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La fabuleuse histoire du clitoris / Revue Genre, sexualité et société

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À retrouver dans l'émission

Jean-Claude Piquard : La fabuleuse histoire du clitoris (H&O) / Revue électronique Genre, sexualité et société Dossier VIH Sida

H&O
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Aussi incroyable que ça puisse paraître, une proportion importante de femmes et plus de 50% des jeunes filles ignorent tout de « cet organe surdoué du plaisir féminin, qui cumule plus de 10 000 terminaisons nerveuses, mesure 11 cm de long au repos et se déploie dans tout le bassin féminin avec ses racines, comme un phénix », tel que joliment défini dans sa préface par Julie Muret de l’association Osez le féminisme , qui avait en son temps (2011) lancé une campagne d’information et de sensibilisation sur le plaisir sexuel féminin : Osezleclito . Un sondage effectué alors révélait que moins d’un quart des femmes connaissaient la taille du clitoris. Et seules 16% des jeunes filles connaitraient sa fonction érogène.

Il faut dire que le clitoris, s’il est repéré depuis longtemps, reste dans l’angle mort des manuels cliniques et des séminaires de sexologie. Il y a seulement quelques années, l’urologue australienne Helen O’Connell dénonçait le fait que lors des opérations de la prostate, toutes les précautions sont prises pour préserver les nerfs érecteurs alors que dans les interventions chirurgicales gynécologiques on ne se préoccupe aucunement de la neurologie intime des femmes. La raison en est que ce système nerveux n’est tout simplement pas décrit dans les traités d’anatomie.

Et pourtant, il fut un temps pas si lointain où les médecins considéraient l’orgasme comme un remède à la neurasthénie et à l’hystérie, suivant en cela la mécanique des fluides de haute époque hippocratique : pour maintenir les équilibres garants d’une bonne santé, point de rétention des humeurs corporelles et va pour l’orgasme médicalement assisté. Tout au long du XIXème siècle les femmes seules et dépressives, réputées inaccessibles à ces orages désirés, se faisaient manuellement stimuler la vulve par leur praticien préféré afin d’atteindre le nirvana. « Cette activité – nous dit l’auteur, sexologue clinicien, avec une pointe de nostalgie – représentait environ un tiers du chiffre d’affaires des médecins ». Une véritable rente sur un marché très stable, puisque les hystériques ne risquent pas de mourir de leur maladie, pas plus qu’elles ne peuvent en guérir. En revanche la pratique pouvait se révéler chronophage, certaines femmes nécessitant jusqu’à une heure de stimulation thérapeutique.

C’est sans doute pourquoi on imagina en contexte thermaliste un dispositif plus efficace pour ce siècle industriel, une machine qui peut à bon droit être considérée comme l’ancêtre du vibromasseur, d’abord à manivelles ou à pédales, puis à vapeur et enfin, grâce à la fée électricité, dotée d’une miraculeuse autonomie. L’auteur note au passage que le vibromasseur allait être le quatrième appareil électrique à apparaître sur le marché, bien avant l’aspirateur. Sinon c’était la douche, le jet orienté par un opérateur entre les cuisses, on appelait ça la « physiothérapie » et l’on croit savoir que ce massage vulvaire hydraulique, communément appelé douche clitoridienne, contribua grandement à la prospérité des établissements de cure thermale.

Mais le Grand Siècle du clitoris reste sans conteste le siècle des Lumières et du libertinage. Là, le bouton de rose entre en littérature. Tribades et ménades vont peupler l’avant-scène des fantasmes de tout bord. Jean-Claude Piquard cite chastement le best-seller de l’époque, Thérèse philosophe du marquis Boyer d’Argens, et la stupéfiante chatouille qui la secoua de spasmes l’ébranlant de la tête aux pieds, la fit cambrer nerveusement et pousser un long gémissement dont elle ne savait s’il était de plaisir ou d’extase.

Jacques Munier

Revue électronique Genre, sexualité et société Dossier VIH Sida

http://gss.revues.org/

Une approche critique sur trois plans : la production scientifique, la représentation médiatique et la gestion politique de l’épidémie.

Et notamment :

Michael Voegtli

La politisation d’une épidémie : les mécanismes de construction d’une cause

Paul Farmer

« Envoyer la maladie ». Entre sorcellerie et politique, l’évolution des conceptions du sida dans les zones rurales d’Haïti

Randall M. Packard et Paul Epstein

Les épidémiologistes, les chercheurs en sciences sociales et l’organisation de la recherche médicale sur le sida en Afrique

Ce numéro est dédié à la mémoire du Dr Paul Epstein, décédé le 13 novembre 2011, dont l’un des textes est présenté et commenté ici.

Il s’est mobilisé pour le soutien aux programmes de santé communautaire et de nutrition du Bronx, et pour l’accès aux soins des africains-américains et des latino-américains.

Et s’est spécialisé sur l’impact du changement climatique sur la santé

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