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Paris romantique / Les carnets du paysage

4 min
À retrouver dans l'émission

Sylvain Ledda : Paris romantique. Tableaux d’une ville disparue (CNRS Editions) / Revue Les carnets du paysage n°24 Dossier Du dessin

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La vie mondaine, artistique et littéraire au miroir de Paris, et Paris sous le regard des écrivains, des musiciens ou des dandys à l’époque romantique, sous la Restauration et la monarchie de Juillet, avant que les grands travaux d’Haussmann ne retournent ses venelles et ses boyaux comme un gigantesque labour, c’est ce tableau vivant que dépeint Sylvain Ledda. La ville n’avait alors guère changé depuis l’Ancien Régime, avec ses douze arrondissements, le suivant n’existant que dans l’expression « se marier au 13ème arrondissement », qui signifiait vivre en concubinage, si bien que lorsque les vingt arrondissement actuels furent créés en 1859, personne ne voulut entendre parler du 13ème. Et le Paris des romantiques, c’est celui qui s’étend du Boulevard Magenta à la rue Lafayette et aux grands boulevards, en gros le 9ème et le sud du 17ème actuels, voire plus au sud le quartier de l’Opéra et le faubourg Saint-Honoré, en tous cas la rive droite. Le cœur historique de Paris – l’île de la Cité, le Marais, la Bastille et le faubourg Saint-Antoine – est occupé par une population d’ouvriers et d’artisans, souvent misérables et l’habitat y relève du taudis. Plus au sud, autour de la place Maubert, il ne fait pas bon s’aventurer dans certaines ruelles à l’atmosphère fuligineuse et propice au crime.

C’est une tradition parisienne déjà bien ancienne que celle des travaux d’embellissement qui ouvrent périodiquement de vastes chantiers et suscitent avec constance la même méfiance, voire l’opposition résolue des parisiens. Il allait falloir la fermeté d’un pouvoir impérial pour imposer le cataclysme haussmannien. Mais à l’époque romantique un parisien sourcilleux s’offusque déjà de la façon dont « les gâcheurs de plâtre » traitent le vieux Paris et il part en guerre contre les « démolisseurs ». Il est vrai que la ruine et ses mystères dégage une poésie mélancolique qui est dans l’air du temps. Victor Hugo, puisque c’est lui, situera dans la ville médiévale qu’il a en partie sous les yeux les scènes de Notre-Dame de Paris . Et il fustige les aménagements et les réalisations architecturales de cette première moitié du siècle en filant la métaphore pâtissière. « La Sainte-Geneviève de M. Soufflot est certainement le plus beau gâteau de Savoie qu’on n’ait jamais fait en pierre (…) Les tours de Saint-Sulpice sont deux grosses clarinettes », même si c’est sous leur pavillon qu’il a épousé Adèle.

La psychogéographie des romantiques dérive de café en théâtre et de cénacle en jardin. Les personnages des récits de Musset ou Balzac aiment flâner aux Tuileries et au Luxembourg. On raconte que Théophile Gautier s’y promenait volontiers en trainant un homard au bout d’un ruban bleu. Mais le havre préféré de la génération aux « orages désirés » reste les boulevards, de la Bastille à la Madeleine, avec leurs cafés, leurs théâtres et leur foule bigarrée, toutes classes confondues dans la coulée de tous les plaisirs. Balzac affirme dans sa physiologie des boulevards de Paris que « toute capitale a son poème où elle s’exprime, où elle se résume ». Pour Paris, ce poème est le boulevard, « qui ne ressemble jamais à lui-même, ressent toutes les secousses de Paris. Il a ses heures de mélancolie et de gaîté, ses heures désertes et ses heures tumultueuses, ses heures chastes et ses heures honteuses. » C’est la vitrine et le miroir du flâneur, qu’il soit dandy ou godelureau, qu’elle soit grisette ou comtesse.

Jacques Munier

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Revue Les carnets du paysage n°24 Dossier Du dessin

« Le dessin de paysage est une façon de prendre connaissance du terrain, d’en dégager les lignes de force qui le structurent et de comprendre l’histoire dont il est issu – une forme d’intervention sans cesse renouvelée pour le décrire et en extraire les potentialités »

Gilles Clément : dessiner, c’est montrer l’invisible

Au sommaire

ÉDITORIAL Gilles A. Tiberghien, Du dessin POSITIONS Catherine Dee, Plus et Moins : du dessin critique appliqué au paysage Gilles Vexlard, Autour du dessin Hervé Brunon, Regards croisés. Projets et rendus de concours. Entretiens avec l'agence Base, l'Atelier de paysages, Gilles Clément, Pascal Cribier, Denis Delbaere Philip C. Mac Google, Le paysage sans le dessin !

MÉTHODE Jean-Claude Lebensztejn, Cozens en personne Alexander Cozens, Nouvelle méthode Paul Cox, Sept variations sur la vue de ma fenêtre, en pensant à Alexander Cozens Michaële-Andréa Schatt, Taches d'ombres

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