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Histoire d’Athènes, des origines à nos jours / Revue Vacarme

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Jacques Bersani : Histoire d’Athènes, des origines à nos jours (Tallandier) / Revue Vacarme N° 59 Dossier Sarajevo et « Hongrie Luttes en scène »

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Athènes
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Jacques Bersani : Histoire d’Athènes, des origines à nos jours (Tallandier)

C’est la première synthèse disponible en français sur l’histoire de cette ville mythique, aussi curieux que ça puisse paraître. On connaît bien l’Athènes antique, celle de Périclès, un petit peu moins l’Athènes hellénistique et romaine mais celle qui entre à reculons dans l’ère chrétienne et dans l’Empire byzantin, de même que celle qui sera conquise en 1456 par les Ottomans semble être sortie de l’histoire avec un grand H. Athènes, nous dit Olivier Rolin dans un ouvrage collectif consacré à la ville et cité par l’auteur, est la seule capitale d’Europe où l’histoire, affectée d’une syncope de plus de vingt siècles, n’inscrit pas ses tracés et ratures successifs composant ce palimpseste de pierre qu’est une ville.

Il faut dire qu’à la lecture du livre de Jacques Bersani on comprend vite que ces « tracés et ratures successifs » se sont en quelque sorte annulés eux-mêmes et comme résorbés dans l’ombre portée par l’éclat du miracle grec et du siècle de Périclès, dont il faut rappeler, d’ailleurs, qu’il n’aura duré que trente ans. Et pourtant, durant ce que les historiens appellent, en référence à l’époque archaïque, les « siècles obscurs », l’histoire est bien passée et repassée dans cette métropole. Témoin d’une époque où le palimpseste déposé par le cours du monde était encore visible, Chateaubriand, dans son Itinéraire de Paris à Jérusalem, décrit cette ville « échouée au confluent des mondes oriental et occidental, un assemblage confus, les chapiteaux des Propylées, les colonnes du Parthénon, les embrasures d’une muraille chargée de canons, les débris gothiques des chrétiens et les masures des musulmans ».

La conversion de Constantin et l’adoption de la religion chrétienne par l’Empire romain au IVème siècle n’enlève rien au prestige culturel d’Athènes, ni même les édits de Théodose qui interdisaient de fréquenter les sanctuaires et d’y accomplir des sacrifices et n’ont pas empêché les Athéniens de continuer à célébrer les Panathénées. Les décrets de son successeur, au Vème siècle, qui stipulaient que les temples devaient être détruits épargnèrent Athènes où il suffisait de les convertir en églises. Mais le coup d’arrêt au rayonnement de la cité est donné en 529, date symbolique entre toutes, où l’Empereur Justinien décrète la fermeture des écoles philosophiques, florissantes à l’époque, en particulier l’Académie néo-platonicienne un temps dirigée par Proclus. Le Parthénon devient la cathédrale des Athéniens mais la rareté des églises paléochrétiennes à Athènes témoigne du retard de la ville à entrer dans l’ère chrétienne. Désormais byzantine, Athènes va se contenter de subir l’histoire : le schisme, la 4ème croisade qui prélude à la fin de l’Empire byzantin, le partage des dépouilles qui la transforme en duché attribué au bourguignon Othon de La Roche. De bourguignonne elle deviendra catalane puis florentine et rapidement vénitienne.

En 1456 les Turcs arrivent à Athènes. Deux ans plus tard, Mehmet II, le conquérant de Constantinople se rend dans la ville. Ebloui par la beauté des monuments il décide de les protéger en menaçant de punir de mort quiconque voudrait les piller. Très vite cependant le Parthénon est flanqué d’un minaret et ses peintures murales sont badigeonnées à la chaux. De cette époque, le quartier de Plaka avec ses airs de vieux Stamboul garde le souvenir. S’identifiant à la religion orthodoxe, Athènes entre en résistance et cette longue éclipse permet de comprendre l’importance de cette religion dans la vie des Grecs jusqu’à nos jours où les nombreux biens de l’Eglise, par exemple, ne font l’objet d’aucun débat dans le contexte de la crise actuelle.

A la fin du XVIIème siècle, une expédition vénitienne qui finit par échouer transforme le Parthénon en une ruine béante en faisant exploser la réserve de poudre à canon que les Turcs avaient stockée là. On connaît l’histoire du Lord anglais qui réussit à embarquer en morceaux la frise du temple d’Athena parthenos (la vierge), au prix de terribles dégradations. Cette frise de 160 mètres de long, avec ses plus de 360 figures humaines et divines, et ses 220 figures d’animaux est la plus grande composition sculptée en bas-relief qui nous reste de l’Antiquité. Elle se trouve toujours au British Museum malgré les revendications de la Grèce, qui explique notamment que la frise a été achetée au gouverneur ottoman, qui ne représentait pas le peuple grec. Les Anglais estiment quant à eux qu’elle a été achetée au représentant de l'autorité souveraine, en fonction au moment de la vente. Et l’argument opposé aux autorités grecques par la direction du musée est que cette œuvre appartient désormais au patrimoine culturel de l’humanité. Retour à la case départ, en quelque sorte et Athènes, à son corps défendant, renvoyée à sa prestigieuse qualité de berceau de la civilisation européenne.

J’ajoute que l’un des objectifs de l’auteur de ce livre, Jacques Bersani, c’est de nous montrer que, dans cette nouvelle épreuve que connaissent les Athéniens, eh bien si on se tourne vers l’histoire, depuis 3000 ans Athènes en a vu d’autres et elle est toujours là, c’est en quelque sorte un message d’espoir, de courage, de combativité

Londres, le 23 juin 2011, Art Media Agency (AMA).

L’État Grec demande au British museum depuis des années la restitution des éléments de la frise du Parthénon qui font partie des collections depuis maintenant 200 ans. Alors que le sujet de la dette grecque était mis sur le tapis, la question de la restitution est réapparue en Angleterre. David Cameron est cependant ferme et clair dans sa réponse : les sculptures ne retourneront pas à Athènes.

L’ambassadeur britannique de Constantinople, Lord Elgin, avait au début du XIXe siècle envoyé l’essentiel des sculptures en marbre de la frise du Parthénon, des frontons et des métopes à Londres. En 1816, le British Museum en fait l’acquisition, elles sont restées depuis au sein de l’institution britannique. Le musée du Louvre conserve également trois fragments de cette frise.

La Grèce en demande la restitution depuis des années, mais aucune base légale ne lui permet d’obtenir gain de cause.

Jacques Munier

Revue Vacarme N° 59 Dossier Sarajevo et « Hongrie Luttes en scène »

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