LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

Leçons des élections européennes (suite)

3 min
À retrouver dans l'émission

Bonjour. Des idées de lectures sur le net.

Cela fera deux semaines dimanche que les résultats des élections au Parlement européen sont connus et les penseurs autorisés ont eu le temps d’en tirer les premiers enseignements. Ils font aussi quelques recommandations aux prochains dirigeants des institutions communautaires. Rien que sur le site Project Syndicate, vous trouverez une douzaine de contributions, presque toutes d’un grand intérêt.

D’abord les résultats. Pour Daniel Gros, directeur du Center for European Policy Studies, parler d’une victoire des partis eurosceptiques à l’échelle de l’Europe est injuste. Toutes tendances confondues, ces partis populistes n’obtiennent qu’un cinquième des suffrages exprimés . Certes, la confiance de l’opinion envers le Parlement européen est en chute : 40 % seulement mais les Européens font encore moins confiance en leurs parlements nationaux (25 %). Daniel Gros fait remarquer que le vote protestataire est surtout élevé dans les pays qui ont été incapables de mettre en œuvre des réformes, comme la Grèce, alors qu’il est nettement plus faible dans les pays qui, comme l’Espagne, le Portugal et surtout l’Italie, mènent ces fameuses réformes de structure. En réalité, là où les électeurs ont voté massivement pour les populistes, comme en France et en Grande Bretagne, ils ont surtout exprimé leur insatisfaction envers les dirigeants de leur propre pays , bien davantage qu’envers l’Europe.

Même idée chez l’essayiste Néerlandais Ian Buruma qui estime qu’il existe « une vague de ressentiment à l’encontre d’élites libérales ou de gauche, accusées d’être à la source de problèmes anxiogènes, comme l’immigration, les pressions sur les économies, l’extrémisme et l’eurocratie ».

L’ancien premier ministre britannique Tony Blair estime que l’euro, né d’une « grande ambition », a été plombé, dès le début, par un défaut de conception. Il estime que, confrontés à la crise de 2008, les dirigeants de facto de l’Eurozone ont réagi en exerçant un contrôle accru sur les Etats membres, notamment dans le domaine budgétaire, ce qui était souhaitable pour le maintien de la monnaie commune. Mais cela a provoqué des frustrations dans les opinions publiques. Pourtant, si l’Europe veut compter dans le monde du XXI° siècle, malgré son rapide déclin démographique, elle n’a d’autre choix que de rester groupée . C’est un avertissement lancé à la frange eurosceptique de l’électorat britannique, qui pourrait bien opter pour l’aventure en solitaire, lors du référendum promis par l’actuel premier ministre, David Cameron, après les élections générales de 2015. Blair estime urgente une politique commune de l’énergie, qui permette de réduire notre dépendance envers les pays exportateurs.

Ana Palacio, l’ancienne ministre des Affaires étrangères espagnole, contraste les résultats des élections présidentielles en Ukraine et celles qui se sont tenues au même moment en Union européenne. D’un côté, les électeurs ukrainiens ont fait preuve de sagesse, en choisissant un modéré et un politicien expérimenté, capable de calmer le jeu avec Moscou. Ils ont accordé moins de 2 % aux formations d’extrême droite , désamorçant ainsi la propagande de Moscou, selon laquelle ce sont les « fascistes » qui dominent à Kiev. De l’autre, chez les électeurs de l’UE, des résultats électoraux qui traduisent une montée des frustrations avec, dans plusieurs pays, dont la France, un vote massif en faveur des partis populistes anti-européens. Les peuples, dit-elle, éprouvent le sentiment que les bénéfices qu’ils tirent de l’UE sont inférieurs aux contraintes qu’elle leur impose – et elle pointe, en particulier, les questions de l’immigration et de l’austérité. Il faut faire comprendre que l’intégration n’est pas un processus irréversible et que les acquis sont fragiles, conclut-elle.

Bon week-end sur France Culture et au plaisir de vous retrouver lundi aux Matins.

L'équipe
Production
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......