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Victor Orban / Emmanuel Macron devant le Congrès réuni à Versailles

Viktor Orban : l'Europe agit-elle à contretemps ou à point nommé ? / Richard Ferrand, nouveau président de l'Assemblée nationale : quel parlement face à l'Hyper-Président ?

58 min
À retrouver dans l'émission

Dans l'Esprit Public, ce dimanche, Emilie Aubry reçoit l'essayiste Philippe Manière, la journaliste Christine Ockrent, l'essayiste Thierry Pech et l'ancien ministre des Affaires étrangères Hubert Védrine.

Victor Orban / Emmanuel Macron devant le Congrès réuni à Versailles
Victor Orban / Emmanuel Macron devant le Congrès réuni à Versailles Crédits : AFP

Viktor Orban sanctionné : l'Europe agit-elle à contretemps ou à point nommé pour défendre ses valeurs fondamentales ?

Victor Orban
Victor Orban Crédits : AFP

« Mal nommer les choses c’est ajouter au malheur du monde », avait écrit un jour Albert Camus ! Or cette semaine précisément, l’Europe avait décidé de « nommer », d’appeler un chat un chat, en brandissant l’article 7, procédure permettant à Bruxelles de sanctionner un pays qui ne respecterait pas les valeurs de l’Union.

Oser nommer, oser dire que Viktor Orban n’était pas un dirigeant de droite parmi d’autres au sein du PPE, oser dire que le dirigeant hongrois se situait bien à l’extrême droite de l’échiquier politique européen. Nommer, affirmer clairement que la Hongrie n’était plus un Etat de droit, parce que la justice n’y était plus indépendante, parce que les journalistes ne pouvaient plus critiquer le pouvoir, parce que les ONG des droits de l’homme étaient harcelées fiscalement, parce que les marchés publics étaient attribués aux proches d’Orban, parce que les migrants et les sans-abris pouvaient être tabassés et incarcérés sans raison valable par les forces de l’ordre.

Ce que l’Union européenne n’avait fait qu’une fois à l’encontre de la Pologne, fin 2017, elle le faisait donc une seconde fois pour la Hongrie : dégainer l’article 7 qui pouvait conduire - théoriquement - à une suspension des droits de vote du pays incriminé au sein de l’Union. 

A 9 mois des élections, européennes, la question était de savoir si l’Europe ne se lançait pas un peu trop tard dans cette arène où campait déjà solidement le couple Orban-Salvini, s’il était encore temps de se souvenir que l’Europe avait des « valeurs » à défendre….  Ce combat pour des « valeurs » dont s’emparait lui-aussi Viktor Orban, assumant parfaitement de défendre, lui, un tout autre « modèle ».

Après l’élection d’un nouveau président de l’Assemblée nationale très proche de l’Elysée : quel parlement face à l’Hyper-Président, ou pourquoi tous nos chefs d’État finissent toujours par se sentir tellement à l’aise dans les habits du général de Gaulle, jouissant à plein du centralisme de la Ve République ?

Emmanuel Macron devant le Congrès réuni à Versailles
Emmanuel Macron devant le Congrès réuni à Versailles Crédits : AFP

Il avait été difficile cette semaine de se passionner pour l’élection du nouveau président de l’Assemblée Nationale ! Sans surprise, c’était bien l’ami de la première heure du Président, Richard Ferrand, qui accédait au perchoir, et tant pis pour la député En Marche Barbara Pompili, également candidate, qui avait tenté de convaincre que dans le nouveau monde qui disait favoriser le renouvellement des individus et des pratiques, elle pouvait prétendre devenir la première femme présidente de l’Assemblée Nationale. Richard Ferrand, par ailleurs mal élu par les députés en marche : 254 voix seulement quand le groupe des marcheurs comptait 312 députés. Ce qui semblait indiquer qu’au fil du temps, le groupe de députés dits "godillots aux ordres de l’Elysée", commençait peut-être à s’affranchir… D’aucuns d’ailleurs avaient cru voir avant les vacances comme le début d’un réveil des oppositions et du débat démocratique au sein de l’institution parlementaire, grâce à l’affaire Benalla. Ainsi le Sénat se flattait de jouer mieux que l’Assemblée nationale son rôle de contre-pouvoir en auditionnant l’ancien garde du corps dans le cadre d’une commission d’enquête. Il n’en demeurait pas moins qu’on constatait en cette rentrée que le jeune président Macron se sentait définitivement très à l’aise dans les usages gaulliens de la Ve République, nommant, verrouillant, centralisant son pouvoir. Alors on se posait la question : chambre Basse et chambre Haute seraient-elles davantage dans les mois à venir des lieux de débat, de contrôle de l’action de l’exécutif ; quel serait, en cette saison II du macronisme, le parlement face à l’hyper président ? Et au-delà, était-ce bien cette pratique là du pouvoir qu’attendaient les Français ? 

Intervenants
  • Président et co-fondateur de la société de conseil Vae Solis Communications
  • Journaliste et productrice de l'émission "Affaires étrangères" sur France Culture
  • directeur général de Terra Nova
  • diplomate, ancien ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement Jospin et ancien secrétaire général de la présidence de la République sous François Mitterrand
L'équipe
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