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Thématique : L'Espagne - Benoît Pellistrandi

59 min
À retrouver dans l'émission

Benoît Pellistrandi, vous êtes historien, professeur de Première Supérieure au lycée Condorcet à Paris. De 1997 à 2005, vous avez dirigé à Madrid, la Casa de Velasquez, centre de création artistique et de recherche français. Vous êtes l’auteur de plusieurs ouvrages d’histoire contemporaine comparée, parmi lesquels L’histoire religieuse en France et en Espagne (Madrid, CCV, 2005) et L’histoire culturelle en France et en Espagne , écrit avec Jean-François Sirinelli (Madrid, CCV, 2008). Vous contribuez régulièrement aux revues Etudes et Commentaire , signez des éditoriaux dans la presse espagnole, et vous êtes sur le point de terminer une Histoire contemporaine de l’Espagne qui paraîtra chez Perrin en octobre prochain.

Le 22 mai 2011, le gouvernement dirigé alors par le socialiste José Luis Zapatero a connu une cinglante défaite aux élections régionales et municipales. Tous les pouvoirs socialistes régionaux ont été balayés, notamment dans les deux fiefs méridionaux de Castille – La Manche et l’Estrémadure. Prenant acte de son impopularité, M. Zapatero avait pris la décision d’avancer de quatre mois la date des élections législatives, qui se sont tenues le 20 novembre dernier. Le Parti Populaire a remporté ce scrutin avec 44,56% des voix, obtenant 186 sièges, soit dix sièges au-dessus de la majorité absolue. Mariano Rajoy, président du Parti Populaire, plusieurs fois ministre des gouvernements de José Maria Aznar, est devenu le 20 décembre le nouveau président du gouvernement. Jamais, depuis 1977, un parti n’avait disposé d’une telle concentration des pouvoirs (municipaux, régionaux et national).

100 jours après sa prise de fonction, le gouvernement de M. Rajoy a présenté le budget le plus austère de l’histoire du pays depuis la fin de la période franquiste et un plan de rigueur qui prévoit 27 milliards d’euros d’économies. Maintien en 2012 du gel des salaires des fonctionnaires (abaissés de 5% en 2010 puis gelés en 2011), non remplacement des départs dans la fonction publique, sauf pour la santé, l’éducation et les forces de l’ordre où un poste libéré sur dix sera pourvu. Une hausse d'impôts temporaire accompagne des coupes claires dans les budgets de l'Equipement (1,6 milliard en moins), de l'Industrie (1,1 milliard) et de l'Economie (1,1 milliard). La veille de l’annonce de ce plan, le 29 mars, les syndicats avaient appelé à la grève générale, et plusieurs centaines de milliers de personnes avaient manifesté dans le pays pour protester contre la réforme du marché de l’emploi mise en place début février.

En 2011, le déficit des régions était de 2,9% du PIB, bien au-delà de l’objectif fixé de 1,3%. Pour contrer les effets de la récession annoncée pour 2012 et d’un recul du PIB de 1,7%, le gouvernement a fixé début mars un nouvel objectif de réduction du déficit public, à 5,3% du PIB pour 2012 – contre les 4,4% initialement prévus –, et 3% pour 2013. La dette publique, qui a presque doublé depuis 2007, s’élevait fin 2011 à 68,5% du PIB. Le chômage touche 23% de la population active, soit 5,3 millions de personnes, et plus d’un jeune de moins de 25 ans sur deux.

Suite à l’échec d’une émission d’emprunts le 4 avril, le ministre du budget Cristobal Montoro a en outre annoncé que le gouvernement souhaitait économiser 10 milliards d’euros sur les dépenses des 17 communautés autonomes du pays.

Benoît Pellistrandi, dans un article paru en janvier dernier dans la revue Confluences Méditerranée , vous analysez le « tournant historique » que constitue selon vous la crise que connaît le pays depuis 2008. Vous la replacez dans le cycle long de l’Histoire de l’Espagne, et vous écrivez : « Le niveau de prospérité que les Espagnols ont atteint à partir de la fin du XXème siècle fait de la période 1975-2005 l’équivalent des « Trente glorieuses » françaises en terme de « révolution invisible ». Le support matériel et la croissance ont alimenté un puissant optimisme social. C’est cet élément qui se dissout littéralement sous nos yeux et qui donne à la crise espagnole son caractère historique. ». Benoît Pellistrandi, en quoi la crise que connaît le pays depuis 2008 constitue-t-elle un tournant dans l’histoire du pays ? En quoi pensez-vous qu’il faille l’analyser en termes structurels et non seulement conjoncturels ? Pouvez-vous nous éclairer sur la structure politique et économique de l’Espagne contemporaine ?

Invités :

Benoît PELLISTRANDIi, historien, spécialiste de l’Espagne contemporaine

Michaela WIEGEL, correspondante à Paris de la Frankfurter Allgemeine Zeitung

Jean-Louis BOURLANGES, professeur à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris

Max GALLO, romancier et historien

Quelques publications récentes de Benoît Pellistrandi :

  • La historiografía francesa del siglo XX y su acogida en España (Madrid, 2001)

  • Avec Jean-François Sirinelli: L’histoire religieuse en France et en Espagne (Madrid, 2005)

  • L’histoire culturelle en France et en Espagne (Madrid, 2008)

  • A paraître : Histoire contemporaine de l’Espagne (Perrin, Paris, octobre 2012)

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