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Controverses autour du DSM-5

3 min
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Bonjour.

« Toutes les sciences avancent, sauf la psychiatrie », déclare dans une interview à la revue Sciences Humaines, l’historien de la folie, Claude Quétel . Au passage, Quétel règle quelques comptes avec l’Histoire de la folie de Michel Foucault, qu’il traite de « doctrinaire » et accuse de « mauvaise foi ». Sciences Humaines propose, en effet, ce mois-ci un dossier assez passionnant sur l’histoire des psychothérapies.

Cela tombe à pic en pleine controverse sur DSM-5. Le DSM-5, c’est la toute nouvelle édition du Manuel de diagnostic des désordres mentaux, présentée, cette semaine, au congrès de l’Association américaine de psychiatrie, à San Fransisco. La dernière version remontait à 1994. Le DSM détermine et énumère les pathologies qui peuvent faire l’objet, aux Etats-Unis, d’un traitement remboursé par les assurances de santé . C’est donc un ouvrage important, une espèce de bible des psychiatres américains qui, à travers eux, s’impose à l’ensemble du monde occidental.

Or, la nouvelle version a été accueillie au lance-flammes. Un article fait le point dans la revue en ligne spécialisée sur les questions de santé, Pacific Standard. On y apprend que le dr. Thomas Insel , directeur de l’Institut national de santé mentale américain a déclaré que son institut n’appuierait plus sa politique de subventions de la recherche en psychiatrie sur le DSM. « Il y a un manque de validité », dit-il. Et de comparer les 297 pathologies recensées par le guide à un manuel de médecine, qui se contenterait de poser des diagnostics sur les douleurs de poitrine et le niveau de température, en ignorant la crise cardiaque et le SIDA…

Pire encore, le principal responsable du précédent DSM, celui de 1994, le dr. Allen Frances, prédit que la version actuelle de l’ouvrage va « étiqueter de façon erronée des gens normaux, provoquer un inflation de diagnostics et encourager l’usage de médicaments inappropriés ». Si on continue ainsi, poursuit-il, nous aurons une pilule psychoactive pour chaque occasion de la vie. En France aussi, le DSM-5 a été très mal accueilli, en particulier du côté de la psychiatrie d’obédience psychanalytique, qui est en voie d’extinction aux Etats-Unis.

Un long portrait-interview de notre BHL national est paru, cette semaine dans le Financial Times, qui est en ligne sur le site du vénérable quotidien du tout-business. L’occasion de faire le tour des pro et des anti-BHL dans le monde intellectuel anglo-saxon où, comme en France, il apparaît décidément clivant. Si le critique Garrison Keillor a écrit dans la New York Review of Books que notre nouveau philosophe national était « pauvre en faits, mais long en conclusions ", le regretté Christopher Hitchens a défendu BHL, accusant ses détracteurs de « pompe nativiste ».

L’auteur de l’article ironise sur le style vestimentaire de BHL, son obsession de l’effet qu’il produit, mais lui reconnaît du courage et de la suite dans les idées . « Il s’est montré un supporter implacable de l’action militaire contre les régimes totalitaires, que ce soit en Bosnie, au Darfour, en Libye et, plus récemment, en Syrie. » On apprend que l’exception culturelle ne trouve pas grâce aux yeux de BHL : « la culture française est mieux protégée par l’énergie et l’audace de ses écrivains et cinéastes que par des lois et de protections formelles. » Il dit aussi avoir voté pour François Hollande, parce qu’il reste de gauche mais il trouve que le président « manque de quelque chose ». BHL, lui, ne manque de rien.

Toutes les références sur le site de L’Hebdo des Idées. Bonne fin de semaine sur France Culture et au plaisir de vous retrouver lundi aux Matins…

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