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Thématique : Les Etats-Unis, avec Ezra Suleiman

59 min
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Après son élection en novembre 2008, le début du mandat du président Barack Obama a été marqué par l’adoption d’une série de réformes. En février 2009, le plan présidentiel pour la relance de l’économie, d’un montant de 787 milliards de dollars, a été adopté par le Congrès. En 2010, le président a réussi à imposer son projet de réforme pour la santé, qui comprend une disposition rendant obligatoire pour tous les Américains de se doter d’une couverture maladie d’ici à 2014. La loi a été confirmée en juin dernier, dans son intégralité, par la Cour Suprême. Aux élections de mi-mandat en novembre 2010, les Républicains ont repris la majorité à la Chambre des Représentants, compliquant dès lors l’action de l’administration Obama. John Boehner, déjà leader de l’ex-minorité républicaine, est devenu le « Speaker » (président) de la Chambre. Les démocrates détiennent une courte majorité au Sénat, qui compte 51 démocrates pour 47 Républicains et 2 indépendants. Ces élections de mi-mandat ont également été marquées par l’influence grandissante du mouvement ultra-conservateur républicain le Tea Party, dont plusieurs membres sont entrés à la Chambre.

La prochaine élection présidentielle, ainsi que le renouvellement des élus de la Chambre des Représentants et d’un tiers des sièges du Sénat, aura lieu le 6 novembre prochain. En avril 2011, Barack Obama a annoncé qu’il serait candidat à sa réélection. Mitt Romney, homme d’affaires mormon et ancien gouverneur du Massachussetts, est sorti vainqueur du processus des primaires républicaines, qui l’ont opposé notamment au catholique ultra-conservateur Rick Santorum à l’ancien Speaker Newt Gingrich ainsi qu’au libertarien Ron Paul. M. Romney, candidat le plus modéré, sera officiellement investi au cours de la Convention Nationale du Parti républicain, qui se tiendra du 27 au 30 août. Les derniers sondages attestent que l’avance de M. Obama sur son adversaire républicain s’est considérablement réduite ces derniers mois. Les questions économiques dominent la campagne, alors que le Congrès et l’administration sont difficilement parvenus à un accord sur le budget 2011, et que le débat sur le relèvement du plafond de la dette en août dernier s’était soldé par un accord ne satisfaisant ni les démocrates ni les républicains membres du Tea Party. La dette du pays s’élève à 15.800 milliards de dollars (12.200 milliards d’euros), soit près de 100% du PIB, contre 10.600 milliards de dollars en janvier 2009, au moment de la prise de fonction de Barack Obama. Alors que la croissance du pays était de 3% au dernier trimestre 2011, elle a ralenti au premier trimestre 2012 pour s’établir à 2,2%. Le chômage se maintient à un niveau élevé et touchait en mai dernier 8,2% de la population.

François Hollande a rencontré pour la première fois le président Obama le 18 mai dernier, à la veille des sommets du G8 à Camp David et de l’OTAN à Chicago. Les deux présidents ont à cette occasion souligné leurs points de convergence. En matière économique d’abord, M. Hollande a insisté sur le fait que la croissance devait « être une priorité » et noté que le « président Obama a[vait] pu marquer une convergence sur ce point ». Sur la question iranienne, le chef de l’Etat français a déclaré qu’il était partisan de ce qu’une « négociation p[uisse] s’engager, mais avec la fermeté indispensable pour qu’il n’y ait à aucun moment l’accès de l’Iran à la technologie nucléaire », se révélant sur ce point plus proche de la position du président américain que ne l’était Nicolas Sarkozy. Le retrait programmé des forces combattantes françaises d’Afghanistan d’ici à la fin de l’année a également été évoqué au cours de cette rencontre, M. Hollande rappelant que la France continuerait de soutenir ses alliés en Afghanistan, ce soutien fût-il « d’une autre nature ».

Ezra Suleiman, vous êtes professeur de sciences politiques à l’Université de Princeton, où vous avez dirigé le Centre d’études européennes. Vous avez publié de nombreux ouvrages d’analyses socio-politiques, parmi lesquels : Le démantèlement de l’Etat démocratique (Seuil, 2005) Schizophrénies françaises (Grasset, 2008) et plus récemment Europe’s Custodians : The European Commission and Bureaucratic Autonomy (Cambridge University Press, 2012). Dans une tribune publiée dans Le Monde le 8 mars dernier, vous analysiez la campagne présidentielle française alors en cours en ces termes : « Alors que [la France] défend un consensus sur des politiques qui nécessiteraient d'être révisées, ce sont les Etats-Unis, le pays admiré par Tocqueville pour son pragmatisme et son consensus, qui sont devenus la terre des guerres idéologiques. (…) Comment se fait-il que la France soit devenue, sans l'admettre, le pays du consensus tandis que l'Amérique est en proie aux déchirements idéologiques ? ». Avant de vous interroger sur l’état des relations franco-américaines et américano- européennes, je voudrais ouvrir notre discussion en vous questionnant sur ces « déchirements idéologiques ». En quoi caractérisent-ils selon vous le paysage politique américain ? Cette situation est-elle nouvelle, ou relève-t-elle au contraire d’un état de fait plus ancien ?

Invités :

Ezra SULEIMAN, professeur de sciences politiques à l’Université de Princeton

Sylvie KAUFFMANN, directrice éditoriale au Monde

Jean-Louis BOURLANGES, professeur à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris

Max GALLO, romancier et historien

Programme de la suite des émissions thématiques d’été :

  • 12 août : Le monde arabe, avec Olivier Roy

  • 19 août : La Chine, avec François Godement

  • 26 août : Le Brésil, avec Jean-Pierre Langellier

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