Blanc. Vous êtes également le co-auteur, avec Alain Bergounioux, de L’ambition et le remords, les socialistes français et le pouvoir : 1905-2005 (Fayard, 2005), et vous avez participé à l’ouvrage La démocratie à l’épreuve, une nouvelle approche de l’opinion des Français (Presses de Sciences-Po, 2002). Vous avez aussi dirigé en 2002 l’ouvrage collectif Europe at the Polls: The European Elections of nineteen huundred ninety nine .

Depuis 1979, les élections au parlement de Strasbourg, sont les seules à permettre aux citoyens européens de désigner directement leurs représentants. Paradoxalement, la participation est en baisse constante depuis trente ans, alors que le Parlement européen n’a cessé de gagner du pouvoir au sein des institutions européennes. Le taux de participation aux élections européennes, qui était de 63% en 1979, est passé de 45,5 % en 2004 à 43,2% en 2009.

Bruno Cautrès, chercheur au Cevipof, écrivait en 2001 « le terme d’électeur européen utilisé dans l’analyse électorale pose des problèmes de définition et de délimitation du champ d’analyse» . Il insistait sur la distinction entre « l’électeur européen » au singulier, qui existe comme catégorie d’analyse et comme réalité, et « les électeurs européens », au pluriel, dont l’emploi tendrait plutôt à souligner la diversité des citoyens de l’Union Européenne en période d’élections. Après les élections européennes de 1999, on pouvait dégager trois axes d’analyse : l’inexistence d’un électeur européen type, avérée par la montée de l’abstentionnisme, une relative homogénéisation des clivages socio-politiques et de leur recomposition au sein de chaque pays membre de l’Union, et l’affirmation des questions européennes comme un enjeu politique interne aux Etats.

Dans une note de 2009 pour le groupe de réflexion Notre Europe à laquelle vous participez, note intitulée « Parlement européen : quelques enseignements suite aux dernières élections », Daniel Boy, directeur de recherche au Cevipof, affirme que « les élections européennes de juin 2009 ont réservé beaucoup de fausses surprises » . Il cite l’abstention massive, le recul des partis de centre gauche, qui correspond à une profonde crise de la social-démocratie, l’exagération du succès des élus écologistes et le « supposé succès des partis eurosceptiques » . Dans cette note, vous analysez plus particulièrement la fragilité croissante des bases sociales des partis socialistes européens, et vous écrivez : « quelle que soit l’importance croissante de la volatilité électorale, les grands partis disposent de bases sociales électorales relativement stables et identifiables » . Gérard Grunberg, pouvez-vous nous présenter les différentes bases sociales qui constituent le corps électoral européen ? Comment ce corps électoral a-t-il évolué ? A l’aube des élections européennes de 2014, peut-on encore parler d’ « électeur européen » ?

Intervenants
  • Député Modem des Hauts de Seine, vice-président de la commission des affaires européennes et ancien député européen, essayiste
  • Romancier et historien
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