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Patrick Modiano le 16 septembre 2003.

Patrick Modiano : "Ecrire, c'est une activité un peu anachronique"

57 min
À retrouver dans l'émission

Un entretien de Patrick Modiano avec Sandrine Treiner enregistré pour le Marathon des Mots en 2012 et diffusé à l'occasion d'une Journée Evénement après l'annonce de son Prix Nobel de littérature en octobre 2014. Il revient sur sa technique d'écriture et son évolution au cours des années.

Patrick Modiano le 16 septembre 2003.
Patrick Modiano le 16 septembre 2003. Crédits : Ulf Andersen / Aurimages - AFP

A l'occasion dune journée Evénement autour de Patrick Modiano, France Culture diffuse un entretien de 2012 entre l'écrivain et Sandrine Treiner qui le faisait s'exprimer sur sa pratique de l'écriture. Il dit que dans ses premiers écrits "il n'y avait pas de respiration" et cela reflétait sa façon d'écrire, assez "pénible".

Quand j'ai commencé à écrire c'était plus pénible parce que c'était phrase par phrase, je n'arrivais pas à écrire d'une manière continue. Sans écrire quinze pages par jour, quelques fois je n'arrivais pas à écrire plus de deux phrases.

Il se dit toujours étonné des écrivains qui se disent être "capables d'écrire pendant sept ou huit heures de suite". "J'y pense sans arrêt mais le fait d'écrire c'est assez court", explique-t-il en raison de la "tension" due à la "concentration", sinon "ça patine, ça devient mécanique".

Au bout d'un certain temps il y avait un sentiment d'insatisfaction parce que le livre ne correspondait jamais à ce que je m'imaginais quand j'avais commencé le livre. Quand le livre était fini, il me semblait comme une sorte de réduction, une sorte de bonsaï de ce que j'aurais voulu faire. Et donc après je recommençais un autre livre.... [...] Bien que j'écrive des livres assez courts, je rajoute plusieurs éléments et je regrette de n'avoir pas traité... j'ai toujours l'impression d'avoir gâché plusieurs histoires dans un.

Patrick Modiano explique vouloir "écrire en creux", il supprime "des phrases intermédiaires" et se sent "plus à l'aise" lorsqu'il s'agit "de retrancher". De ce travail de "correction" après l'écriture du livre, l'écrivain confie que c'est difficile de "prolonger la concentration".

C'est ça peut-être la vocation du romancier, c'est de trouver un mystère à ce qui paraît quotidien.

En conclusion de l'entretien, l'écrivain de La Place de l'Etoile revient sur la période de l'Occupation.

Moi j'ai toujours eu l'impression que j'étais le fruit de l'Occupation. C'est comme des fleurs qui ont grandi sur des terrains un peu pourris. C'était des sensations presque existentielles d'être le fruit de l'Occupation. [...] Un peu comme les enfants qui sont nés après les guerres, ça a provoqué des rencontres bizarres, des rencontres hasardeuses entre des hommes et des femmes et donc il y a eu des enfants qui sont nés. Moi j'ai toujours eu l'impression que j'étais comme une sorte de fruit de cette époque, de cette espèce de terreau un peu pourri, notamment à Paris.

Intervenants
  • écrivain, prix Nobel de littérature en 2014, auteur de « Souvenirs dormants » et de « Nos débuts dans la vie », ed. Gallimard.
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