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Il y a 25 ans, la fatwa contre Salman Rushdie

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Bonjour. Des idées de lectures sur le net et hors Hexagone…

Le romancier Ian McEwan se souvient de ce matin, où Salman Rushdie et lui beurraient leurs tartines dans la cuisine de son cottage du Gloucestershire, quand ils ont entendu, sur la BBC, qu’un autre chef religieux du Moyen Orient avaient prononcé une nouvelle condamnation à mort contre l’auteur des Versets sataniques . « Les agents de sécurité avaient ratissé toute la maison, et voilà que Salman arrivait en trombe, dans un mélange étonnant de haute énergie, de folie et de soulagement que tout soit OK », témoigne McEwan dans le Vanity Fair américain de mai.

L’auteur de l’article, Paul Elie, revient sur la fatwa lancée, par l’ayatollah Khomeiny il y a 25 ans, contre Salman Rushdie. Tandis que le proscrit – sur la tête duquel la plus haute autorité religieuse d’Iran avait lancé un contrat à un million cinq cent mille dollars vivait sans domicile fixe, dans des cachettes changeantes, l’intelligentsia anglo-saxonne se divisait selon des clivages révélateurs.

Autour de l’écrivain en cavale, sa garde rapprochée d’écrivains amis : Ian McEwan, Martin Amis, Christopher Hitchens, Siri Hustvedt. La condamnation à mort d’un écrivain pour « blasphème », lancée depuis un pays étranger, devait avoir de profondes répercussions sur leurs œuvres. McEwan , avec son roman Samedi. Martin Amis méditera sur le terrorisme islamiste dans Le deuxième avion. Amis écrit, par exemple : « Nous respectons l’islam, qui a donné à l’humanité des avantages innombrables et qui possède une histoire passionnante. Mais l’islamisme ? Non, on peut difficilement nous demander de respecter une croyance qui appelle à notre propre élimination. Quant à Christopher Hitchens , il allait devenir le Voltaire de l’époque, dénonçant comme dangereuse toute croyance religieuse, avec son essai Dieu n'est pas grand.

Mais combien d’autres bons esprits émirent l’opinion que Salman Rushdie l’avait bien cherché ! Ainsi l’historien conservateur Hugh Trevor Roper : « je ne verserais pas une larme si quelques musulmans britanniques, déplorant ses mauvaises manières, l’attaquaient dans une rue sombre ». Le romancier John Le Carré , dans les colonnes du Guardian : « Personne n’a le droit divin d’insulter une grande religion. » La féministe Germaine Greer : « Rushdie est une mégalomane, un Anglais pur sucre, mais avec la peau foncée ». Et Roald Dahl , l’auteur de Charlie et la chocolaterie : « Il savait exactement ce qu’il faisait. Il semble être considéré comme un héros. A mon avis, c’est un dangereux opportuniste. »

L’auteur raconte comment certaines chaînes de librairie tentèrent de supprimer le livre incendiaire de leurs rayons – plusieurs avaient été attaquées, des bombes avaient explosé. Stephen King joua alors un rôle essentiel , interdisant aux libraires qui refusaient d’exposer Les versets sataniques le droit de vendre ses propres best-sellers. Plusieurs traducteurs du livre ont été poignardés, l’un d’entre eux en est mort. Aujourd’hui, le livre est disponible en collection de poche. Mais le

Faut-il continuer à apprendre le français ? Tel est le thème du débat, organisé dans le numéro de mai du magazine britannique Prospect. Oui, répond franchement, l’ancien ministre travailliste des Affaires européennes, Chris Bryant. Tant de mots anglais viennent du français, y compris ce fameux Parlement , dont les Anglais se croient les inventeurs. Il raconte aussi avoir pu nouer un contact direct très utile avec le ministre laotien des affaires étrangères : en français, la seule langue qu’ils avaient en commun. Non, c’est une langue archaïque et de moins en moins utilisée dans le monde, répond le linguiste américain John McWhorter qui compare notre langue à un disque vinyl… A ses yeux d’Américain, la langue européenne la plus utile aujourd’hui, c’est l’espagnol. Mais il est vrai qu’aux Etats-Unis, connaître le français vous classe parmi l’élite. Ce qui n’est pas exactement le cas de l’espagnol.

Bon week-end sur France Culture et au plaisir de vous retrouver lundi aux Matins.

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