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Le futur Etat kurde

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Bonjour. Quelques idées de lecture sur le net hors Hexagone.
« La guerre s’avère souvent la sage-femme des Etats-nations. » Celles qui déchirent aujourd’hui la Syrie et l’Irak annonce probablement la création de nouvelles entités nationales. C’est ce qu’écrit un important diplomate britannique, Lord Michael Williams Baglan, en conclusion d’un article mis en ligne par le think tank Chatham House. Lord Michael Williams rappelle que ces deux Etats sont des créations, fort artificielles, des accords franco-britanniques intervenus à la suite de la Première guerre mondiale et de l’effondrement de l’empire ottoman. Des populations et des ethnies fort diverses ont été maintenues ensemble sous la main de fer de régimes autoritaires et fortement centralisés. Aucune force ne pouvant espérer la victoire, il y a fort à parier que l’évolution suivra un scénario à la yougoslave – ce pays était, lui aussi, une création des accords entre alliés, à la suite de la victoire de 1918.

L’ancien ministre des Affaires étrangères allemand Joschka Fischer va dans le même sens. Pour lui, ces guerres sont en train de remodeler tout le Moyen Orient. Seuls, les Kurdes, pense-t-il, ont les moyens d’empêcher l’Etat islamique de réaliser son objectif d’un califat allant du Golfe persique à la Méditerranée. Ils ont déjà acquis une telle légitimité, en tant que partenaires de confiance de l’Occident, qu’il faudra bien récompenser leur courage en appuyant leur revendication à la création d’un Etat-nation bien à eux. Ce qui créera de nouvelles frictions avec l’allié turc… Mais pour parvenir à une stabilisation de la région, l’Iran est devenu incontournable. Les Américains devront parvenir à un accord sur le nucléaire, dont on sait déjà qu’il sera jugé menaçant par Israël. Car le Hezbollah, allié numéro un de l’Iran, n’a nullement renoncé à l’objectif de détruire l’Etat d’Israël.

Les démocrates n’ont pas seulement perdu la majorité au Sénat et aggravé leur cas à la Chambre des représentants ils ont aussi perdu nombre de sièges de gouverneurs qu’on croyait impossibles à perdre. Dans The American Prospect, revue de centre gauche, plusieurs analystes tentent de comprendre ce phénomène qui, selon Harold Meyerson, rapproche les démocrates américains des partis de centre-gauche européens, également en panne d’idées.

Mais on retiendra surtout l’article de Paul Starr, professeur à Princeton et Prix Pulitzer sur la polarisation idéologique qui affecte, de plus en plus, la société américaine. A partir de la Deuxième guerre mondiale, les Etats-Unis avaient connu un phénomène d’unification politique et culturelle qui a culminé dans les années 60. Les Américains partageaient les mêmes valeurs. Mais depuis les années 80, cette tendance s’est inversée. La classe ouvrière blanche a abandonné les démocrates, devenus le parti des minorités ethniques, des combats féministe, homosexuel et environnementaliste. Chacun des deux partis s’est identifié à une ligne précise et on ne rencontre plus ces démocrates conservateurs et autres républicains libéraux, qui atténuaient la violence des conflits. De nombreux Etats, conquis par les Républicains, ont profité de la politique décentralisatrice de la Cour Suprême pour mettre en œuvre des politiques sociales destinées à écarter les minorités de la vie politique. Les Américains sont de plus en plus divisés, d’où un fort risque de blocage institutionnel .

Bonnes lectures et au plaisir de vous retrouver dès demain aux Matins.

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