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Thématique : L’Allemagne – Anne-Marie Le Gloannec

59 min
À retrouver dans l'émission

L’Allemagne – Anne-Marie Le Gloannec

Anne-Marie Le Gloannec, vous êtes politologue, spécialiste de l’Allemagne, enseignante à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris et à l’Université de Cologne. Vous avez été directrice-adjointe du Centre Marc Bloch à Berlin de 1997 à 2002 et vous êtes actuellement directrice de recherche au Centre d’Etudes et de Recherches Internationales (CERI). Vous avez publié Berlin et le monde : les timides audaces d’une nation réunifiée , aux éditions Autrement en 2007. Vous avez dirigé l’ouvrage collectif Allemagne, peuple et culture paru aux éditions de La Découverte en 2005. Vous êtes également l’auteur de La République fédérale d’Allemagne (Le Livre de poche, 1994) et de La nation orpheline : les Allemagnes en Europe (Editions Pluriel, 1990).

L’Allemagne a fêté il y a un peu moins d’un an le 20e anniversaire de sa réunification. Cette réunification, effective moins de 11 mois après la chute du mur de Berlin le 9 novembre 1989, a provoqué une série de difficultés économiques et sociales, dues au retard économique de l’Allemagne de l’Est et à la sous-estimation de ce retard. A partir de 1990, le montant des aides accordées aux Länder de l’Est et destinées à financer d’importants transferts sociaux et de nouvelles infrastructures est estimé à 1 300 milliards d’euros. Gerhard Schröder, qui avait mené le SPD (parti social-démocrate) au pouvoir en 1998 a été le chancelier de l’Agenda 2010, nom donné à un programme de réformes sévères. Angela Merkel native de l’ancienne RDA, est aujourd’hui à la tête d’une « grande coalition » de centre-droit entre les démocrates chrétiens de la CDU, les conservateurs de la CSU (l’aile bavaroise de la CDU) et les libéraux du FDP. Philipp Rösler, président du FDP, est vice-chancelier et ministre de l’économie. Angela Merkel a annoncé l’année dernière un plan d’austérité sans précédent dans l’histoire allemande, qui doit permettre à l’État fédéral d’économiser 80 milliards d’euros jusqu’en 2014 et devrait aider l’Allemagne à renouer dès 2013 avec le respect des critères de Maastricht (déficit public inférieur à 3 % du PIB, contre 3,3 % du PIB en 2010).

En mars dernier, dans Le Figaro , vous écriviez « les élites, sans leadership convaincant, et la population, une population vieillie, sont fatiguées d’avoir porté la réunification et ses coûts » . Vous ajoutiez « l’affaiblissement structurel de l’exécutif allemand, avec la multiplication des partis politiques et la perte de vitesse des grands partis dits populaires, reflète des constantes historiques » . Vous rappelez qu’en Allemagne, la montée en puissance des Verts date des années 1970 et que la mise en question du nucléaire, malgré une industrie puissante, fut sanctionnée par le premier gouvernement rouge et vert issu des élections de 1999. Selon vous, « c’est de la guerre que datent les principaux choix des Allemands. Le choix de la paix et du refus des armes, mais aussi le choix d’une ouverture économique au monde, complément et garantie du choix de la paix » . C’est de cette volonté de s’inscrire dans une économie mondialisée et compétitive que découle la spécialisation de l’économie allemande dans des produits de haute technologie, dont vous dite qu’elle a assuré « d’année en année des excédents toujours croissants » . Vous mettez cependant en garde : selon vous « l’Allemagne n’était pas qu’un géant économique et un nain politique, comme on le prétendit souvent : elle inventa une Ostpolitik, une politique à l’Est, dans son intérêt et dans celui de l’Europe elle fut aussi, avec la France, le moteur de l’Europe et, aux côtés des États-Unis, la pierre angulaire de l’Alliance atlantique » . Pour vous, désormais, « l’Allemagne n’a que deux horizons » : l’horizon national, voire régional, et la globalisation, avec la Chine en ligne de mire, car « c’est en termes géo-économiques que l’Allemagne pense le monde » . « Entre ces deux dimensions » écrivez-vous, « il n’y a guère plus d’Europe » . J’ajoute que pour la première fois, l’Allemagne a perdu en 2009 sa place de première nation exportatrice au profit de la Chine. Anne-Marie Le Gloannec, pensez-vous que l’Allemagne peut faire l’impasse sur l’Europe ? Pouvez-vous nous éclairer sur la structure politique et économique de l’Allemagne contemporaine ?

Intervenants
  • Député Modem des Hauts de Seine, vice-président de la commission des affaires européennes et ancien député européen, essayiste
  • Romancier et historien
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