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De la falaise fiscale aux remèdes alternatifs

3 min
À retrouver dans l'émission

Le monde respire et surtout les Bourses – qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez : démocrates et républicains sont parvenus à éviter, aux Etats-Unis, de dégringoler de la falaise fiscale , ce qui aurait précipité le monde entier dans la récession.

Sur Slate, Mathew Yglesias explique qui sont les vrais vainqueurs de l’accord : d’abord, les riches : seuls, les ménages empochant plus de 450 000 dollars par an seront atteints par la nouvelle tranche maximale ensuite, les chômeurs qui bénéficieront d’une année supplémentaire d’assurance complémentaire enfin, les retraités et personnes âgées, qui redoutaient de faire les frais d’un « grand accord ». Un tel « grand accord » aurait vu Démocrates et Républicains accepter, les premiers, une baisse drastique des dépenses, et les seconds, le rabotage des niches fiscales et un authentique alourdissement des impôts sur les riches.

Il n’a pas eu lieu, aussi, la dette publique américaine, déjà astronomique , va, une nouvelle fois, percer le plafond légal, fixé par le Congrès à 16 394 milliards de dollars. Il faut se souvenir qu’à la veille de la crise des subprimes, la dette publique américaine, jugée alors très exagérée était deux fois moindre, et qu’en 2000, elle était inférieure à 6 000 milliards…

Mais la différence entre les Etats-Unis et l’Europe est que, chez eux, le secteur privé ayant été purgé de ses dettes, le crédit aux entreprises et aux particuliers coule à flots.

C’est pourquoi les Américains sont moins préoccupés que nous par leur déficit budgétaire. Nous nous sommes engagés, sur la base du traité sur la stabilité, à revenir à un déficit maximum de 3% de PIB, cette année l’objectif des Etats-Unis est de 6,5 %.

A ce propos, on lira un article important de Jean Pisani-Ferry sur le site Project Syndicate. Il comporte manifestement un avertissement au gouvernement de Jean-Marc Ayrault et plus généralement, aux responsables politiques européens. Oui, le niveau d’endettement des pays développés a atteint un seuil insupportable, écrit-il mais les plans d’ajustement budgétaires et de retour programmé à l’équilibre sont-ils socialement supportables ? S’ils opèrent des coupes trop brutales dans les dépenses publiques , ils risquent de nuire à la qualité des infrastructures, à la qualité de l’éducation et au niveau de formation de la main d’œuvre. S’ils privilégient – comme en France – de piéger l’épargne des particuliers par un fort alourdissement des prélèvements, ils provoqueront la fuite des investisseurs – et donc la hausse du chômage.

Plutôt que de s’entêter dans la poursuite d’un idéal inatteignable, les pays où l’Etat et le secteur public sont également endettés devraient plutôt chercher des solutions du côté des « remèdes alternatifs ».

Quels sont-ils, ces remèdes alternatifs ? L’inflation, les restructurations de la dette, la baisse du taux de change. Bien sûr, aucun de ces remèdes n’est sans effets secondaires. L’inflation affecte les salariés, dont le pouvoir d’achat baisse, et plus encore les épargnants, qui voient fondre leurs économies. Elle provoque la méfiance des marchés, qui, échaudés, augmentent leurs exigences en termes de taux d’intérêt. La restructuration , euphémisme pour banueroute partielle, elle, aura un effet encore plus désastreux sur les prêteurs. Elle déstabilisera les banques, dont les comptes sont truffés de Bons du Trésor ce qui mènera à une raréfaction du crédit et donc à un choc pour l’économie. Mais quand – je cite Pisani-Ferry – « le fardeau des turpitudes passées est trop lourd, il peut n’y avoir d’autres moyens de protéger les générations à venir » que de pratiquer « l’euthanasie du rentier » préconisée par Keynes. Plutôt que de poursuivre un objectif de réduction des déficits, qui se révèlera inatteignable, mieux vaudrait étudier les « remèdes alternatifs ». Qui nous dit qu’ils ne sont pas d’ores et déjà à l’étude à Bercy ?

Toutes les références sur le site de l’émission. Bonne fin de semaine sur France Culture et au plaisir de vous retrouver lundi matin.

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