LE DIRECT

« Capturer, interroger et poursuivre en justice »

3 min
À retrouver dans l'émission

Bonjour. Quelques idées de lectures sur le net.

Samedi dernier, presque simultanément, des forces militaires américaines sont intervenues en Libye et en Somalie. Ces commandos surentraînés, avaient pour mission de mettre la main sur deux des chefs terroristes les plus recherchés par Washington. Le premier, connu comme Anas-al-Liby , organisateur présumé des attentats contre les ambassades américaines au Kenya et en Tanzanie de 1998, qui avaient fait plus de 200 morts, a été capturé. Le second, surnommé Ikrima , l’un des chefs du groupe al-Shabab, qui a attaqué le Westgate de Nairoby la semaine précédente, a, par contre, échappé aux Forces Spéciales de la Marine américaine.

Ces deux raids marquent, selon les spécialistes, comme Sara Sorcher (National Journal), ou James Kitfield (Defense One), l’amorce d’un tournant dans la lutte anti-terroriste. On savait déjà que le président Obama était méfiant envers les interventions dites de « contre-insurrection globale » : l’échec américain en Irak, comme en Afghanistan, a rendu l’opinion publique américaine hostile aux déploiements massifs de soldats américains sur des théâtres d’opération lointains. Les Etats-Unis n’en ont d’ailleurs plus les moyens. Pour la même raison, ils auraient renoncé à des objectifs aussi ambitieux que la « construction de nation » (nation-building). Pour autant, ils ont montré, en Libye, qu’ils ne dédaignaient pas intervenir pour renverser un régime. C’est un drone américain qui a repéré le convoi de voitures fuyant Syrte, où avait pris place le colonel Kadhafi.

Le Secrétaire d’Etat John Kerry a prévenu : « les terroristes peuvent se sauver, mais ils ne peuvent pas se cacher . » Ces dernières années, les Américains ont privilégié le repérage et l’exécution par drones des personnes qu’ils suspectent de préparer des actions terroristes. Plus de 3 000 combattants auraient ainsi été éliminés, en particulier au Pakistan, en Afghanistan, en Somalie et au Yémen.

L’usage de drones présente l’avantage, sur les bombardements aériens, d’éviter, autant que faire se peut, de faire des victimes collatérales parmi la population civile. Mais il empêche les Américains de s’emparer de responsables qu’ils aimeraient bien interroger sur ce qu’ils savent…

La guerre des drones embarrasse l’ancien juriste Barack Obama, obligé de choisir, sur une liste, de futurs condamnés à mort, selon une procédure assez délicate sur le plan de la légalité… Le président a donc fait rédiger un code de conduite secret qui encadre strictement l’usage de ce type d’arme, d’après ses dires. De même a-t-il demandé au Congrès de restreindre les pouvoirs présidentiels, élargis au profit de George Bush Jr., au lendemain du 11 septembre, par la loi dite d’Autorisation d’user de la force militaire.

Il entend dorénavant « capturer, interroger et poursuivre en justice », les responsables avérés d’actes terroristes. En particulier dans « l’arc d’instabilité » qui, de la Somalie et du Golfe d’Aden jusqu’en Mauritanie, en passant par le Sahel, a vu proliférer les groupes terroristes islamistes. Mais cela pose d’autres problèmes : les Etats-Unis vont donc violer la souveraineté de pays dotés d’Etats faibles , dont ils vont contribuer ainsi à miner l’autorité. Selon Alex Vines, de Chatham House, c’est précisément sur ce terreau que prospèrent les groupes terroristes…

Les liens sont sur le site de la chronique, L’hebdo des idées. Bonne lecture. Bon week-end sur France Culture et au plaisir de vous retrouver lundi aux Matins.

L'équipe
Production

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......