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Champagne ! / Revue LeRouge&leBlanc

5 min
À retrouver dans l'émission

Samuel Cogliati : Champagne, le rêve fragile (Possibilia) / Revue LeRouge&leBlanc N°110

revue
revue Crédits : Radio France

« Tout excès est mauvais – disait Francis Scott Fitzgerald – mais un excès de champagne is just right » et Flaubert relevait dans son Dictionnaire des idées reçues que « c’est par lui que les idées françaises se sont répandues en Europe ». On ne prête qu’aux riches, si l’écrivain fanfaronne ainsi c’est peut-être qu’il en avait bu une coupe de trop, de même finalement que les adeptes des idées françaises dans les cours d’Europe… Car le champagne est un symbole de fête mais aussi de notre art de vivre et s’il n’est toujours pas classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, contrairement au repas gastronomique des Français, il attend son tour, activement. Le breuvage, « alliance exceptionnelle – je cite Samuel Cogliati – entre rafraîchissement et source d’ivresse, élégance d’arômes et subtilité incomparable » défend d’ailleurs opiniâtrement son appellation d’origine devant les tribunaux et si aux États Unis ou en Russie le contentieux reste ouvert le Brésil et la Chine ont reconnu et enregistré l’indication géographique. Même si nos compatriotes en consomment 171 millions de bouteilles tous les ans, ça ne suffirait pas à écouler les autres centaines de millions produites. La vigilance reste donc de mise face aux contrefaçons.

L’auteur aborde d’ailleurs sans faux-semblants l’aspect industriel de cette production, les pesticides et engrais chimiques, les apports de terre allogène qui favorisent le tassement des parcelles, entraînant la disparition de l’humus, régulateur hydrique, élément nourricier de la flore microbienne du sol et de la nutrition azotée des ceps. La production à grande échelle de raisin pour les « grandes maisons » fait tourner tout un système qui entretient le cercle vicieux de la dévitalisation des sols, de l’apparition des parasites et de l’épandage de nouveaux traitements chimiques. La course au rendement est également à l’origine de la destruction des vieilles vignes, qui produisent moins de raisin mais dont la qualité est supérieure. A ce système il oppose le petit cercle des dénommés « récoltants manipulateurs », qui cultivent eux-mêmes leurs vignes et élaborent leur vin, pour la plupart selon les principes bio de l’élicitation , qui stimule les défenses de la plante à partir de molécules d’origine naturelle sans effet néfaste pour l’environnement. 130 pages de dégustation de près de 200 cuvées élaborées par 46 domaines, réalisées avec l’appui logistique et la compétence de la fine équipe de la revue LeRouge&leBlanc viennent confirmer à la fois la belle santé des buveurs et le gain en qualité de ceux qui se détournent des méthodes industrielles. Je dois à la vérité de dire que les dégustations se sont déroulées sur trois années, quand même, de mai 2011 à septembre 2013.

Comment les bulles sont-elles venues au champagne ? L’affaire est disputée. S’il est établi que Dom Pérignon n’y est pour rien, même si son rôle d’expert pour l’élaboration de ce vin n’est pas niable, il n’est pas sûr non plus que ce soient les Anglais au XVIIème siècle, comme le voudrait une autre hypothèse. J’ai posé la question à Jean-Marc Gatteron, le rédacteur en chef de la revue LeRouge&leBlanc , qui penche pour la thèse d’une dérive naturelle des vins en bouteille. « Pour réaliser ces mousseux – précise-t-il - Ies vins blancs tranquilles de champagne étaient les plus aptes à pétiller. En effet, les vendanges étaient tardives à l'époque en Champagne (au mois de novembre). Il faisait très frais, voire froid, les celliers n'étaient pas chauffés et donc la fermentation (transformation des sucres en alcool et en gaz carbonique) était incomplète. Elle repartait au printemps au moment du transport du vin à destination des acheteurs anglais. »

On trouvera d’ailleurs dans le livre un aperçu des recherches du physicien Gérard Liger-Belair avec les étonnantes photos des trains de bulles à leur départ d’une fibre de cellulose creuse présente dans une flûte, reste de filament cotonneux d’un torchon. On a établi que les protéines étaient favorables à la mousse, contrairement aux lipides présents dans le rouge à lèvres, par exemple… C’est pourquoi la mousse est moins abondante dans la coupe d’une femme maquillée que dans celle de son compagnon.

Jacques Munier

Un livre à commander en ligne

http://www.possibiliaeditore.eu/france.html

le rouge et la blanc
le rouge et la blanc

Revue LeRouge&leBlanc N°110

http://www.lerougeetleblanc.com/weblog.php?id=C0_5_1

Avec notamment la découverte du vignoble d’Irouléguy, dans le Piémont pyrénéen à 45 km de Biarritz et de l’Atlantique

LeRouge&leBlanc n° 111 (Hiver 2013/14)

Au sommaire :

L'Editorial consacré aux 30 ans de la revue (fondée en 1983),

Un article central, précis et détaillé, dégustations collectives à l'appui du millésime 2010, qui concerne l'une des communes de la Côte-de-Nuits : Morey-St-Denis avec 160 hectares rouges à une énorme majorité.

Le portrait d'un vigneron haut en couleurs du Muscadet : Vincent Caillé qui fait partie de ces amoureux de ce vignoble trop souvent méprisé et qui lui redonne ses lettres de noblesse.

Portrait de Valérie et Benoît Lahaye, vignerons champenois de la Montagne de Reims, que l'on retrouve par ailleurs parmi les 46 domaines cités par Samuel Cogliati dans son ouvrage.

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