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E-book : c'est pas gagné.

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Quelques conseils de lecture sur le Net, pour votre frileux week-end.

Si l’on en croit Nicholas Carr, l’auteur à succès du livre The Shallows. What the Internet is doing to our brains (Internet rend-il bête ?), le livre-papier n’est peut-être pas condamné, contrairement à ce qu’on pensait encore l’année dernière. Certes, explique-t-il dans une tribune au Wall Street Journal, reprise sur de nombreux sites, il est tentant de raisonner par analogie avec ce qui s’est passé dans le secteur de la musique et de la photographie, et de pronostiquer la migration progressive de l’édition vers le livre numérique. Mais voilà que les éditeurs américains constatent, avec surprise, une baisse sensible de la progression – qui n’est donc pas inexorable – de la vente des livres en fichiers numériques. Comment l’expliquer ?

Pour Nicholas Carr, ce phénomène est lié à la montée des tablettes tactiles : au contraire des liseuses, elles sont destinées à des activités ludiques, comme les jeux-vidéos, beaucoup plus qu’à la lecture. En outre, il constate que la mode du e-book s’est faite essentiellement au détriment des romans à couverture souple , vendus dans les supermarchés et les boutiques d’aéroport. Vite lus, vite oubliés, ils ont fait le succès de thrillers et de romans sentimentaux ou érotiques, dont la lecture se révèle moins compromettante. Le phénomène « Fifty Shades of Grey », (Cinquante nuances de Grey) s’explique largement par la possibilité offerte par la tablette de le lire en toute discrétion, dans les transports en commun.

Les deux formats, numérique et papier, sont donc destinés à coexister. Il est prématuré d’enterre Gutenberg. Nicholas Carr a donné une interview à la Revue des Deux Mondes sur les effets d’internet sur notre perception, qui paraît ce mois-ci.

Pourquoi les Etats-Unis ne sont-ils pas parvenus à imposer aux banques américaines une stricte séparation entre activités de dépôt et d’investissement ? Pourquoi la loi Dodd-Frank de 2010 s’avère-t-elle bien moins ambitieuse que la loi Glass-Steagal l de 1933 ?

Dans un article en ligne sur le site Project Syndicate, le meilleur du débat sur les questions économiques, Barry Eichengreen tente d’apporter une réponse. Professeur à Berkeley et ancien du FMI, Eichengreen balaie toutes les objections habituellement entendues. Ainsi, celui selon lequel le lobby des banquiers serait plus puissant aujourd’hui qu’il ne l’était dans les années 30. La différence entre la Grande Dépression et la crise d’aujourd’hui, c’est qu’à l’époque, c’étaient les banques elles-mêmes qui étaient désireuses de se débarrasser de leurs filiales, ruinées par la spéculation.

Mais surtout : cette fois-ci, les dirigeants politiques et ceux des Banques Centrales ont su éviter le pire aux économies des pays développés. L’ironie de l’histoire, c’est que cette espèce de réussite freine des réformes radicales , dont la nécessité n’est pourtant guère contestée…

Un Rapport de la Brookings Institution intitulé « Foresight Africa », énonçant les Priorités pour l’Afrique en 2013, vient d’être mis en ligne. Il est optimiste sur le développement du continent, dont la croissance globale progresse au rythme enviable de 5 % l’an. Il y a désormais une « Afrique émergente ». Des pays comme l’Ethiopie, le Ghana, le Mozambique et la Tanzanie semblent très bien partis. S’y constitue une classe moyenne, dont la consommation tire l’économie. Mais la Brookings pointe deux faiblesses structurelles auxquelles le continent dans son ensemble va devoir remédier rapidement : un défaut criant des politiques de l’emploi qui, dans le continent le plus jeune du monde, pénalise les moins de 25 ans la faiblesse générale des infrastructures.

La référence du rapport « Forsight Africa », comme tous les articles cités dans cette rubrique, est en lien sur le site de l’émission L’Hebdo des Idées.

Bonne fin de semaine sur FC et au plaisir de vous retrouver lundi matin.

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