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La VOD, nouveau cheval de Troie

3 min
À retrouver dans l'émission

Bonjour. Quelques lectures en ligne pour agrémenter votre week-end.

Ca y est : le Parlement européen a autorisé la Commission à ouvrir les négociations avec les Etats-Unis pour la création entre l’Union européenne et les Etats-Unis d’une zone de libre-échange. Un certain nombre de secteurs où nous sommes compétitifs, comme le luxe, l’agro-alimentaire, l’aéronautique, le traitement et la distribution de l’eau, la pharmacie, le bâtiment-travaux publics, peuvent en attendre un regain de croissance. Tout est négociable, y compris l’agriculture et les produits contenant des OGM, mais il y a un domaine qui est exclu d’emblée, et c’est notre fameuse exception culturelle. Le premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a exclu toute négociation portant sur les industries de l’image , cinéma et télévision.

Monique Dagnaud analyse les causes et la portée de ce véto dans un article mis en ligne sur telos. Pour cette sociologue, spécialiste de politique culturelle, c’est une manière de « déterrer la hache de guerre » dans un contexte pourtant relativement pacifié entre les deux blocs. En gros, le cinéma américain représente 63 % du marché européen du cinéma en salle et c’est une situation dont se satisfait Hollywood. Les pays européens subventionnent d’une manière ou d’une autre leur production, aussi le nombre de films de fiction produits en Europe progresse-t-il de manière satisfaisante : 900, l’an dernier . Mais la France redoute un nouveau cheval de Troie américain : les opérateurs de vidéo à la demande. Le site n° 1 de la vidéo en ligne,Netflix , 36 millions d’abonnés, a déjà débarqué en Europe. Pour 8 euros mensuels, il met en ligne un énorme catalogue de séries et de films (américains) en illimité. Déjà présent en Grande Bretagne, en Irlande, en Suède, Norvège et Finlande, il sera accessible d’ici la fin de l’année en Hollande. Combien de temps nos lignes Maginot tiendront-elles face à cette invasion numérique ?

Notre exceptionnalité trouve des défenseurs dans les pays anglo-saxons et jusque dans les colonnes du Financial Times. Simon Kuper, qui couvre généralement les évènements sportifs pour le « FT », y justifie nos taxes et subventions : il ne s’agit en aucun cas de bloquer la diffusion de la culture américaine , contrairement à la critique caricaturale qui est souvent faite, écrit-il. La France n’est nullement fermée à la culture américaine : non seulement ce sont des films américains sont en tête du box-office, comme partout en Europe, mais le succès incroyable de l’exposition Edward Hopper témoigne de l’ouverture d’esprit du public français.

Le Spiegel allemand est nettement plus critique. Il révèle l’irritation du gouvernement allemand devant une position de blocage qui pourrait faire capoter les négociations – car la partie américaine menace les Européens de mesures de rétorsion. La stratégie commerciale des Allemands, résumée par le ministre de l’Economie, Philipp Rösler est claire : la montée en puissance des émergents, en particulier asiatiques, ne laisse pas d’autre choix aux vieilles puissances commerciales, Europe et Etats-Unis, que de s’entendre sur une stratégie commune. Mais le Spiegel comprend que la France s’inquiète de voir les géants du Net, comme Google et YouTube, mettre à disposition du public français des productions qu’ils ne financent pas, contrairement à sa politique culturelle, qui consiste à mettre à contribution les diffuseurs pour maintenir la création.

Toutes les références sur le site de L’Hebdo des Idées. Bonne fin de semaine sur France Culture et au plaisir de vous retrouver lundi aux Matins…

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