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Thématique : Marc Lazar - L’Italie

58 min
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Marc Lazar - L’Italie

Marc Lazar, vous êtes professeur d’histoire et de sociologie politique à l’Institut d’Etudes politiques de Paris et professeur associé à l’université Luiss-Guido Carli de Rome. Vous dirigez le Groupe de recherches pluridisciplinaires sur l'Italie Contemporaine au Centre d’Etudes et de Recherches Internationales (CERI).Vous avez publié en 2009 L’Italie sur le fil du rasoir : Changements et continuités de l’Italie contemporaine , aux éditions Perrin, et vous avez dirigé l’ouvrage collectif L’Italie contemporaine de 1945 à nos jours , paru chez Fayard toujours en 2009. Vous êtes également l’auteur de L'Italie à la dérive (Perrin, 2006) et de Politique à l’italienne , co-écrit avec Ilvo Diamanti (PUF, 1997).

L’Italie vient de fêter son 150ème anniversaire et son unité reste encore un des thèmes du débat politique. C’est la partitocratie qui, après le renvoi d’une monarchie rejetée par le nord et soutenue par le sud qui a réussi à instaurer la République, une partitocratie dont on ne connaît pas d'équivalent en France, et qui est d’abord celle des deux grands partis : la Démocratie chrétienne et le Parti communiste italien ». Après la modernisation et le « miracle italien » des années 60 autour de la sidérurgie, du pneumatique, de la métallurgie et de l’industrie automobile, les années de plomb puis l’opération mains propres de 1992 ont abouti à la disparition des partis politiques historiques comme la Démocratie chrétienne, le Parti socialiste et le Parti communiste. C’est sur leurs ruines que Silvio Berlusconi s’impose à partir de 1994 comme une figure majeure de la vie politique italienne, avec la création de Forza Italia, qui est davantage un rassemblement qu’une organisation politique. Enrichi dans la construction, propriétaire de la holding Fininvest qui contrôle entre autres les éditions Mondadori, le groupes Mediaset (détenteur des chaînes de télévision Canale 5, Italia 1 et Retequattro), et le club de football de l’AC Milan, Berlusconi, brièvement président du conseil entre 1994 et 1995, occupe cette fonction de 2001 à 2006 puis de 2008 à aujourd’hui. Le gouvernement actuel est soutenu par la coalition entre le Peuple de la liberté de Berlusconi et la Ligue du Nord , parti populiste qui occupe 59 sièges sur 630 au parlement. Le Peuple de la liberté est constitué entre autres de Forza Italia et de l’Alliance Nationale de Gianfranco Fini, qui a fait sécession il y a un an pour créer le parti Futur et liberté pour l’Italie . Dans L’Italie sur le fil du rasoir , il y a deux ans, vous écriviez « les chefs de la majorité actuelle se caractérisent par leur pérennité : Silvio Berlusconi dirige son parti depuis 14 ans, Umberto Bossi a fondé la Ligue lombarde, ancêtre de la Ligue du Nord, il y a 26 ans, quant à Gianfranco Fini, il avait été nommé secrétaire du MSI en 1987 et, hormis un intervalle d’un an, il a dirigé ce parti puis Alliance nationale jusqu’en 2008 » . Si, selon vos propres mots « l’état de la démocratie italienne nourrit des inquiétudes » , le pays apparaît toujours divisé entre le Nord et le Sud, entre les pro et les anti-Berlusconi, et entre deux générations, comme l’attestent les violentes émeutes étudiantes de décembre 2010, qui ont réuni 100.000 personnes à Rome et causé 20 millions d’euros de dégâts. Selon vous « l’Italie ne sait pas trop que faire de ses divisions et de ses conflits. Elle est tentée par deux attitudes extrêmes : les exacerber ou les refouler, au lieu de les assumer et de les dépasser » . Marc Lazar, pouvez-vous nous éclairer sur la nature des divisons à l’œuvre dans la société italienne ? Comment caractériser les dix-sept années de berlusconisme ?

Intervenants
  • Député Modem des Hauts de Seine, vice-président de la commission des affaires européennes et ancien député européen, essayiste
  • Romancier et historien
L'équipe
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