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Centrale nucléaire du Bugey (région Auvergne-Rhône-Alpes), automne 2017.

Contre la catastrophe - Retours à la centrale nucléaire du Bugey

58 min
À retrouver dans l'émission

Pourquoi aller à Saint-Vulbas ? Pour examiner de plus près ces quatre tours de la centrale nucléaire aperçue depuis la salle de répétition par les étudiants de l'école de théâtre de Lyon. Lisiane Durand accompagne la troupe qui interroge la manière d’appréhender ce monde qui cohabite avec l'atome.

Centrale nucléaire du Bugey (région Auvergne-Rhône-Alpes), automne 2017.
Centrale nucléaire du Bugey (région Auvergne-Rhône-Alpes), automne 2017. Crédits : Colombine Jacquemont

Une Expérience signée Lisiane Durand, réalisée par Véronique Lamendour

A l’automne 2017, une équipe d’étudiants de l’école de théâtre de Lyon (ENSATT) se rend dans la commune de Saint-Vulbas. La particularité de ce village est qu’il se trouve au pied de la centrale nucléaire du Bugey. L’équipe, munie d’un matériel audio et vidéo, passe une journée d’octobre aux alentours de la centrale.  

Lors d’un voyage à Fukushima en 2015, Lisiane avait été confrontée aux conséquences de l'accident nucléaire. Lisiane propose à ses camarades de se joindre au projet ; Léa, une étudiante metteuse en scène, l’assiste de près dans ce projet de théâtre documentaire.  

Centrale nucléaire du Bugey, automne 2017.
Centrale nucléaire du Bugey, automne 2017. Crédits : Léa Carton de Grammont

Pourquoi aller à Saint-Vulbas ? Pour examiner de plus près ces quatre tours que l’on voit depuis la salle de répétition à Lyon, quand le ciel est dégagé. Pour questionner le nucléaire, ici, en France, pays qui dispose du parc nucléaire le plus important au monde en proportion de sa population. 

Début 2018, une ébauche de spectacle nait de cette matière récoltée. Elle est présentée devant quelques étudiants et professeurs. L’aventure s’arrête là ; enfin presque. 

Les comédiens en cours d’improvisation, janvier 2018, ENSATT Lyon.
Les comédiens en cours d’improvisation, janvier 2018, ENSATT Lyon. Crédits : Aurore Galati

Lors de cette expédition d’une journée, le groupe s’est perdu, il s’est éloigné du questionnement artistique pour se rapprocher d’une interrogation plus large, celle de notre responsabilité face aux êtres et à l’environnement.  

Au cours de leur errance à Saint-Vulbas, les participants ont rencontré leurs peurs, leurs angoisses, leur indignation. Tou.te.s ensemble, ils se sont représentés la catastrophe à 30 kilomètres de leur lieu de vie. Ils ont fini par se heurter aux discours hasardeux d’EDF…   

Le groupe a aussi trouvé sur son chemin Corinne et François, deux habitants de Saint-Vulbas, dont le jardin donne sur les quatre tours de la centrale. Corinne et François sont la tante et l’oncle d’Alex, qui participe au projet. Leur témoignage ébranle les certitudes du groupe ; Corinne et François affirment, eux, ne pas voir la centrale. Pour vivre à côté d’une centrale, il faut sûrement enterrer le risque, le ranger dans un tiroir et ne pas souvent l’ouvrir. Et pourtant, le groupe ne peut pas effacer les images de Tchernobyl, de Fukushima, rencontrées dans les lectures, entendues dans les témoignages.

Léa et Lisiane aux abords de la centrale nucléaire du Bugey, printemps 2021.
Léa et Lisiane aux abords de la centrale nucléaire du Bugey, printemps 2021. Crédits : Véronique Lamendour

Trois ans après, Lisiane exhume les documents récoltés au cours de cette expédition. Elle déplie à nouveau le parcours d’une jeune équipe artistique au travail mais aussi de citoyens se questionnant sur un sujet pour lequel ils n’avaient, pour la plupart, jamais pris le temps de s’interroger. Elle propose à Léa de revenir à Saint-Vulbas. Que reste-t-il de cette "rencontre avec le nucléaire" ? Qu’est-ce que cette expérience a modifié dans leur manière d’appréhender ce monde qui cohabite quotidiennement avec l’atome ?  

A Saint-Vulbas, rien n’a vraiment changé, seulement quelques nouveaux aménagements autour de la centrale : un parc de panneaux solaire sur le parking des visiteurs, une piste cyclable goudronnée qui longe les lignes à hautes tensions. La centrale nucléaire et son centre d’information sont fermés au public à cause de l’épidémie de Covid. La centrale nucléaire n’a pas explosé ! Elle est toujours là. La catastrophe redoutée, imaginée, trois ans plus tôt, n’a pas eu lieu. 

Centrale nucléaire du Bugey, printemps 2021.
Centrale nucléaire du Bugey, printemps 2021. Crédits : Véronique Lamendour

Générique

Avec

  • Léa Carton de Grammont 
  • Lisiane Durand 
  • Corinne et François 
  • Michaël Ferrier, professeur de littérature à Tokyo, écrivain  
  • Thierry Ribault, chercheur en sciences sociales au CNRS 

Prise de son : Benjamin Thuau et Julie Garraud

Mixage : Valérie Lavallart  

Réalisation : Véronique Lamendour

Une création sonore de Lisiane Durand

Remerciements

Merci à l’ensemble du groupe d’étudiants de l’ENSATT qui a participé au premier voyage à la centrale nucléaire du Bugey : Louison Alix, Estelle Boul, Théo Cardoso, Léa Carton de Grammont, Alex Constantino, Solange Dinand, Zacharie Feron, Aurore Galati, Rudy Gardet, Colombine Jacquemont, Rémy Salvador, Irène Vignaud et Adrien Zumthor.  

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